Alors qu'il traverse une saison difficile et ne dispose pas encore de contrat pour la saison 2027, le Normand de 29 ans espère redresser la barre ce week-end au Grand Prix de Belgique sur le mythique circuit de Spa-Francorchamps, où il avait débuté en F1 il y a tout juste dix ans.
QUESTION : Vous avez débuté en F1 à Spa en 2016, que retenez-vous de ces dix années ?
RÉPONSE : "Je retiens beaucoup de choses. Déjà je n'ai pas l'impression que ça fait dix ans que j'ai commencé en F1, j'ai l'impression que ça fait quelques années, deux, trois ans, ça passe à une vitesse, c'est fou… Il s'en sont passées des choses durant ces dix années, et bien sûr je suis un pilote bien plus complet qu'en 2016. Mais les ambitions n'ont pas changé, elles sont toujours là. La faim, la hargne, l'envie de me battre, tout ça c'est toujours les mêmes."
Q : Est-ce particulier de revenir sur ce circuit de Spa ?
R : "C'est beaucoup d'émotions, des belles, comme mes débuts en 2016, le top 3 en qualifications en 2018, le top 5 l'année dernière par exemple. Ici, il y a eu beaucoup de choses sympas, mais il y a aussi beaucoup de moins bons souvenirs, comme le décès d'Anthoine (Hubert, alors pilote de F2) en 2019. Donc c'est un endroit qu'il faut traiter avec respect, avec humilité, parce qu'il y a beaucoup d'émotions pour nous, et c'est toujours assez étrange de revenir ici."
Q : Est-ce que le Esteban Ocon de 2016 pensait être encore en F1 en 2026 ?
R : "Je pense que oui, après il aurait pensé avoir gagné un peu plus et fait un peu plus de podiums. C'est bien d'avoir gagné une fois, c'est très beau d'avoir fait un podium à Monaco, ou sur des circuits qui sont vraiment incroyables, avec des pilotes qui ont gagné beaucoup de titres... Mais le jeune Esteban il voulait gagner et se battre pour un titre, et c'est vrai que je n'ai jamais eu la voiture pour le faire, mais je vais continuer à me battre. Il faut avoir une part de chance aussi. Et je suis sûr qu'un jour, la chance tournera et j'aurai la possibilité de me battre pour des meilleures positions que maintenant."
Q : Comment imaginez-vous votre futur en F1 ? Est-ce perturbant de ne pas savoir si vous serez encore là en 2027 ?
R : "Je ne me vois pas en F1 jusqu'à 45 ans comme Fernando (Alonso), mais 39-40 pourquoi pas. Aujourd'hui, il n'y a même pas besoin de discuter de la suite, ça ne me préoccupe pas. On est tous concentrés dans l'équipe pour essayer de faire progresser cette voiture. Ayao (Komatsu, le directeur de l'écurie Haas) me fait confiance et je fais confiance à Ayao. L'option (pour une prolongation de contrat), elle est en faveur de Haas. Donc, c'est avec eux qu'on parlera directement, plus tard. Il n'y a pas forcément de date limite. C'est pendant l'été normalement que tout le monde discute. Donc, je pense que c'est là où ça se fera aussi."
Q : Comment expliquez-vous cette saison 2026 compliquée pour vous et Haas ?
R : "Le début de saison, quand la performance était plutôt bonne, on a eu beaucoup de malchance. Et c'est là où il fallait capitaliser et marquer les points. Parce qu'on a eu beaucoup moins de performance ensuite. La voiture de sécurité en Australie, la mauvaise stratégie en Chine... là, on aurait dû marquer beaucoup de points. Et ensuite, on a eu de gros problèmes sur la voiture, donc on n'était pas rapides du tout. Mais je pense qu'on va pouvoir remonter la barre. On travaille bien pour retourner dans les points et en Q3, c'est notre objectif. On va essayer de nouvelles pièces ce week-end et on en amènera encore après, donc ça devrait aller dans la bonne direction. Est-ce que ça sera assez ? On ne sait pas. En tout cas, l'équipe pousse pour développer la voiture et qu'on arrive à être un peu mieux placés."
