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Le mercato a fermé ses portes mardi soir, et l'Angleterre a une nouvelle fois écrasé le marché. Près de quatre milliards d'euros dépensés par les clubs de Premier League en un seul été, soit davantage que le précédent record, établi il y a un an. Onze clubs du championnat ont battu leur propre record de transfert, et cinq joueurs ont changé de club pour plus de cent millions.
Chelsea a mené la danse en s'offrant Morgan Rogers, avant de voir Enzo Fernandez rejoindre Manchester City pour un montant équivalent. Elliott Anderson a lui aussi pris la direction de l'Etihad, quand Sandro Tonali s'est engagé à Tottenham. Seul Bradley Barcola a échappé à ce jeu de chaises musicales entre clubs anglais, en quittant le PSG pour Liverpool. Les effectifs sont bouclés, il faut désormais des résultats.
La troisième journée s'étire du vendredi 4 au dimanche 6 septembre, et elle s'ouvre à Portman Road, où Ipswich reçoit un Liverpool encore sans victoire après ses deux nuls d'août. Samedi, Newcastle lance l'après-midi face à un Bournemouth qui ne lui réussit plus depuis six ans, avant que Manchester City, leader et invaincu, n'accueille le promu Coventry à l'Etihad. En fin de journée, dans le Yorkshire, Hull City reçoit une équipe d'Aston Villa toujours à zéro point, toujours sans le moindre but marqué.
Dimanche, Everton reçoit Manchester United. Puis vient le point d'orgue du week-end, à l'Emirates Stadium, avec la 179e confrontation en championnat entre Arsenal et Chelsea, deux équipes qui ont remporté leur deux premiers matchs de championnat.
Ipswich Town - Liverpool : vendredi 4 septembre, 21h00

Ipswich Town retrouve l'élite après une deuxième place en Championship, et Portman Road affiche complet pour l'ouverture de cette troisième journée. L'équipe de Gary O'Neil a battu Sunderland (2-1) avant de sombrer à Old Trafford (5-2), mais elle reste sur dix-huit matchs sans défaite à domicile. Son problème est ailleurs : les Tractor Boys n'ont plus gardé leur cage inviolée depuis 21 matchs de Premier League.
Le promu n'a pourtant pas lésiné cet été, avec plus de 200 millions d'euros investis sur une quinzaine de recrues. Julio Enciso et Abdoul Ouattara ont été arrachés à Strasbourg, Emersonn est venu de Toulouse, Abdul Fatawu de Leicester, Exequiel Palacios de Leverkusen, tandis que Zian Flemming et Florentino ont tous deux été prélevés à Burnley. Une politique à mille lieues de celle qui avait accompagné la descente de 2024-2025.
Liverpool a fait davantage encore, avec plus de 260 millions dépensés, dans un été qui a surtout refermé un cycle. Arrivés tous les deux en 2017, Mohamed Salah et Andy Robertson ont quitté Anfield après neuf saisons, et le recrutement a répondu à ce vide sur deux fronts. Devant, deux ailiers gauches sont venus, Víctor Muñoz depuis Osasuna puis Bradley Barcola, qui a bouclé le mercato des Reds en quittant le PSG dans les dernières heures du marché. Derrière, l'axe a été densifié par le prêt de Ronald Araujo et par Jérémy Jacquet, dont le transfert avait été conclu avec Rennes dès janvier avant son arrivée effective cet été. Le temps d'adaptation se paie comptant : deux points sur six, deux nuls 2-2 contre Newcastle United et Nottingham Forest, et surtout six rencontres de championnat sans la moindre victoire, une série que Liverpool n'a fait pire qu'une seule fois dans son histoire.
