Biathlon : le bilan des Bleus, Julia Simon and co au paradis, les hommes en enfer

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Biathlon : le bilan des Bleus, Julia Simon and co au paradis, les hommes en enfer

Julia Simon, incroyable saison.
Julia Simon, incroyable saison.AFP
La saison de biathlon est terminée, le moment de faire le point sur les performances françaises. SI la saison des femmes, avec une Julia Simon en tête de gondole, a été magnifique, les hommes ont été largement en dessous des attentes, avec en plus une fin en eau de boudin.

Quelle saison de l'équipe de France de biathlon ! Et dans tous les secteurs. Un gros globe de cristal pour la deuxième année consécutive. Un titre mondial et des médailles en prime. Mais aussi une immense déception avec la saison manqué des hommes. Point de situation.

Julia Simon, la nouvelle reine

On s'attendait à une progression, mais pas à ce point. En début de saison, on pensait, ou on espérait que Julia Simon termine dans le top 5 du classement général. Et puis elle a pris la tête dèsla quatrième course de la saison. À ce moment-là, on imaginait que ce serait compliqué de tenir, la concurrence étant bien présente. Les soeurs Oeberg, Vittozzi et Wierer, Denise Herrmann-Wick, Ingrid Tandrevold. Que du lourd. Pouvait-elle tenir ?

La réponse est oui, car on l'a vu, la Julia Simon nouvelle avait quelque chose en plus. Tout le travail engagé pour améliorer son tir depuis deux ans a porté ses fruits, notamment sur le couché où elle a été impériale. Résultat : 3 victoires, et 6 autres podiums. Une belle régularité, puisqu'en 20 courses, elle n'a terminé que trois fois en dehors du Top 10. Mais il y en a eu plus.

Les Mondiaux. Une occasion unique de surfer sur son excellente forme. Un titre mondial splendide sur la poursuite, alors qu'elle avait terminé seulement 10e du sprint. Une journée magique, confirmée par une médaille de bronze sur la Mass Start. Et donc ce premier globe de cristal pour une biathlète française depuis 18 ans. 

Cette saison, elle aura surtout excellé sur les courses en confrontation directe, là où elle a raflé la majorité de ses récompenses, et les deux petits globes. Mais cette solidité est l'aboutissment d'années de travail pour enfin arriver à maturation. Julia Simon a dompté la concurrence, et avec un tel talent et la vague de retraites, pourquoi ne pas continuer ? Reste à voir si elle assumera réellement un statut de favorite sur toute une saison.

Les filles au diapason

La trace créée par Julia Simon a permis aux autres Françaises de se glisser dedans. Car les femmes ont tout simplement remporté le classement général de la Coupe des Nations, ce qu'elles n'avaient plus réussi depuis 27 ans ! Une sacrée performance qui prouve que tout le monde était au top.

Néo-retraitée, Anaïs Chevalier-Bouchet a terminé une belle carrière avec classe, signant cinq troisièmes places, dont une sur sa dernière course hier. Mais elle peut s'en aller avec le sentiment du devoir accompli, et en laissant l'équipe de France entre de bonnes mains.

Lauréate de l'IBU Cup, antichambre de la Coupe du monde, en 2022, Lou Jeanmonnot a réussi une authentique performance : réussir le passage à l'étage supérieur. Elle a signé deux deuxièmes places, et terminé 11e du classement général, en montrant de belles promesses. Bien sûr, il reste du travail, comme elle l'a malheureusement montré hier, avec quatre fautes sur son dernier tir alors qu'une victoire était possible. 

Et que dire de Chloé Chevalier, dont on connaissait le potentiel, et qui est passé à quelques secondes de remporter un sprint. Elles sont toutes deux âgées de 24 et 27 ans, et elles sont devenues de plus des membres éminentes d'un relais français qui, si il s'est troué aux Mondiaux, a raflé deux manches de Coupe du monde.

