Aller au contenu principal

Interview Flashscore. Robin van Persie : "La vie ne se résume pas aux beaux moments"

Robin van Persie en avril dernier.
Robin van Persie en avril dernier.STEFAN KOOPS / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP

L’ancien attaquant d’Arsenal et de Manchester United revient sur son évolution, de joueur à entraîneur, son rapport à la beauté, les blessures et sa nouvelle passion pour le vélo et la mobilité durable.

Robin van Persie n’a jamais été du genre à faire du bruit en dehors des terrains.

Tout le talent qu’il avait à offrir, il l’a montré sur le terrain. Aux Pays-Bas, avec Feyenoord et la sélection néerlandaise, puis en Angleterre, avec Arsenal et Manchester United. Une carrière riche en trophées et distinctions individuelles, parmi les meilleurs attaquants de sa génération.

Après avoir raccroché les crampons, Robin s’essaie désormais au métier d’entraîneur. Il observe le jeu sous un autre angle et découvre une nouvelle facette du football.

Nous l’avons rencontré en marge de Sea Otter Europe, le festival international du vélo organisé à Gérone, où il participait en tant qu’ambassadeur mondial de la marque ENGWE.

À quelques kilomètres du Camp Nou, théâtre de l’un des moments les plus controversés de sa carrière : son expulsion contre Barcelone en Ligue des champions, après avoir poursuivi une attaque malgré le coup de sifflet de l’arbitre : "C’était incroyable. Il y avait 100 000 personnes et je n’ai vraiment pas entendu le coup de sifflet de l’arbitre".

Nous avons eu une conversation détendue avec lui sur le football, sa carrière, les leçons qu’il en a tirées, ainsi que sa passion pour le vélo et un mode de vie actif.

Quels styles de football vous fascinent aujourd’hui ?

Je suis fasciné par des approches très différentes. En tant que joueur, j’avais une vision davantage liée à certains principes, tandis que mon expérience sur le banc m’a appris à regarder le jeu avec davantage de recul. Aujourd’hui, je peux apprécier aussi bien une équipe qui sait frapper rapidement en contre qu’une équipe capable de dominer un match grâce à la possession et à la construction du jeu.

Flashscore s’est entretenu avec Van Persie en Espagne.
Flashscore s’est entretenu avec Van Persie en Espagne.Flashscore

Vous avez un jour déclaré : "Le football peut être un art". Quels ont été les plus beaux buts de votre carrière, ceux que vous considérez réellement comme des œuvres d’art ?

Évidemment, le but contre l’Espagne, de la tête. En club, je pense aux reprises de volée contre Charlton, avec Arsenal, et contre Aston Villa, avec Manchester United. Mais pour moi, ce ne sont pas forcément ces moments qui comptent le plus. Ce sont plutôt tous les instants qui les précèdent, car tout le monde voit ce qui se passe sur le terrain. La plupart des gens ne voient que les beaux moments. Mais ce qui compte davantage à mes yeux, c’est le travail, les efforts, ce que vous faites quand personne ne vous regarde. Pour moi, c’est plus important qu’un but en particulier.

En parlant des moments que les gens ne voient pas : comment avez-vous géré les blessures ?

La vie ne se résume pas aux beaux moments. Il faut beaucoup souffrir pour les atteindre, et c’est quelque chose que j’apprécie énormément. Les moments difficiles laissent une trace et vous mettent inévitablement à l’épreuve. Pour traverser certaines périodes, il faut de la force, de la patience et surtout la capacité à rebondir sans abandonner. Je considère ces moments comme très importants, plus importants que les trophées que j’ai remportés, tout comme le souvenir des personnes qui étaient à mes côtés. J’apprécie vraiment cela, car il est facile d’avoir du monde autour de soi quand on est au sommet de son art et que tout va bien. Tout le monde est plus ou moins heureux pour vous. Mais qui est là quand vous traversez une période difficile ? Qui reste alors loyal ?

Quel adversaire admiriez-vous et respectiez-vous particulièrement ?

Les adversaires les plus difficiles étaient John Terry, Thiago Silva, Rio Ferdinand et Nemanja Vidic.

Et de quel joueur avez-vous le plus appris ?

En réalité, j’ai appris de toute l’équipe d’Arsenal lorsque je suis arrivé à Londres. De toute l’équipe, en fait. J’étais jeune ; ils étaient plus âgés et meilleurs. C’était donc un très bon endroit pour moi.

