En ne terminant qu’à la 3e place de la Première Ligue à l’issue de la saison régulière et en échouant à remporter les playoffs, le Paris Saint-Germain sait donc depuis fin mai qu’il devra passer par des barrages pour espérer se qualifier en phase de ligue de la Ligue des champions. Il ne restait qu’à connaître l’adversaire et à ce petit jeu-là… le PSG a plutôt perdu. Le tirage au sort leur attribue l’Eintracht Francfort, 3e de Bundesliga la saison passée.
Un remake de la finale de Ligue des champions de la saison 2014-15, où Francfort s’était imposé 2-1 à Berlin. Et si aujourd’hui l’Eintracht de l’époque, qui a remporté quatre Ligue des champions entre le début des années 2000 et cette dernière, n’a rien à voir avec l’équipe reconstruite pierre par pierre par Katharina Kiel tout récemment, celle du PSG en face ressemble à une team all-star qui n’est plus du tout le projet parisien en cette année 2026.
Pire encore, le PSG actuel ne rêve plus de finale européenne mais bien… d’une qualification pour la phase de ligue. "Il faut que cette saison on fasse mieux que la saison dernière et pour moi faire mieux c'est notamment en Ligue des champions", sommait Paulo Cesar ce mardi en veille de match. Et le club parisien peut difficilement faire pire : lors de l’exercice précédent, le PSG avait terminé avant-dernier de la phase de ligue (17 sur 18) avec seulement deux petits points pris en 6 rencontres. La saison d’avant, en 2024-25, les Parisiennes avaient pris la porte dès les barrages face à la Juventus.
Un mercato trop tranquille
Avec une équipe sur le papier meilleure que celle qui se présentera à Francfort pour ce barrage aller mercredi. Si l’Eintracht a remplacé presque poste pour poste chaque taulière qui a pris la direction de la ligue anglaise, le PSG a lui perdu sa gardienne titulaire Mary Earps, sans qu’elle ne soit remplacée, et a connu un mercato estival agité… dans le sens des départs, Romee Leuchter et Sakina Karchaoui étant annoncées partantes.
Si les deux joueuses seront bien présentes en Allemagne pour défendre les couleurs rouge et bleu, elles seront à la tête d’un groupe encore plus jeune, porté en pré-saison par la jeune Alyssa Charlier, 15 ans et buteuse lors du match nul 1-1 à Brighton puis lors de la défaite 3-1 face à l’Union Berlin. Côté arrivée, seule Naomi Feller, internationale française qui évoluait au Real Madrid, s’est jointe à un groupe désespérément réduit, ce qui a le don d’agacer les supporters sur les réseaux sociaux.
Car si Cesar ne veut pas penser "aux répercussions négatives" qu’une éventuelle élimination en barrages de Ligue des champions aurait, la dynamique est assez favorable… à l’Eintracht Francfort, qui n’a pas perdu un seul match depuis la reprise, avec deux victoires en premiers tours de qualification à la C1 face à Omonia (8-0), puis face à l’historique Malmö (2-0), avant un succès 2-1 en amical face à… l’OL Lyonnes. Les coéquipières de Laura Freigang ont continué sur leur lancée samedi en gagnant 2-0 face à Cologne en Bundesliga.
Une jeunesse sur laquelle reposent tous les espoirs
Un point positif tout de même : en cas d’échec, le PSG ne sera pas éliminé de toute compétition européenne puisqu’il sera reversé dans la toute nouvelle Europa Cup, équivalent de la C3 masculine créé la saison passée. Une compétition où Francfort a d’ailleurs brillé en 2025-26, se hissant jusqu’en demi-finale avant de tomber face à Häcken, futures vainqueures du tournoi. Mais un tournoi qui n'est pas diffusé en France et surtout très peu rémunérateur, un gros inconvénient dans un football féminin français en manque de moyens.
Mais si Francfort rêve d’atteindre la phase de ligue, que le club allemand n’a atteint qu’à une seule reprise sur les dix dernières années, le PSG veut croire en ses armes. "C’est une échéance très importante, un match qui va être difficile, contre une bonne équipe, mais nous sommes armées et prêtes au combat. Retrouver la Ligue des Champions est un réel objectif, il faut que l’on montre notre meilleur visage, que nous pouvons rivaliser avec les meilleures équipes européennes", rappelait la capitaine Sakina Karchaoui en conférence de presse ce mardi.
Ce barrage européen ressemble beaucoup à un match test pour la politique sportive du PSG, qui ciblait notamment Salma Paralluelo pour se renforcer cet été avant d’être doublé par son rival local, l’OL Lyonnes. En misant essentiellement sur sa jeunesse et son centre de formation performant, le club parisien espère pouvoir faire vaciller un mastodonte historique du football féminin européen. Cette même jeunesse qui avait arraché un point face au Benfica lors de la dernière journée de Ligue des champions la saison passée, alors que le club parisien était déjà éliminé.
D'autant que le PSG devra faire sans Griedge Mbock, Olga Carmona et Rasheedat Ajibade, toutes les trois absentes du groupe parisien et remplacées par les jeunes Noémie Fatier, Tante Diakité, Gabrielle Le Roux et Léa Morissaint. La seule victoire du PSG en pré-saison, le club la doit à Leuchter, Kanjinga, Isabela et Yaya, face à Valence, tout juste de retour en Liga F. Des joueuses d’expérience donc, qui devront être celles qui guident la jeunesse pour éviter une nouvelle déconvenue européenne.