L'histoire de l'affiche plaide massivement pour les visiteurs. Ipswich a perdu ses quatre dernières réceptions de Liverpool avec 17 buts encaissés pour un seul inscrit, et les Reds n'ont jamais perdu à Portman Road en six déplacements de championnat. Ils restent aussi invaincus lors de leurs 20 derniers matchs face à un promu, la dernière équipe à les avoir fait tomber dans ce cas de figure étant un Bournemouth entraîné par... Gary O'Neil, en mars 2023. Ajoutez un Alexander Isak auteur de quatre buts en deux apparitions contre Ipswich, dont un triplé sur cette pelouse en décembre 2024 sous le maillot de Newcastle, et la tendance invite à faire confiance à Liverpool pour lancer enfin sa saison.
Pronostic : Victoire de Liverpool @ 1,49 (Betclic)
Explication du pari : ce pari est gagnant si Liverpool s'impose à Portman Road à l'issue des 90 minutes.
Newcastle - Bournemouth : samedi 5 septembre, 13h30

Newcastle ouvre le programme du samedi à St James' Park avec un début de saison honorable, un nul 2-2 contre Liverpool puis une victoire 2-0 à Tottenham, portée par un Anthony Elanga buteur lors des deux rencontres. Le Suédois est même à une réalisation d'égaler Andy Cole, seul joueur des Magpies à avoir marqué lors des trois premières journées d'un exercice de Premier League, en 1994-1995. Mais la façade cache une fébrilité réelle : aucune équipe du championnat n'a subi autant de tirs que Newcastle cette saison, 44 en deux matchs, soit le pire total du club à ce stade depuis 2003-2004.
L'explication tient largement à l'ampleur du chantier estival. Eddie Howe a quitté le banc, laissé à Matthias Jaissle, et le vestiaire s'est vidé de ses cadres avec les départs de Sandro Tonali à Tottenham, de Bruno Guimarães à Arsenal, d'Anthony Gordon à Barcelone et de Kieran Trippier à Wolverhampton. Les Magpies ont réinvesti massivement, avec Matias Fernandez-Pardo arraché à Lille, Nico González recruté à Manchester City, Bazoumana Touré venu de Hoffenheim et Aladji Bamba prélevé à Monaco, mais un nouvel entraîneur et un entrejeu entièrement refait ne trouvent pas leurs automatismes en deux journées.
Bournemouth pointe de son côté à la 14e place, sans victoire, après une défaite 2-1 à Manchester City et un nul 1-1 contre Everton. Les Cherries ont pourtant ouvert le score dans les deux cas, et aucune équipe n'a jamais mené au score lors de ses trois premiers matchs de Premier League sans en gagner un seul. L'été a été plus mesuré qu'à Newcastle, avec le départ de Marcos Senesi à Tottenham et les arrivées d'António Silva du Benfica, d'Álvaro Rodríguez d'Elche et de Juanlu Sánchez du Séville FC.
Reste que cette affiche ne réussit plus du tout à Newcastle. Les Magpies n'ont plus battu Bournemouth lors de leurs huit dernières confrontations en championnat, cinq nuls et trois défaites, la dernière victoire remontant à juillet 2020, à une époque où Eddie Howe entraînait encore les Cherries. Bournemouth a gagné ses deux derniers déplacements à St James' Park et y affiche une moyenne de 1,75 point par match, un ratio que seul Molineux lui inspire mieux parmi les stades qu'il a visités au moins cinq fois. Avec 19 matchs nuls depuis le début de la saison passée, quatre de plus que n'importe quelle autre équipe, la double chance s'impose comme le pari le plus rationnel.
Pronostic : Bournemouth ou match nul @ 1,31 (Betclic)
Explication du pari : ce pari est gagnant si Bournemouth s'impose à St James' Park ou si la rencontre se termine sur un match nul.
Manchester City - Coventry City : samedi 5 septembre, 16h00

Manchester City aborde cette journée en tête avec deux victoires en deux matchs, six buts marqués, deux encaissés, et un large succès 4-1 à Crystal Palace où Erling Haaland et Rayan Cherki ont chacun signé un doublé. Le Français a déjà marqué deux fois et délivré deux passes décisives en deux journées, prolongeant une régularité impressionnante depuis son arrivée.
