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14 années sur le banc des Bleus : retour sur les matchs marquants de Deschamps à la tête de l'équipe de France

14 années sur le banc des Bleus : retour sur les matchs marquants de Deschamps à la tête de l'équipe de France
14 années sur le banc des Bleus : retour sur les matchs marquants de Deschamps à la tête de l'équipe de FranceReuters

Quatorze ans, deux finales de Coupe du monde, un titre mondial, une Ligue des nations : le règne de Didier Deschamps à la tête de l'équipe de France s'achève cet été, après une demi-finale de plus perdue contre l'Espagne, sa bête noire absolue. Avant que Zinédine Zidane ne prenne le relais, retour sur les quatorze rencontres qui ont écrit l'histoire de l'ère DD.

France - Uruguay, 15 août 2012 : l'entrée en matière

Nommé le 9 juillet 2012 par Noël Le Graët en remplacement de Laurent Blanc, Didier Deschamps découvre son nouveau costume de sélectionneur au Stade Océane du Havre face à l'Uruguay, alors quatrième nation au classement FIFA contre une quatorzième place pour des Bleus encore convalescents. Le match se solde par un 0-0 sans relief, mais l'enjeu n'est pas là. Trois nouveaux venus, Étienne Capoue, Christophe Jallet et Mapou Yanga-M'Biwa, intègrent le groupe, tandis que plusieurs habitués de l'ère Blanc, dont Hatem Ben Arfa et Yohan Cabaye, sont écartés. Dès sa première conférence de presse, Deschamps fixe le ton en réclamant une exemplarité de comportement sur et en dehors du terrain, façon de tourner définitivement la page du fiasco de Knysna et des polémiques de l'Euro 2012.

Ukraine - France, 15 novembre 2013, puis France - Ukraine, 19 novembre 2013 : le sauvetage

Le barrage aller pour la qualification au Mondial 2014 tourne au cauchemar à Kyiv : un but de Roman Zozulya, puis un penalty transformé par Andriy Yarmolenko après une faute de Laurent Koscielny, scellent une défaite 2-0, alourdie par l'expulsion du défenseur d'Arsenal dans le temps additionnel. Aucune nation européenne n'était jamais parvenue à renverser un tel écart en barrage, et les Bleus s'approchent d'une première non-qualification à un Mondial depuis 1994. Quatre jours plus tard, au Stade de France, devant 77 000 spectateurs, l'équipe retrouve un souffle inattendu : Mamadou Sakho inscrit un doublé (22e et 72e), Karim Benzema égalise sur l'ensemble des deux matches (34e), et l'expulsion du défenseur ukrainien Yevhen Khacheridi en début de seconde période achève de faire basculer la rencontre. Score final : 3-0, qualification arrachée. Deschamps qualifiera plus tard ce match retour de moment où il a ressenti l'essence même de son métier de sélectionneur et le considère comme un acte fondateur de tout ce qui suivra jusqu'au sacre de 2018.

France - Allemagne, 4 juillet 2014, quart de finale du Mondial brésilien : le mur de Rio

Pour son premier grand tournoi à la tête des Bleus, Deschamps aligne une équipe encore en reconstruction, qui s'est qualifiée en tête de son groupe avant d'éliminer le Nigeria en huitièmes. Au Maracaña de Rio de Janeiro, l'Allemagne de Joachim Löw ouvre le score dès la 13e minute par une tête de Mats Hummels sur un coup franc excentré de Toni Kroos, le défenseur gagnant son duel aérien face à un jeune Raphaël Varane. Les Bleus poussent ensuite sans parvenir à trouver la faille : Mathieu Valbuena puis Karim Benzema butent sur un grand Manuel Neuer, ce dernier repoussant une dernière tentative de Benzema dans le temps additionnel. La France s'incline 1-0 et quitte la compétition la tête haute. Une désillusion honorable qui confirme que le chantier engagé depuis 2012 avance dans le bon sens.

France - Angleterre, 17 novembre 2015, Wembley : un match tristement marquant

Quatre jours après les attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis, qui ont notamment visé les abords du Stade de France pendant un match amical France-Allemagne, la question du maintien de ce match face à l'Angleterre se pose logiquement. La rencontre est finalement maintenue, sous très haute sécurité, à Wembley. Avant le coup d'envoi, le public anglais entonne la Marseillaise aux côtés des supporters français, dans un des moments les plus forts vécus par une sélection de Deschamps, hors du strict registre sportif. Les Bleus s'inclinent 2-0 sur des buts de Dele Alli et Wayne Rooney, mais le résultat importe peu ce soir-là : le match est resté comme un symbole de solidarité et de résilience, quelques mois avant l'Euro à domicile.

