Vivre dans l'ombre imposante d'un paternel vainqueur du SuperBowl en 1997 en inscrivant un touchdown de 81 yards sur une passe de Brett Favre et membre du Hall of Fame des Green Bay Packers peut vite devenir étouffant.
Fils du wide receiver Antonio Freeman, Alex Freeman a choisi le football avec un ballon rond et, à 21 ans, il débute une carrière de latéral droit très prometteuse. Formé au Weston FC, passé pro à Orlando City, il ne jouera pas avec Antoine Griezmann car il a signé à Villarreal en janvier dernier et a disputé 9 matches de Liga en guise d'introduction au football européen.
Après avoir joué en U17, U19 et U23, il est devenu international A en mai 2025 et compte désormais 19 capes. Et vu son entrée en matière pour cette Coupe du monde, le sous-marin jaune a bien fait d'anticiper son transfert, avec un contrat jusqu'en 2032. Passeur décisif contre le Paraguay (4-1), il a également marqué contre l'Australie (2-0), contribuant amplement à la qualification de Team USA pour les 1/16 de finale. Pour Flashscore Ratings, le natif de Baltimore carbure à plein régime avec des notes de 7,4 et 8,4.
La filiation place évidemment Alex sous le feu des projecteurs. Son histoire est désormais bien connue. Initié au football en Floride par son beau-père Alex, fan de Manchester United, il n'a jamais surclassé mais a été recalé par l'Inter Miami lors de sélections de jeunes avec la pandémie avant d'intégrer la réserve d'Orlando City dans une famille d'accueil. Progression régulière, volonté d'apprendre et de s'améliorer notamment dans le placement défensif : Freeman a accédé à l'équipe première avant d'exploser en MLS au point d'être convoqué à 20 ans par Mauricio Pochettino en prévision de la Gold Cup 2025.
Au micro d'ESPN, le Groguet a synthétisé : "cette dernière année a été intense. J’ai dû m’adapter à beaucoup de changements. Il y a un an, si on m’avait dit que je jouerais la Coupe du Monde, j’aurais dit "mais qu'est-ce que tu me racontes ?!". Cela signifie que les opportunités se présentent encore plus rapidement. Maintenant, la question est : comment les saisir ? Comment être performant et être satisfait de ce que je peux apporter ? C’est presque irréel, mais je pense qu’il faut y aller étape par étape".
Et le paternel dans tout ça ? Toujours très proche de son fils, il n'a pas écrasé sa progéniture. Il aurait pu être tenté car, selon d'anciens coéquipiers, Alex a les mêmes caractéristiques que lui, y compris dans la démarche au niveau des hanches. Au contraire, il a cherché à l'accompagner et à le conseiller grâce à son expérience d'ancien champion.
Et voir son fils marquer en Coupe du monde, qui plus est à domicile, l'a littéralement bouleversé, comme il l'a expliqué à The Athletic : "c’est encore comme si j’étais hors de mon corps. Quand je jouais, je marquais pour une équipe. Lui, il a marqué pour tout un pays. Voir les images des gens qui célèbrent dehors, partout dans le pays, voir l’excitation dans les yeux de ses partenaires... C'était vraiment impressionnant. J’ai pleuré pendant tout le match. Je n’ai jamais autant pleuré de ma vie".
