La saison dernière a été exceptionnelle pour l'équipe, mais comme souvent, vous avez perdu plusieurs joueuses importantes sur le marché des transferts. Comment le groupe s'adapte-t-il à ces changements pour capitaliser sur le succès de la saison passée et l'emmener en Ligue des champions ?
Klára Cahynová : La saison dernière a été superbe. Elle a été longue, mais on a été solides du début à la fin. C'est vrai qu'on a perdu certaines joueuses importantes, mais ça fait partie du football : des joueuses partent, d'autres arrivent, et les nouvelles se sont vraiment bien intégrées dans l'équipe. J'espère qu'on va le prouver mercredi, parce qu'il faut simplement qu'on se concentre sur nous-mêmes, c'est tout.
Vous êtes déjà un petit peu habituées aux changements puisque la saison passée vous aviez perdu Edna Imade à l'hiver, avant de réussir tout de même à vous hisser à la 3e place de la Liga F.
Tout le monde était un peu nerveux quand on a perdu Edna, parce qu'elle marquait énormément de buts. Mais on a encore mieux joué sur la deuxième partie de la saison, parce qu'au final, ça ne repose pas sur une seule joueuse. Bien sûr, elle était importante, mais on a trouvé une autre joueuse capable de marquer, et je suis sûre qu'on a deux ou trois attaquantes capables de faire la même chose. C'est une question d'adaptation à un nouveau style avec de nouvelles joueuses, mais c'est pareil pour les deux équipes.
Aiara Agirrezabala est déjà devenue l'une des plus importantes à la Real Sociedad. Elle a connu une année incroyable, avec sa première sélection en équipe d'Espagne à 17 ans. Qu'est-ce qui, selon vous, la rend si forte malgré son jeune âge ?
Pour moi, le plus important, c'est que c'est un être humain formidable. Elle vient d'une famille formidable, et ça, c'est le plus important. Et bien sûr, elle a été très importante malgré son âge. Elle est vraiment forte, vraiment rapide, très intelligente. Elle ne se met pas facilement la pression. J'ai été très surprise la première fois que je l'ai vue jouer, tant son niveau est élevé. Elle mérite pleinement sa place en équipe d'Espagne, qui est l'une des meilleures au monde. Ça prouve sa qualité.
"On sait ce qu'il faut faire pour battre Chelsea"
Chelsea est l'un des plus grands clubs du football féminin européen, et le club n'a jamais caché que la Ligue des champions était le trophée qu'il visait vraiment. Quel sera le plus grand défi face à cette équipe sur ces deux manches ?
On sait que c'est un grand club, avec de grands noms et un effectif solide. On sait que leur objectif est de gagner la Ligue des champions, et on les respecte en tant qu'équipe. Mais je sais aussi de quoi nous sommes capables. On a nous aussi de très bonnes joueuses. On l'a prouvé la saison dernière en battant le Barça. On a fait une belle préparation. La dernière victoire contre l'Athletic Club nous a aussi aidées, surtout mentalement. On sait donc ce qu'il faut faire pour les battre. Ce ne sera pas facile, mais en Ligue des champions, rien n'est facile. C'est comme un cadeau de la saison dernière : on est capables de les battre aussi, même si ce sera très difficile.
Y a-t-il des joueuses de Chelsea que vous admirez particulièrement ou que vous avez hâte d'affronter ?
Ce n'est pas vraiment que j'ai hâte d'affronter une joueuse en particulier, mais Lauren James, je la trouve fantastique, très technique. Keira Walsh a aussi montré sa qualité quand elle jouait à Barcelone, tout comme Lucy Bronze, mais elles ont tellement de grands noms. J'ai juste hâte de jouer le match, pas spécialement contre une seule joueuse. Mais s'il fallait n'en citer qu'une, ce serait Lauren James.
Avez-vous un message pour les supporters qui viendront vous voir jouer ?
Venez, tout simplement, parce que ce sera un match superbe. Ce n'est pas un match unique, c'est aller-retour. Je suis contente qu'on commence à l'extérieur, et qu'on joue ensuite le deuxième match ici, à Zubieta, avec nos supporters. On n'est pas aussi connues que Chelsea, je dirais, mais ce sera un grand match, alors venez en profiter.