Les femmes ont tous les signaux au vert, notamment avec les bonnes performances de Caroline Colombo et de Sophie Chauveau, qui tournent autour d'un podium. Sans compter Gilonne Guigonnat et Paula Botet, sur le podium de l'IBU Cup. Et on n'a même pas parlé du retour de Justine Braisaz-Bouchet. La championne olympique de la Mass Start, absente pour cause de maternité, devrait revenir gonflée à bloc pour se mettre au niveau.

Tout va bien pour les Françaises, mais on ne peut pas en dire autant de leurs homologues masculins.

La déception masculine

En début de saison, on avançait confiants chez les messieurs. Quentin Fillon Maillet, tenant du gros globe de cristal et double champion olympique. Émilien Jacquelin, double champion du monde en titre de la poursuite. Antonin Guigonnat toujours capable de coups d'éclat. Les promesses de Fabien Claude. Malgré le grand retour annoncé de Johannes Boe, favori pour le gros globe, on pouvait prétendre à une saison de qualité. 

Si l'archi-domination de Boe a débuté immédiatement, le fait que Jacquelin signe rapidement trois podiums consécutifs était rassurant. Mais il a ensuite disparu, ne signant plus que deux top 10 et mettant fin à sa saison en avance. Un gâchis ? Peut-être. Quand à "QFM", il n'a pas été dans le coup sur les skis d'entrée de jeu. Résultat : seulement deux podiums. 

La bonne surprise vient d'Éric Perrot, surprenant troisième de la Mass Start à Ostersund. La relève de l'équipe de France, enfin peut-être, car la comparaison avec un certain Martin F. agace déjà. Cependant, la réalité, c'est que les Bleus n'ont raflé aucune victoire individuelle. Et ce n'était pas arrivé depuis 26 ans ! 

Le carnage en interne

Et comme si la situation n'était pas assez déplorable sportivement, voilà qu'on a assisté à un grand déballage. Les entraîneurs Vincent Vittoz et Patrick Favre ont fait leurs cartons, cela a été annoncé avant la dernière manche. Mais rapidement, les éclats d'obus ont fait des dégâts.

Vittoz s'est fendu d'une déclaration amère, accusant QFM d'être trop éparpillé et taxant Jacquelin de dépression. L'intéressé n'a guère gouté de voir son état révélé sur les réseaux sociaux. Cependant, il semblerait que les biathlètes eux-mêmes soient à l'initiative du départ de leurs coachs. Stéphane Bouthiaux, le grand patron, a déploré cette situation dans l'Équipe.

J’ai détesté la forme qui a été prise pour arriver à leur départ. Sur la forme, les athlètes n’ont pas été bons, je le leur ai dit. Il y avait d’autres manières de faire les choses qui auraient sans doute amené à la même décision, mais pas comme ça. Ce n’était pas cool du tout vis-à-vis de personnes qui ont donné leur vie pendant quatre ans pour eux.

Dans ce marasme, et cette absence de performance, les Bleus ont réussi un véritable tour de force. Ils sont tout simplement devenus champions du monde du relais, en dominant les Norvégiens qui étaient invaincus dans la discipline depuis plus de deux ans ! Incompréhensible. 

C'est quoi la suite ?

Pour les femmes : prolonger la tendance. L'équipe a une leader, du potentiel, une belle densité, une atmosphère saine, des résultats de qualité. Même avec la retraite d'Anaïs Chevalier-Bouchet, aucun doute, tout le monde va dans le même sens.

Pour les hommes : l'équipe semble en miettes. De nouveaux entraîneurs vont arriver, mais il semble que l'âge d'or du biathlon masculin français s'éloigne. On pensait que QFM est un vrai leader, mais il va falloir le prouver sur la durée. Les années 2000 avaient Raphaël Poirée, et les années 2010 Martin Fourcade. Pour réussir sur la longueur la 2020, il doit être le chef de file. Reste à savoir dans quel état lui et ses coéquipiers aborderont la saison. 

En un an, la situation s'est totalement inversée. Les femmes au pouvoir, les hommes dans l'ombre. Inconcevable après les JO de Pékin. Et elles ne semblent pas encore à pleine puissance. De quoi espérer une saison prochaine de qualité, qui masquera peut-être le manques chez les hommes. À moins qu'elle ne relève la tête. 

France gouvernement

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