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Aline Pellegrino (directrice de l'Héritage de la FIFA du Mondial 2027) : "Ancrer le football féminin au Brésil"

Aline Pellegrino dévoile la Coupe du monde féminine en 2023.
Aline Pellegrino dévoile la Coupe du monde féminine en 2023.WAGNER MEIER/GETTY IMAGES VIA AFP

La Coupe du Monde 2027 de football féminin pourrait représenter bien plus qu’un simple mois de football au Brésil. Pour Aline Pellegrino, directrice de l’Héritage à la FIFA pour le Mondial, le principal objectif de la compétition est de laisser des changements qui pourront être ressentis dans le football féminin brésilien des années après le coup de sifflet final.

Dans un entretien accordé à Flashscore, Aline Pellegrino a échangé avec Elaine Trevisan et Fran Alberto sur la préparation de la Coupe du Monde, les attentes en matière d’affluence, les stades et, surtout, les plans visant à transformer l’impact du Mondial en actions durables.

La préoccupation concernant l’héritage laissé après 2027 commence au sein même de l’organisation du tournoi. Selon elle, la FIFA travaille actuellement avec 68 domaines fonctionnels pour organiser la Coupe du Monde au Brésil et, pour la première fois dans l’histoire de la compétition, l’héritage est devenu l’un de ces domaines.

L’idée est de faire en sorte que l’impact généré par la compétition ne se limite pas à la période du tournoi. Pour cela, la FIFA a défini trois piliers pour son action au Brésil : développement du football féminin, impact social et infrastructures.

Le premier pilier vise à profiter de la dynamique de croissance de la discipline dans le pays. Pellegrino a évoqué l’évolution des compétitions nationales, qui comptent aujourd’hui trois divisions du Championnat du Brésil, en plus de la Coupe du Brésil, de la Supercoupe et de tournois de formation.

Un héritage au-delà du terrain

Le deuxième pilier concerne l’impact social. La Coupe du Monde sera aussi une occasion d’accroître la présence des femmes dans les postes de direction et d’aborder des questions qui dépassent le cadre du football, notamment la lutte contre les violences faites aux femmes et la nécessité de politiques publiques.

La structure même de la FIFA au Brésil, selon Pellegrino, présente une majorité féminine. Sur les quatre directeurs exécutifs, trois sont des femmes, tandis qu’elles représentent 66 % des collaborateurs du bureau de l’organisation dans le pays.

Formiga et Aline Pellegrino ont dévoilé le trophée de la Coupe du Monde
Formiga et Aline Pellegrino ont dévoilé le trophée de la Coupe du MondeCARL DE SOUZA / AFP

Le troisième pilier concerne les infrastructures. L’objectif n’est pas nécessairement de construire de nouveaux stades, mais de réfléchir à la manière dont les installations sportives existantes peuvent être davantage investies par les femmes et les jeunes filles.

Un record d’affluence attendu en 2027

La Coupe du Monde arrive également au Brésil avec l’espoir d’un nouveau record d’affluence. Pellegrino a rappelé que l’édition 2019, en France, avait attiré environ 1,1 million de spectateurs dans les stades.

Quatre ans plus tard, l’édition organisée en Australie et en Nouvelle-Zélande a approché les 2 millions.

"L’attente est que ce chiffre continue d’augmenter", a déclaré Pellegrino, qui mise sur le potentiel d’une Coupe du Monde disputée dans l’un des pays les plus passionnés de football.

La préparation des stades figure aussi parmi les priorités. Même si le Brésil a hérité d’infrastructures construites ou rénovées pour la Coupe du Monde 2014, 12 ans se sont écoulés depuis le tournoi masculin et les standards de la FIFA ont évolué.

L’organisation travaille en partenariat avec les villes hôtes, les gestionnaires de stades, la CBF et les gouvernements pour garantir que les enceintes soient prêtes à accueillir les meilleures sélections et joueuses du monde.

L’avenir

Au-delà des chiffres d’affluence ou des infrastructures modernisées, le principal indicateur de réussite de la Coupe 2027 sera, pour Pellegrino, la capacité à transformer les opportunités pour les jeunes filles qui souhaitent jouer au football.

"Il s’agit d’ancrer le football féminin au Brésil. Nous voulons nous assurer que chaque fille, où qu’elle soit au Brésil, si elle veut jouer au football, elle en aura la possibilité", a-t-elle affirmé.

La dirigeante espère également que le football féminin occupera une place croissante à la télévision, sur les plateformes de streaming et dans les grands stades, jusqu’à ce que clubs, athlètes et compétitions fassent naturellement partie des débats sportifs du pays.

L’un des symboles de cette transformation sera justement le Maracanã. Le stade accueillera la finale de la Coupe du Monde 2027 et sera, pour la première fois, le théâtre d’une finale de Coupe du Monde féminine.

Pour Pellegrino, la compétition représente une opportunité historique. Le défi est désormais de faire en sorte que, dans cinq, dix ou vingt ans, le Brésil puisse encore constater les effets de cet héritage.