"Parfois je me sens un peu comme une maman"
Il y avait plusieurs adversaires possibles au tirage au sort, et vous êtes tombées sur Chelsea. Comment avez-vous vécu ce tirage collectivement ? Y avait-il de l'excitation, mais aussi un peu de déception de ne pas avoir hérité d'un adversaire plus abordable ?
Ce n'était pas vraiment l'adversaire que j'espérais, pour être honnête. Mais ça fait partie du football. Je n'ai moi-même pas beaucoup de chance avec les tirages au sort en sélection nationale, je tombe toujours sur l'adversaire le plus difficile. C'est un peu de ma faute ! Elles sont excellentes, et j'étais assez nerveuse au premier abord, je n'avais pas envie de les affronter. Puis le lendemain, j'allais déjà mieux. Depuis qu'on a commencé à préparer le match, je sais qu'on est nous aussi capables de faire de grandes choses. Ce sera la première fois qu'on les affronte, à Londres d'abord, avant de les recevoir ici. J'espère qu'elles pensent la même chose de nous, qu'on n'est pas un adversaire facile, parce qu'on ne peut pas tomber sur un adversaire facile en Ligue des champions. Si on veut aller loin dans cette compétition, il faut battre Chelsea, il faut battre Arsenal, Barcelone. Ça fait partie de la compétition. Et au final, on est simplement heureuses de participer à cette compétition cette année.
Vous avez vous-même beaucoup d'expérience, au sein d'un effectif plutôt jeune. Avez-vous donné des conseils aux jeunes joueuses, qui doivent être un peu excitées à l'idée d'affronter Chelsea ?
Parfois je me sens un peu comme une maman, parce qu'on a beaucoup de jeunes joueuses ici. Mais elles sont excellentes, elles gèrent très bien la pression. La saison dernière, on a joué contre le Barça à domicile, je pensais qu'elles allaient être nerveuses, mais non. On en a parlé, et on en reparlera aussi avant Londres : il faut croire en nous-mêmes, il n'y a pas de raison d'être nerveuses, certaines joueuses ont déjà connu de grands matchs. Ce sera donc juste un match de plus, et j'espère que ça pourra nous rendre plus fortes en tant qu'équipe, pas seulement pour ce match à l'extérieur, mais pour toute la saison. Chaque expérience aide beaucoup. Je serai là pour les aider, c'est sûr, et ensemble, en équipe, je pense qu'on peut y arriver.
Est-ce un avantage particulier de savoir que le match retour se jouera à domicile ? Vous disiez apprécier de commencer à l'extérieur pour ensuite recevoir avec vos supporters : sentez-vous que, grâce au public, vous pourriez renverser la situation si le match aller ne se passe pas bien ?
Nos supporters sont formidables, on les sent présents à chaque match, ils sont très importants pour nous. C'est pour ça que je suis contente que le deuxième match se joue ici, à Zubieta, où on se sent vraiment bien, vraiment chez nous. C'est important de bien faire les choses lors du match aller, de ne pas être nerveuses, d'être confiantes dans notre effectif, dans nos joueuses. On sait ce qu'on doit faire. Le staff nous a très bien préparées, ils nous ont dit tout ce qu'il fallait savoir. On veut simplement ramener un bon résultat, et on verra ensuite ce qui se passe ici, la semaine prochaine, à Zubieta.
"Chaque semaine, l'entraîneur en veut encore plus"
En quoi votre expérience internationale avec la République tchèque vous aide-t-elle en Ligue des champions et en Liga F ?
J'ai beaucoup d'expérience avec l'équipe nationale, on a disputé pas mal de grands matches, et on a affronté de grandes équipes comme le Portugal ou la Suisse, et on s'en est très bien sorties. Tout le monde nous disait qu'on allait perdre, et finalement, c'est différent : ces matchs-là ne ressemblent pas à un match de championnat classique. Je pense qu'on gagne aussi de l'expérience ici, en Liga F, la saison dernière, en affrontant tant d'équipes. Jouer autant de matchs avec la sélection m'aide à mieux performer ici en Liga F, et j'espère que ce sera aussi le cas en Ligue des champions.