Votre arrivée en Premier League ressemblait donc un peu à l’entrée à l’université.

Quand je suis arrivé à Arsenal, je pensais être le meilleur joueur de mon pays. En réalité, je n’étais qu’un jeune joueur talentueux qui avait encore tout à prouver.

Et vous l’avez prouvé…

Au fil des années, j’ai appris à comprendre quelle était ma place dans le football. Pendant mon passage en Angleterre, j’ai réalisé : 'Attendez, il y a des joueurs bien meilleurs.' J’ai donc dû rester ouvert, apprendre, garder la tête baissée et rester humble.

Une leçon qui vous a progressivement conduit à remporter le titre de meilleur joueur de l’année en 2012.

C’était un grand honneur, mais je dois admettre que je n’aime pas particulièrement les trophées individuels, car ils ne reposent pas sur des faits. Ce sont des opinions, celles des autres ; elles dépendent de ce que les gens apprécient. S’ils vous envient pour une raison ou une autre, ils ne voteront pas pour vous. Il existe donc beaucoup de raisons différentes pour lesquelles on peut le remporter ou non.

Comment atteindre son plein potentiel ?

Tout commence par la discipline quotidienne, l’état d’esprit et la volonté de continuer à progresser. Pour atteindre un objectif, il faut être prêt à tout donner, étape après étape. Pour rester longtemps au sommet, il faut accepter l’ennui, les sacrifices, la régularité et très peu de distractions.

Le football semble se jouer à une vitesse incroyable aujourd’hui.

Par rapport à il y a quelques années, le football semble avoir changé de visage. Auparavant, la qualité technique et la capacité à lire le jeu avaient davantage de poids. Aujourd’hui, l’aspect physique et la vitesse jouent un rôle de plus en plus important. C’est une évolution qui reflète aussi, d’une certaine manière, la société dans laquelle nous vivons : nous avons de moins en moins de temps pour nous arrêter et tout semble devoir aller plus vite.

Que reste-t-il alors du bon vieux football ?

En ce qui me concerne, les aspects footballistiques doivent toujours rester les plus importants. Si vous partez une seconde plus tôt et arrivez à temps, que vous avez déjà vu où se trouvent les adversaires et vos coéquipiers, puis que vous délivrez la passe parfaite, même sans avoir sprinté, vous avez quand même eu un impact et fait la différence.

Van Persie sur le bord du terrain avec Feyenoord
Van Persie sur le bord du terrain avec FeyenoordSTEFAN KOOPS / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP

Pour un Néerlandais, le passage du football au vélo était presque naturel. Vous êtes devenu ambassadeur mondial d’ENGWE : qu’est-ce qui vous a convaincu de rejoindre ce projet, qui promeut un mode de vie actif et durable ?

Quand on accepte un partenariat, on s’intéresse toujours à la qualité de la marque, à ce qu’elle représente, à ses valeurs et à ce que l’on représente soi-même. Je suis Néerlandais, donc nous avons grandi avec le vélo. C’est la première chose que l’on reçoit à deux, trois ou quatre ans : un vélo. Et cette habitude ne m’a jamais vraiment quitté. Je me rendais à l’école à vélo, et je l’utilisais pour aller partout. C’est ce que je recherche dans chaque partenariat : partageons-nous les mêmes valeurs ? Est-ce synonyme de qualité ? Est-ce fiable ? Est-ce esthétique, ce qui est également important, et sportif ?

Quelle importance le concept de durabilité a-t-il pour vous ?

C’est vraiment important. Nous le devons à la planète. Je vois aussi cela comme un plus pour la qualité de vie. En plus de vous maintenir en forme, un vélo électrique vous donne la possibilité d’améliorer votre qualité de vie avec les personnes que vous aimez. Vous pouvez faire des trajets plus longs que ceux que vous effectueriez normalement avec un vélo classique.

Suivez-vous le cyclisme et les performances de Pogacar et compagnie ?

Oui. C’est un sport très exigeant, qui demande beaucoup sur les plans physique et mental pour performer au plus haut niveau. C’est exactement ce qui me lie à ENGWE : la volonté de viser le sommet et de devenir la meilleure version de nous-mêmes.

Choisissez Flashscore sur GoogleRetrouvez nos articles plus souvent
AjouterAjouter sur Google