France - Portugal, 10 juillet 2016, finale de l'Euro : le crève-cœur à domicile

L'Euro organisé à la maison devait consacrer la génération montante des Bleus. Au Stade de France, la sortie sur blessure de Cristiano Ronaldo dès la 25e minute semble ouvrir la voie à la France. Mais après un score nul et vierge au terme du temps réglementaire, c'est un joueur entré en cours de match, Eder, qui punit les Bleus d'une frappe lointaine à la 109e minute de la prolongation, transperçant Hugo Lloris. Défaite 1-0, désillusion immense pour tout un pays qui pensait le titre à portée de main. Ce sera pourtant, avec le recul, le socle d'une génération qui explosera deux ans plus tard en Russie.

France - Argentine, 30 juin 2018, huitième de finale du Mondial russe : la naissance de Mbappé

À Kazan, Deschamps dispute son 80e match sur le banc des Bleus, battant le record de sélections jusque-là détenu par Raymond Domenech. Sur le terrain, un jeune attaquant de dix-neuf ans, Kylian Mbappé, s'impose comme la révélation du tournoi. Dès la 10e minute, sa course fulgurante depuis son propre camp met à mal la défense argentine et provoque une faute de Marcos Rojo dans la surface, penalty transformé par Antoine Griezmann. Menée 2-1 à la pause puis rapidement 2-1 en seconde période, la France retourne la situation grâce à une frappe exceptionnelle de Benjamin Pavard en demi-volée (57e), puis un doublé de Mbappé (64e, 68e), deux finitions clinique conclues en contre-attaque. Au terme d'un scénario complètement fou, la France l'emporte 4-3 face à l'Argentine de Lionel Messi. Un match considéré comme un point de bascule générationnel, ouvrant définitivement l'ère Mbappé avec les Bleus.

France - Belgique, 10 juillet 2018, demi-finale du Mondial russe : la demi-finale du verrou

À Saint-Pétersbourg, face à une génération dorée belge portée par Kevin De Bruyne, Eden Hazard et Romelu Lukaku, Deschamps opte pour un plan strictement défensif. Un seul but suffit : Samuel Umtiti, à la 51e minute, reprend de la tête un corner tiré par Griezmann pour envoyer les Bleus en finale. Deschamps retiendra de cette rencontre une capacité à défendre proprement, avec un nombre de fautes très réduit pour un match de ce niveau, quitte à assumer une image de sélectionneur pragmatique plus que séduisant.

France - Croatie, 15 juillet 2018, finale du Mondial russe : le sacre de Moscou

Au stade Loujniki de Moscou, les Bleus dominent une Croatie portée par Luka Modrić mais visiblement marquée par deux prolongations disputées coup sur coup lors des matchs précédents. Mario Mandžukić inscrit d'abord un but contre son camp, avant l'égalisation d'Ivan Perišić. Griezmann redonne l'avantage aux Bleus sur penalty après une intervention de la main de Perišić signalée par la VAR, une première en finale de Coupe du monde. Paul Pogba et Kylian Mbappé alourdissent ensuite la marque, avant qu'une erreur de Hugo Lloris ne permette à Mandžukić de réduire l'écart. Score final : 4-2. Deschamps devient le troisième homme de l'histoire, après le Brésilien Mário Zagallo et l'Allemand Franz Beckenbauer, à remporter la Coupe du monde comme joueur et comme sélectionneur. Le sommet absolu de son mandat.

France - Suisse, 28 juin 2021, huitième de finale de l'Euro (disputé en 2021) : l'accident de Bucarest

Alors leaders incontestés du football mondial, les Bleus s'effondrent à Bucarest face à une Suisse pourtant considérée comme largement inférieure sur le papier. C'est la Suisse qui ouvre le score dès la 15e minute par Haris Seferovic. La France recolle puis prend l'avantage en seconde période grâce à un doublé de Karim Benzema (57e et 59e), puis un but splendide de Paul Pogba (75e) porte le score à 3-1 pour les Bleus, qui semblent alors filer vers les quarts. Mais la Suisse revient dans le match par un nouveau but de Seferovic (81e), puis égalise à la toute dernière minute du temps réglementaire grâce à Mario Gavranovic (90e). Rien n'est départagé en prolongation, et la France s'incline finalement aux tirs au but, 5 à 4, Kylian Mbappé voyant sa tentative repoussée par Yann Sommer.

"D'être à 3-1 à la 80e minute contre la Suisse et de voir ce qui s'est passé après... Cela ne devait pas nous arriver au vu de la force qui était la nôtre et la solidité qui a toujours été notre ADN", digère encore difficilement Deschamps dans les colonnes de L'Équipe au mois d'août. C'est resté, à ce jour, la seule véritable contre-performance de son mandat en compétition majeure.

Espagne - France, 10 octobre 2021, finale de la Ligue des nations : le rebond de Milan

Trois mois après l'échec suisse, Deschamps rebondit en s'offrant la toute première Ligue des nations de l'histoire des Bleus. Au stade San Siro de Milan, après une première période stérile dominée par la possession espagnole, Mikel Oyarzabal ouvre le score à la 64e minute. La réaction française est immédiate : Karim Benzema égalise deux minutes plus tard d'une frappe enroulée dans la lucarne, puis Kylian Mbappé, lancé en profondeur par Théo Hernandez, inscrit le but de la victoire à la 80e minute après un passement de jambes. Score final : 2-1. Benzema est désigné homme du match, après avoir pourtant été largement critiqué pour son Euro où il avait été rappelé par Deschamps à la surprise générale. Une réponse immédiate à la désillusion de l'Euro, et un deuxième trophée majeur pour l'ère Deschamps.

