Carlos Espí n'a disputé que 25 minutes de Liga sans compter les arrêts de jeu mais il a permis au Real Madrid de prendre 4 points depuis le début de saison. Après avoir inscrit le but de la victoire en ouverture sur la pelouse de l'Espanyol (1-2), il a récidivé à Elche (2-3). Peut-être de quoi lui valoir une première convocation avec la Selección mais assurément de quoi le désigner comme meilleur protecteur de José Mourinho.
Car si la Casa Blanca a déjà signé trois cartons contre la Real Sociedad (4-1), Málaga (4-0) et le Rayo Vallecano (4-1), elle a déjà montré de très grandes difficultés dans le jeu, notamment loin de ses bases. Or El Eterno Derbi aura lieu ce dimanche au Metropolitano et vu le bouillon pris chez les Ilicitanos mardi soir, il y a de sérieux motifs d'inquiétude.
Mourinho face à l'équation de l'entrejeu
Au Martínez-Valero, le Real Madrid a mené 0-2 de manière efficace mais peu construite : un somptueux coup franc direct d'Arda Güler attribué injustement à Matías Dituro et un but en deux passes conclu par Kylian Mbappé. Normalement, tout était réuni pour mettre une trempe aux Franjiverdes, désormais dernier de Liga.
Sauf qu'au retour des vestiaires, ils ont dominé les Madridistas dans les grandes largeurs au milieu, dans le style du Rayo le weekend précédent, mené 3-0 à la pause, revenu à 3-1 avant de frôler plusieurs fois le 3-2. Elche a ajouté l'efficacité avec deux buts (71e, 83e).
Au-delà même de cette égalisation, ce sont l'attitude et les choix de Mourinho qui interrogent. Essentiellement assis, voire prostré, le Portugais n'est plus le Zébulon d'il y a une quinzaine d'années. Et tactiquement, ce n'est pas lui faire injure que de constater qu'il n'a pas pris le bon wagon, au point que ce retour au Real Madrid constitue sa dernière chance de coacher dans un club de très haut niveau. Après tout, Carlo Ancelotti était revenu dans peu ou prou la même situation tandis que Florentino Pérez voulait remettre de l'ordre dans la maison.
Contre Elche, alors que son équipe était déjà mise en difficulté dans l'entrejeu, il a sorti Güler au profit de Jude Bellingham. Un changement plus offensif mais pas de quoi déséquilibrer fondamentalement son bloc. En réalité, c'est la paire Fede Valverde - Aurélien Tchouaméni qui a pris l'eau. Contre le Rayo, Valverde avait laissé sa place à Eduardo Camavinga pour s'associer à Bernardo Silva qui avait dû sortir à la 70e minute au profit de Tchouaméni. Le Français avait déjà terminé le match contre l'Inter (2-1), achevé par une victoire sans convaincre après que les Merengues ont passé l'essentiel du temps dans leur camp.
Face au Betis, une équipe qui lui a laissé le ballon (59% de possession), le Real Madrid a manqué d'efficacité et a baissé de pied en deuxième période. C'est à ce jour sa seule défaite de la saison, mais elle a eu lieu contre une équipe de niveau Ligue des Champions et, de toute évidence, cela a inspiré d'autres équipes.
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Simeone en quête du surnombre au milieu
L'Atlético sera-t-il en mesure d'être en supériorité numérique au milieu ? Sans vraiment briller, les Colchoneros comptent 14 points et après avoir été balayé par l'Athletic (3-0) et Liverpool en C1 (2-1), les deux dernières sorties se sont achevées sur deux porterías a cero contre la Real Sociedad (3-0) et Osasuna (4-0). Si dans le contenu, surtout contre les Txuri-urdinak, cela n'a pas été flambant, les Indios ont pu évoluer en 3-4-2-1 et en 4-4-2, soit les deux schémas privilégiés par le Cholo Simeone, au point qu'il ne sait jamais clairement se déterminer entre ce qui l'a fait gagner le titre respectivement en 2021 et en 2014.
Quoi qu'il en soit, Mourinho devra absolument éviter l'infériorité numérique au milieu. Dès lors, le 4-4-2 serait le système le plus approprié car le quadrillage réduit les espaces ouverts par le manque de travail défensif de Vinicius et surtout de Mbappé. Dans le cas d'un 4-2-3-1, le Real Madrid aura beaucoup plus de chances d'être déséquilibré, d'autant que Marc Cucurella à gauche, Denzel Dumfries et Trent Alexander-Arnold à droite, n'ont pas été particulièrement hermétiques jusqu'à présent.
Match fondateur ou symbole que rien n'a changé ? Pour les Madridistas, ce derbi vaut encore plus que l'hégémonie locale.
