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Flashback - France-Belgique 1986 : il y a 40 ans les Bleus disputaient leur dernière petite finale d'un Mondial

Flashback - France-Belgique : il y a 40 ans les Bleus disputaient leur dernière petite finale d'un Mondial
Flashback - France-Belgique : il y a 40 ans les Bleus disputaient leur dernière petite finale d'un MondialPhoto par - / AFP

Alors que les Bleus s'apprêtent à défier l'Angleterre pour la troisième place du Mondial 2026, l'histoire balbutie. Quarante ans après la folle petite finale de 1986 remportée face à la Belgique (4-2), retour sur un match légendaire, riche en rebondissements et en anecdotes, qui pourrait bien inspirer les hommes de Didier Deschamps ce samedi.

Ce samedi, l'équipe de France joue l'Angleterre pour la troisième place du Mondial 2026, quarante-huit heures après sa défaite en demi-finale face à l'Espagne. Un scénario qui a un air de déjà-vu : le 28 juin 1986, au stade Cuauhtémoc de Puebla, les Bleus disputaient déjà une petite finale, contre la Belgique, trois jours après leur élimination par la RFA (0-2) en demi-finale. Retour sur un match à six buts, longtemps oublié mais riche en rebondissements.

Henri Michel, sélectionneur français, avait alors fait souffler une bonne partie de ses titulaires pour ce match sans réel enjeu sportif : huit changements dans son onze, avec notamment Albert Rust dans les buts et Bernard Genghini associé à Jean Tigana et Philippe Vercruysse au milieu. En face, Guy Thys n'avait touché qu'un seul poste, remplaçant Franky Vercauteren par Raymond Mommens. Logique : la Belgique, demi-finaliste surprise après son parcours face à l'URSS puis l'Espagne, jouait avec son équipe-type, motivée à l'idée de décrocher une première troisième place mondiale.

Six buts et un scénario à rebondissements

Devant environ 21 000 spectateurs et sous l'arbitrage de l'Anglais George Courtney, le match démarre sans grand rythme, les remplaçants français peinant à trouver leurs automatismes. Une première alerte survient dès le début de la rencontre : sur une action confuse au petit rectangle, Papin pousse le ballon au fond des filets, mais l'arbitre annule le but pour une main de Michel Bibard. Ce sont finalement les Diables rouges qui ouvrent le score par leur capitaine Jan Ceulemans, auteur d'une course gagnante dans le dos d'Yvon Le Roux pour tromper Albert Rust (11e).

La France répond progressivement mieux organisée. Sur un centre de Bruno Bellone repris par Philippe Vercruysse, le ballon revient dans les pieds de Jean-Marc Ferreri, qui égalise sans trembler (27e). Belle occasion manquée dans l'intervalle côté belge, où Danny Veyt, seul face au but après avoir déjoué le hors-jeu, se précipite et envoie sa frappe au-dessus au lieu de dribbler le gardien. La France profite de ce temps fort pour prendre l'avantage juste avant la pause : sur une nouvelle offensive côté droit, Papin surgit légèrement excentré et trompe Jean-Marie Pfaff sous la barre (43e). Score à la mi-temps : 2-1 pour les Bleus.

En seconde période, la physionomie du match reste équilibrée. Yvon Le Roux, blessé, cède sa place à Maxime Bossis, qui honore sa dernière apparition sous le maillot bleu. La Belgique se procure une grosse occasion par Stéphane Demol, qui frappe instinctivement dans le petit filet extérieur après un centre de Nico Claesen, manquant l'égalisation d'un rien. Les Diables rouges finissent par recoller au score : sur une touche longue déviée de la tête par Ceulemans, Claesen enchaîne son contrôle et ajuste Rust d'une frappe croisée pour égaliser à 2-2 (73e). Le reste du temps réglementaire voit les deux équipes se rendre coup pour coup, sans nouveau but.

Le match bascule alors en prolongation. La Belgique démarre mieux cette période supplémentaire, avec notamment un concours de Rust sur une tentative de Ceulemans et une possible faute non sifflée sur Vercruysse dans la surface belge. Mais ce sont les Bleus qui font la différence : sur un corner joué court côté droit, Ferreri centre subtilement vers Michel Bibard, dont la remise trouve finalement Bernard Genghini à bout portant. L'ancien Monégasque ne laisse aucune chance à Pfaff pour redonner l'avantage à la France (104e). Quelques minutes plus tard, Éric Gerets, débordé par Manuel Amoros côté droit, le fauche dans la surface. Le latéral français se fait justice lui-même en transformant le penalty d'un tir croisé, portant le score à 4-2 (111e). La fin de la rencontre voit encore quelques occasions de part et d'autre, un arrêt réflexe de Rust devant Claesen, une frappe de Papin au-dessus après un relâché de Pfaff, sans que le score ne bouge davantage.