Argentine - France, 18 décembre 2022, finale du Mondial qatari : la finale de tous les regrets

À Lusail, menés 2-0 par une Argentine des grands jours portée par Lionel Messi et Ángel Di María, les Bleus semblent complètement hors du match jusqu'à un ultime quart d'heure renversant : Kylian Mbappé égalise en l'espace de deux minutes, d'un penalty puis d'une reprise de volée, portant le score à 2-2. Messi redonne l'avantage argentin en prolongation avant que Mbappé, encore lui, ne complète son triplé sur un nouveau penalty pour arracher la prolongation à 3-3. L'Argentine finit par s'imposer aux tirs au but, 4-2. Une des finales les plus dingues de l'histoire du Mondial, perdue mais qui vaut à Deschamps et ses joueurs une immense reconnaissance pour la manière dont ils l'ont disputée.

Espagne - France, 9 juillet 2024, demi-finale de l'Euro : la première alerte munichoise

À l'Allianz Arena de Munich, Randal Kolo Muani, qui a encore en tête son occasion manquée face à Dibu Martinez zn finale du Mondial qatari, ouvre le score pour des Bleus pourtant peu inspirés offensivement depuis le début du tournoi. Mais l'Espagne, future championne d'Europe, renverse la situation en l'espace de quelques minutes grâce à des buts de Lamine Yamal, alors âgé de seize ans, et de Dani Olmo. Défaite 2-1, qui relance immédiatement les questions sur l'avenir de Deschamps, sous contrat jusqu'en 2026 mais de plus en plus critiqué pour un jeu jugé trop prudent. Le sélectionneur, agacé, renvoie les journalistes vers son président plutôt que de se projeter sur son propre avenir.

France - Côte d'Ivoire, 4 juin 2026, Nantes : l'hommage de la Beaujoire

Pour son avant-dernier match sur le sol français, avant un ultime déplacement à Lille le 8 juin puis l'envol pour l'Amérique, Deschamps retrouve la ville où il a terminé sa formation de joueur dans les années 1980. Le public nantais ne l'a pas oublié : dès la 7e minute de jeu, en écho à son numéro de maillot du FC Nantes, la Beaujoire scande son nom et se lève dans un bel élan collectif. Les Irrésistibles Français déploient un tifo le représentant en train de soulever la Coupe du monde, à la fois comme joueur en 1998 et comme sélectionneur en 2018, entouré de banderoles à son effigie, dont une reprenant l'une de ses expressions favorites et un message sobre : "Légende éternelle, merci." Visiblement touché sans le montrer pendant la rencontre, Deschamps confiera après le coup de sifflet final avoir été sensible à cet hommage. Sur le terrain, la soirée est plus compliquée : après un but splendide de Rayan Cherki juste avant la pause, la Côte d'Ivoire renverse la vapeur en seconde période grâce à des buts de Guéla Doué (52e) et Ali Diallo (84e), infligeant aux Bleus une défaite 2-1. Un résultat sans conséquence sur la préparation du groupe, dans un match davantage marqué par l'émotion.

Espagne - France, 14 juillet 2026, demi-finale du Mondial nord-américain : l'ultime désillusion contre la bête noire

Au Dallas Stadium d'Arlington, à guichets fermés, les Bleus abordent cette demi-finale forts d'un parcours parfait, six victoires en six matches depuis le début du tournoi. Face à eux, l'Espagne, championne d'Europe en titre et meilleure défense de la compétition, va leur infliger une véritable leçon. Portée par un milieu de terrain étouffant autour de Rodri et Fabián Ruiz et par un Unai Simón des grands soirs, la Roja prend le dessus dans presque tous les compartiments du jeu. Mikel Oyarzabal ouvre le score en première période sur pénalty, puis Pedro Porro double la mise à la 58e minute au terme d'une sublime action collective et d'une passe ajustée de Dani Olmo entre les lignes. Deschamps a beau faire cinq changements, rien n'y fait : la France s'incline 2-0 et voit s'échapper une troisième finale mondiale consécutive, après celles de 2018 et 2022. L'Espagne demeure le seul grand adversaire face auquel Deschamps n'aura jamais trouvé la solution en compétition majeure. Ce revers précède de quatre jours son tout dernier match sur le banc des Bleus, la petite finale de samedi 18 juillet à Miami, avant que Zinédine Zidane ne prenne officiellement sa succession.

La Coupe du monde 2026 se déroulera du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Le tournoi réunira 48 sélections et se jouera dans 16 stades modernes.

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