Sur quels points la Real Sociedad pourrait-elle surprendre Chelsea ?
J'aimerais garder ça pour nous. Je ne vais pas dire comment on peut les surprendre. Mais on sait ce qu'on doit faire, et on va viser ça, c'est certain.
Comment votre entraîneur, Arturo Ruiz, fait-il progresser l'équipe en permanence ?
Il est très exigeant. On a fait un très bon travail la saison dernière, mais chaque semaine, il en veut encore plus. Il nous apprend de nouvelles choses. Et ce n'est pas seulement lui, c'est tout le staff technique : ils font tout ce qui est possible pour nous préparer aux matchs. Il arrive toujours avec un plan de jeu solide, et il ne nous reste plus qu'à nous y tenir et à y croire. Ensuite, on verra ce qui se passe.
"Ce club mérite de faire partie de la Ligue des champions"
Vous aviez atteint les quarts de finale de la Ligue des champions par le passé. Quelles leçons en tirez-vous, aussi bien pour vous que pour ce groupe relativement jeune ?
J'ai de la chance, parce que j'ai déjà joué la Ligue des champions, même si c'était avec le Slavia Prague. Je pense avoir beaucoup progressé en tant que joueuse depuis : à l'époque, j'étais nerveuse, je tremblais presque, et cette fois, c'est différent. Je vais simplement essayer de profiter et de donner le meilleur de moi-même. On a un effectif jeune, mais on a aussi pas mal de joueuses expérimentées, donc c'est un bon équilibre. Aux joueuses expérimentées d'aider les plus jeunes à se sentir en confiance. Je les vois tous les jours, elles sont excellentes. Le club a énormément de jeunes joueuses talentueuses, et ça montre que le travail effectué est vraiment bon. Il n'y a pas de raison d'être nerveuses, parce qu'au final, c'est comme jouer le Barça, c'est ce genre de match. On a affronté Lyon en préparation, on a fait plusieurs matchs nuls, c'était une bonne équipe aussi. Je suis sûre qu'on va avoir des occasions, il faut être patientes et attendre notre chance de marquer. Il n'y a pas besoin d'être nerveuses parce que je sais que les jeunes joueuses ont une très bonne qualité. Et je suis même surprise par elles, parce que quand j'avais leur âge, je n'étais pas aussi bonne, loin de là.
Au vu des résultats de la préparation, contre Lyon et Barcelone, et d'une belle fin de saison en championnat, à quel point serait-il fort pour ce club d'écrire l'histoire en atteignant pour la première fois la phase principale de la Ligue des champions ?
Ce serait fantastique, mais on en est encore très loin. Il faut se concentrer sur ce match, on va y aller étape par étape. On a aussi un autre match ce week-end. Ce serait formidable, et je pense que ce club le mérite vraiment, pour tout le travail fourni : ici, tout le monde travaille dur, on fait tout pour nous, tout ce qu'on peut faire. C'est juste une étape de plus dans le projet de ce club, pour jouer la Ligue des champions. J'espère qu'on la jouera encore l'année prochaine. Ce club mérite de faire partie de la Ligue des champions.
Vous avez évoqué la victoire contre le Barça. Vous avez aussi joué un match serré contre eux en fin de saison dernière, ainsi qu'un match de préparation contre Lyon. Que peut retenir l'équipe de ces rencontres pour affronter une autre grande équipe comme Chelsea ?
On sait qu'il faut un plan, s'y tenir et croire qu'il fonctionne, parce que ça a marché contre ces équipes. Bien sûr, elles ont plus d'expérience, on s'attend à ce qu'elles aient plus la possession. Il faut qu'on soit vraiment solides défensivement, bonnes sur les phases arrêtées. C'est vraiment important pour ce genre de match. Et ce n'est pas une question de chance, parce qu'on a bien joué dans tous ces matchs. Ce n'était pas seulement contre le Barça, mais aussi contre l'Athletic Club : même si elles nous ont battues, c'était seulement 2-1, et on a aussi été capables de marquer. On a marqué également contre Lyon, une autre grande équipe. La défense est la clé, et ramener un bon résultat, c'est ce qu'on veut.