Ce que Papin en a gardé

Des années plus tard, Papin, buteur ce jour-là, est revenu à plusieurs reprises sur ce match. Face à une Belgique qu'il connaissait bien pour y avoir joué avec le FC Bruges, il se souvient d'une équipe des Bleus reconstituée : "On les bat 4-2 et on finit troisièmes. Tous ceux qui n'avaient pas ou peu joué, surtout les jeunes, ont disputé ce match. Face à une équipe belge qui avait aligné sa meilleure équipe, on voulait absolument gagner parce qu'on pensait que l'équipe de France méritait d'être championne du monde. On se disait qu'au pire, ce serait bien de terminer troisièmes, ce qu'on a fait."

Un bilan personnel toutefois nuancé : l'attaquant reconnaît que, même auréolée d'une médaille de bronze, cette Coupe du monde reste pour lui un souvenir en demi-teinte, faute d'avoir terminé meilleur buteur du tournoi. "Mon cauchemar, c'est que j'aurais dû finir meilleur buteur de la compétition rien qu'avec ce match contre le Canada. J'ai été d'une maladresse sans nom. On ne retient que mon but, mais j'ai cinq occasions et si je les mets toutes au fond, je suis le meilleur buteur de la Coupe du Monde", peste-t-il encore, assurant que cette 3e place n'est même plus un sujet de discussion quand il croise d'autres anciens de sa génération.

Un bronze qui égale le record de 1958

Au terme d'un match jugé très équilibré, la France décrochait sa deuxième troisième place de son histoire après celle de 1958, tandis que la Belgique terminait quatrième d'un Mondial où elle ne partait pas favorite. Stéphane Demol, jeune défenseur central révélation du tournoi, était désigné homme du match côté belge.

Ce succès s'inscrit dans une histoire particulière des Bleus avec les petites finales : la France en a disputé trois au total, pour deux victoires. Un premier sacre de bronze en 1958 face à l'Allemagne de l'Ouest (6-3), une défaite frustrante contre la Pologne en 1982 (3-2, deux jours seulement après l'épopée de Séville) et ce succès de 1986 contre la Belgique. De quoi nourrir un certain optimisme avant la rencontre de samedi face à l'Angleterre, où les Bleus tenteront de porter leur bilan à trois victoires en quatre petites finales.

Cette année-là, c'est l'Argentine qui soulève le trophée

Cette édition 1986 restera surtout dans l'histoire pour le sacre de l'Argentine de Diego Maradona, qui s'était imposée en finale face à l'Allemagne de l'Ouest à Mexico. Sur sa route vers le titre, la Séléccion avait éliminé l'Angleterre dès les quarts de finale (2-1), le 22 juin 1986 à l'Estadio Azteca, lors d'un match resté comme l'un des plus célèbres de l'histoire de la compétition. Maradona y inscrit d'abord un but litigieux de la main, resté dans les mémoires sous le nom de "main de Dieu", avant de se muer quelques minutes plus tard en auteur du but jugé le plus beau de l'histoire du Mondial : un slalom solitaire de plus de soixante mètres, ballon au pied, à travers la moitié de terrain anglaise. Ce doublé de Maradona propulsera l'Argentine jusqu'au sacre final.

Quarante ans plus tard, l'histoire s'est en partie répétée, avec un tour d'avance. Mercredi, à Atlanta, l'Argentine a de nouveau eu raison de l'Angleterre, cette fois en demi-finale (2-1), au terme d'un scénario tout aussi renversant : menée après l'ouverture du score d'Anthony Gordon, la Seleccion a fini par renverser les Three Lions grâce à des réalisations d'Enzo Fernández puis de Lautaro Martínez dans les derniers instants de la rencontre. L'Albiceleste, portée par un Lionel Messi auteur de deux passes décisives, retrouve ainsi l'Espagne en finale ce dimanche, avec l'ambition de conserver son titre. Une qualification qui fait d'elle la sixième nation tenante du titre à se hisser à nouveau en finale l'édition suivante, après l'Italie (1934-1938), le Brésil (1958-1962), l'Argentine elle-même (1986-1990), le Brésil (1994-1998) et la France (2018-2022).

Résultat, ce sont les Anglais qui héritent cette fois du rôle tenu par la Belgique en 1986 : celui d'adversaire des Bleus pour la médaille de bronze, samedi. Un joli clin d'œil de calendrier, quarante ans presque jour pour jour après cette autre petite finale disputée à Puebla.

La Coupe du monde 2026 se déroulera du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Le tournoi réunira 48 sélections et se jouera dans 16 stades modernes.

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