FlashGolf #14 : Scottie Scheffler, celui dont on attend toujours trop

Scottie Scheffler lors du RBC Heritage
Scottie Scheffler lors du RBC HeritageJim Dedmon-Imagn Images

Scottie Scheffler empile les résultats de très grande classe depuis 4 ans, au point que sa régularité dans l'excellence passerait presque inaperçue après un début de saison où il n'a remporté qu'un seul tournoi.

Avant le début du Masters, Scottie Scheffler a été nommé parmi les 100 personnes les plus influentes du monde pour le prestigieux Time Magazine. Il figure dans la catégorie "titans", aux côtés notamment de Zoë Saldaña, Ben Stiller ou Ralph Lauren. À coup sûr, il y avait un grand fan du numéro 1 mondial parmi les électeurs influents, en plus de Tony Romo, l'ancien quarterback des Dallas Cowboys qui lui a dressé un portrait aux petits oignons.

Or aussi doué soit-il, l'Américain n'aura jamais l'aura de Tiger Woods, le charisme de Rory McIlroy, la bonhommie de Jon Rahm ou l'animalité de Bryson deChambeau. Scheffler ne déborde pas du cadre de son sport mais ce qui pourrait apparaître comme un défaut n'en est en réalité pas un  : il n'a tout simplement besoin de rien de tout ça pour être un joueur colossal, d'une régularité exemplaire, sur une série de 72 cuts franchis consécutivement. Ses discours sont sous le signe du robinet d'eau tiède, avec toujours les références à Dieu et à la famille qui vont bien. C'est très millimétré, à l'image de son jeu, même s'il est clairement plus agressif sur les parcours que micro en main.

2026 comme 2025 ? 

Au moment d'aborder le Cadillac Championship, 5e Signature Event de la saison, Scheffler est sur une dynamique incroyable. Pour autant, après un succès initial sur l'AmEx avec un -27 total, il court toujours après une deuxième victoire. Et pour un joueur de sa trempe, c'est étrange. 

Hormis deux semaines délicates, toutes proportions gardées, sur l'Arnold Palmer Invitational (T24) et le Players (T22), le natif du New Jersey a empilé les excellents résultats pour être deuxième de la FedEx Cup et pris la 2e place du Masters au prix d'une remontée exceptionnelle lors des deux derniers tours (65, 68). 

Le weekend suivant, sur le RBC Heritage, il a de nouveau pris la 2e place, avec 4 cartes démentielles (68, 67, 64, 67). Il a finalement cédé en playoff contre Matt Fitzpatrick qui avait pourtant concédé son seul bogey de la journée sur le 18. Pourtant, au départ du barrage, on ne donnait pas cher de la peau de l'Anglais... 

Difficile de croire qu'en 8 tournois décomposés en 8 Top 25, 5 Top 10, 5 Top 5, une 3e place, deux 2e places et une victoire, Scheffler puisse réaliser une entame de saison simplement correcte pour lui. Elle reste néanmoins meilleure que celle de l'année dernière où il avait dû attendre le mois de mai pour s'imposer. 

En même temps, difficile de faire aussi bien que 2024. À la même époque de la saison, le Texan d'adoption avait remporté l'Arnold Palmer Invitational, le Players, le Masters et le RBC Heritage. 

Démarrer de manière plus laborieuse (on parle tout de même d'un joueur qui n'a jamais été plus loin que T25, avec 5 Top 10 en 8 tournois disputés) ne conditionne pas la suite : Scheffler a par la suite empilé 6 trophées dont le PGA Championship et The Open. 

Suivra-t-il la même courbe de performances cette saison ? Sur ce qu'il démontre, il ne fait aucun doute que son jeu est en place, précis comme toujours. Scheffler n'a quasiment pas de défaut, son petit jeu a été travaillé et son flegme lui permet d'être d'humeur égale tout au long des 4 tours. C'est moins télégénique que le rollercoaster McIlroy mais c'est terriblement efficace. 

Redoutable, capable de hausser son niveau de jeu et de mettre la pression sur le reste du champ lors du moving day où il évolue quasi-systématiquement plusieurs coups sous le par, le numéro 1 mondial a davantage de mal à entrer dans son tournoi (2 cartes sur 8 sous les 70), ce qui le pousse à faire la course depuis l'arrière. Difficile de croire qu'il ne réglera pas le problème, dès ce weekend et en prévision du PGA Championship dont il est le tenant du titre.