Au grand jeu du "star-o-mètre" du Mondial 2026, Lamine Yamal n'a pas les statistiques de Lionel Messi, Kylian Mbappé, Harry Kane ou Erling Haaland. Arrivé aux États-Unis en phase de reprise après sa blessure aux ischios en championnat, le Catalan n'a pas suivi le plan initial de Luis de la Fuente, la faute à Vozinha qui a réalisé le match d'une vie lors du premier match. Alors qu'il devait sagement rester sur le banc, il a été lancé à la 71e minute pour forcer la décision, ce qui s'est révélé vain.
Après ce nul inaugural de l'Espagne contre le Cap Vert (0-0), le gaucher a été titularisé contre l'Arabie Saoudite et le travail accompli, il n'est pas revenu sur le terrain après la pause. Avec 4 points, il fallait encore valider la première place et il a dû l'aligner d'entrée contre l'Uruguay, probablement le match le plus violent et plus mal arbitré de la compétition, à faire passer France-Paraguay pour un amical.
Le coup de rein n'est pas celui quand il est à 100% mais Lamine Yamal conserve cette faculté à hypnotiser deux, trois voire quatre joueurs sur lui. Sérieux contre l'Autriche, il a ensuite passé l'épreuve du feu contre Nuno Mendes qui, chiffres à l'appui (8 duels remportés sur 12 en 90 minutes pour le Culé contre 6/17 pour le Parisien), avait eu beaucoup de mal, notamment en première période, lors de Barça-PSG alors que le Blaugrana revenait d'une pubalgie. En 1/8 de finale, le Portugais lui a mené la vie dure mais c'est lui qui a craqué, touché à la cuisse sur le premier débordement réussi de son rival. Potentiellement le tournant du match.
Contre la Belgique, il a essoré Maxim de Cuyper, sorti dès l'heure de jeu et remplacé par Joaquin Seys. Ce ne sont pas des stats sonnantes et trébuchantes, mais c'est une influence manifeste sur le jeu de son équipe. En termes d'avancées progressives, Lamine Yamal a souvent pris l'initiative avec en tout 69 incursions répertoriées, avec une montée en puissance évidente depuis le début de la phase à élimination directe (43). Sur l'ensemble de la compétition, c'est autant que Michael Olise en 6 titularisations, le seul Français à être plus efficient dans ce domaine depuis les 1/16 (47, contre 25 pour Ousmane Dembélé et 23 pour Kylian Mbappé). Sur-sollicité, le Catalan manque logiquement de jus dans la finition.
Orphelin de Nico Williams
L'autre aspect qui peut expliquer le manque de buts et de passes décisives, c'est la situation du côté gauche. Nico Williams a eu une saison pourrie par les blessures et il n'est pas arrivé à 100%. Yeremy Pino a joué la deuxième période contre l'Arabie Saoudite puis il a fini avec la clavicule dans le sac contre l'Uruguay, après une intervention qui n'a même pas été sanctionnée d'une faute. Quant à Víctor Muñoz, il s'est blessé avant la 38e journée de Liga et il a rechuté en début de tournoi, si bien qu'il n'a été d'aucun secours.
Luis de la Fuente a donc dû faire un choix qui n'arrangeait clairement pas Lamine Yamal : débuter avec un joueur intérieur. Il a essayé avec Gavi contre le Cap Vert, dans un rôle absurde. Alors il est revenu à son idée de départ aperçue lors des amicaux contre l'Irak (1-1) et le Pérou (3-1) : titulariser Álex Baena, dont le rôle a déjà été évoqué par Flashscore au cours de la compétition.


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Or à l'Euro 2024, Williams jouait un rôle prépondérant car il créait de l'instabilité, du décalage et de la vitesse, ce qui libérait aussi des espaces pour orienter sur Lamine Yamal. Une situation analogue à celle du Barça où il n'est jamais aussi fort que lorsqu'il est flanqué de Raphinha. En manque d'un pendant à gauche, il est moins déstabilisant, serré d'encore plus près et cela le force à chercher la solution par le dribble, même si ses statistiques globales sont honorables (21/46 soit 45,7% de réussite).
Lors de la demi-finale il y a exactement deux ans et cinq jours, les Bleus évoluaient en 4-3-3 et, depuis, il y a un milieu de moins. S'il n'est pas apte à débuter ce mardi, Williams a environ une demi-heure dans les jambes. De quoi en faire un impact player essentiel. Pino et Muñoz sont également disponibles, et sûrement moins attendus, ce qui peut être à l'avantage de la Selección, surtout si le match venait à s'éterniser. Et une manière, aussi, d'économiser Lamine Yamal en prévision du money time.
La Coupe du monde 2026 se déroulera du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Le tournoi réunira 48 sélections et se jouera dans 16 stades modernes.
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