Le timing c'est important. Ça l'est sur un terrain, ça l'est aussi en dehors. Prenons l'exemple de Raúl Asencio. Quand il a été impliqué dans le partage de vidéos intimes filmées sans consentement par deux jeunes femmes dont une mineure de 16 ans, le Real Madrid a fait tout ce qu'il a pu pour défendre le défenseur central formé au club. Avec son armée d'avocats, la Casa Blanca a appuyé son canterano devenu un titulaire avec Carlo Ancelotti et un rival de Pau Cubarsí, phénomène de précocité au FC Barcelone. Malgré leurs nombreux efforts, relayés par une partie de la presse madrilène, il y a bien eu un procès, hier jeudi, en dépit des excuses du Canarien auprès des plaignantes qui lui ont permis d'éviter une condamnation.
Mercredi, Asencio a de nouveau fait parler de lui, et pas pour parler ballon. Le 14 août dernier, il a été arrêté en état d'ivresse (0,90g par litre d'air expiré quand la limite est fixée à 0,25) au volant de sa voiture. Il a été condamné cinq jours plus tard à une amende de 14.400 euros et à une suspension de permis pendant huit mois. Or cette fois-ci, pas de soutien. En conférence de presse, José Mourinho a confirmé que le joueur de 23 ans, actuellement blessé à la cuisse, était sous le coup d'une procédure disciplinaire.
Le timing donc. L'annonce de sa condamnation est intervenue après la clôture du mercato dans les cinq championnats majeurs européens, tandis qu'il est prié de bien vouloir partir depuis plusieurs semaines. Mourinho ne comptait pas sur lui au départ et il ne changera pas d'avis.
Il y a deux ans, Asencio avait une valeur et Luis de la Fuente l'avait même convoqué en sélection en 2025. La crainte d'un nouveau scandale après l'affaire Luis Rubiales a contribué à son déclassement, avant que sa baisse de rendement sportif ne le relègue progressivement à un rôle de subalterne. Pour autant, le Real Madrid le défendait bec et ongles. Mais il défendait la valeur du joueur, pas l'homme. Désormais, le joueur ne vaut plus autant, il n'a plus la même valeur symbolique non plus et le jeter en pâture n'est dès lors pas un problème car il reste encore quelques marchés ouverts (Turquie et Portugal jusqu'à ce soir, l'Arabie Saoudite jusqu'à lundi) pour l'exfiltrer et que son contrat jusqu'en 2031 à près de 8M€ par an a sans doute été signé de manière prématurée.
Ce n'est pas la première fois qu'Asencio est mis à l'index pour une histoire d'alcool. Lors d'un repas entre coéquipiers la saison dernière, il avait été filmé à la sortie du restaurant dans un état qui ne laissait guère de doute quant à sa consommation du soir. Trop boire, même dans un cadre festif peut être révélateur de problèmes de santé mentale. Cet été, le contrôle de police a été réalisé alors que le joueur était blessé, huit jours avant le début de saison en Liga de son club, et en pleine période d'instabilité personnelle liée au mercato. Le hiatus interroge et laisse supposer qu'en ce moment, Asencio a probablement davantage besoin d'une main tendue que d'une gifle. Le timing, il est toujours question de ça finalement.