Enzo Maresca a donc réussi ses débuts dans le fauteuil laissé vacant par Pep Guardiola, et le mercato lui a offert les moyens de sa transition, avec Enzo Fernandez arraché à Chelsea, Elliot Anderson venu de Nottingham Forest, Ayyoub Bouaddi prélevé à Lille et Iliman Ndiaye recruté à Everton. En face, les départs ont été tout aussi lourds, de Sávio à Tottenham à Rodri au Barça, en passant par Tijjani Reijnders en Arabie saoudite et Nico González à Newcastle. Sur le terrain, la continuité saute aux yeux, et l'on ne saurait dire ce qui relève de la patte de l'Italien ou de l'héritage du Catalan : City domine le championnat pour les passes réussies, la précision de passe et la part de passes courtes, avec un taux de réussite qui reste au-dessus des 85 % même sous pression intense. Maresca, passé par le staff de Guardiola avant Leicester et Chelsea, avait de toute façon appris son métier ici.
Coventry effectue de son côté son retour dans l'élite 25 ans après l'avoir quittée, sous la direction de Frank Lampard, légende de Chelsea passée en fin de carrière par Manchester City. Les Sky Blues n'ont pas non plus regardé à la dépense, avec Caleb Yirenkyi venu de Nordsjaelland, Sidiki Chérif de Fenerbahçe, Loum Tchaouna de Burnley ou encore Taiwo Awoniyi de Nottingham Forest, mais les débuts sont difficiles : une défaite 3-0 à Arsenal, puis un revers 1-0 à domicile contre Hull.
La confrontation est un vestige d'une autre époque, la dernière remontant à mars 2002 en deuxième division, et la dernière en Premier League à 2000-01, saison de la relégation des deux clubs. Depuis, City est invaincu lors de ses trente derniers matchs de championnat face à un promu, 27 victoires et 3 nuls, sa dernière défaite dans ce cas de figure remontant à avril 2021 contre le Leeds de Marcelo Bielsa. Haaland a inscrit 19 buts en vingt rencontres face aux promus et n'a jamais affronté Coventry. En face, Lampard n'a gagné que 4 de ses 32 derniers matchs de Premier League, dont un seul sur les 19 derniers. Le scénario semble écrit.
Pronostic : Victoire de Manchester City @ 1,16 (Betclic)
Explication du pari : ce pari est gagnant si Manchester City s'impose face à Coventry à l'issue des 90 minutes.
Hull City - Aston Villa, samedi 5 septembre, 18h30

Hull City boucle le programme du samedi avec un début de saison parfait pour son retour dans l'élite. Sixième de Championship, promu via les barrages, le club de Sergej Jakirovic a battu Manchester United 2-0 au MKM Stadium avant de s'imposer 1-0 à la Coventry Arena. Deux victoires, deux clean sheets, et l'occasion de devenir seulement le deuxième promu à remporter ses trois premiers matchs de Premier League après Bolton en 2001-2002. Jakirovic, lui, ne serait que le quatrième entraîneur de l'histoire du championnat à gagner ses trois premières rencontres sans encaisser le moindre but, après José Mourinho en 2004, Sven-Göran Eriksson en 2007 et Arne Slot en 2024.
Le promu s'est armé en conséquence, avec les arrivées de Nobel Mendy du Rayo Vallecano, du gardien Konstantinos Tzolakis de l'Olympiakos, d'Ilyas Ansah de l'Union Berlin, de Mohamed-Ali Cho de Nice et de Christos Mouzakitis, également prélevé au Pirée.
En face, Aston Villa est méconnaissable. Quatrième la saison passée, vainqueur de la Ligue Europa, le club d'Unai Emery a perdu 4-0 contre Brighton puis 1-0 contre Arsenal, et pointe dans la zone rouge. Pire, il reste la seule équipe de Premier League à n'avoir pas cadré la moindre frappe, une anomalie inédite depuis 2003-2004 sur trois journées. Toujours muet, Villa avait déjà passé ses trois premiers matchs sans marquer la saison dernière, et seul Ipswich, en 1969-70 puis 1970-71, a connu pareille disette deux exercices de suite dans l'histoire du championnat anglais.
L'été explique beaucoup. Morgan Rogers est parti à Chelsea, Ezri Konsa à Arsenal, Youri Tielemans à Manchester United, et Emiliano Martínez également à Chelsea, mais c'est surtout le départ d'Ollie Watkins à Al-Hilal qui laisse un trou béant : Villa a perdu ses quatre derniers matchs de Premier League disputés sans lui sur un cumul de 10-1, et sa dernière victoire en son absence remonte à novembre 2022. Les arrivées de Johan Manzambi, Nicolas Jackson, Ibrahim Mbaye ou João Gomes n'ont pas encore produit le moindre effet.
L'historique plaide pourtant pour les visiteurs, vainqueurs de six de leurs huit confrontations de Premier League avec Hull, et Emery n'a jamais perdu contre un promu avec Villa.
Pronostic : Hull City ou match nul @ 1,81 (Betclic)
Explication du pari : ce pari est gagnant si Hull City s'impose face à Aston Villa ou si la rencontre se termine sur un match nul.
Everton - Manchester United, dimanche 6 septembre, 15h00

David Moyes retrouve son ancien club au Hill Dickinson Stadium, où Everton a pris quatre points sur six depuis la reprise. Les Toffees ont battu Crystal Palace 2-0 pour leur unique match à domicile, avant d'arracher un nul 1-1 à Bournemouth grâce à une égalisation de James Tarkowski dans le temps additionnel. Sur le plan du jeu, la marque de fabrique est claire : aucune équipe n'a produit plus d'attaques directes qu'Everton en deux journées, et seuls Hull City et Liverpool progressent plus vite vers le but adverse.
Le mercato a beaucoup remanié le secteur offensif, avec les départs d'Iliman Ndiaye à Manchester City, de Dwight McNeil à Crystal Palace, de Beto à la Fiorentina et de Tim Iroegbunam à Hull City. Thierno Barry se retrouve donc en pointe, et il tient son rang : hors penalties, seuls Bryan Mbeumo et Alexander Isak cumulent davantage de buts attendus que lui cette saison, même si son 1,48 xG contre Bournemouth constitue le plus haut total sans marquer depuis un Erling Haaland resté muet contre Newcastle en novembre 2025.
Manchester United a connu le pire départ possible en s'inclinant 2-0 au MKM Stadium contre un Hull tout juste promu, avant de répondre par un large succès 5-2 contre Ipswich à Old Trafford, avec un triplé de Bruno Fernandes. Michael Carrick disputera ici son vingtième match de Premier League depuis son retour sur le banc, et personne n'a pris plus de points que les Red Devils sur cette période. L'été a servi cette dynamique, avec Carlos Baleba arraché à Brighton, Andrey Santos recruté à Chelsea et Youri Tielemans venu d'Aston Villa pour densifier l'entrejeu.
Les statistiques d'affrontement penchent nettement du côté des visiteurs. Everton n'a gagné que trois de ses vingt-deux dernières confrontations de championnat avec United, et Moyes affiche vingt-trois défaites face aux Red Devils en Premier League, un total que seul Harry Redknapp dépasse. Mais plutôt que la victoire à l'extérieur, c'est un homme qu'il faut suivre. Fernandes a été impliqué sur onze buts en treize matchs de championnat contre Everton, six réalisations et cinq passes décisives, un total record pour un joueur mancunien face aux Toffees, à égalité avec David Beckham et Ryan Giggs. Auteur d'un triplé et d'une passe décisive il y a une semaine, le capitaine portugais arrive lancé, et un but comme une offrande à Mbeumo, meilleur joueur du championnat pour les courses dans le dos de la défense, valide le pari.
Pronostic : Bruno Fernandes buteur ou passeur décisif @ 1,95 (Betclic)
Explication du pari : ce pari est gagnant si Bruno Fernandes marque ou délivre une passe décisive face à Everton.
Arsenal - Chelsea : dimanche 6 septembre, 17h30

Le point d'orgue du week-end oppose deux Londoniens qui n'ont pas encore perdu le moindre point. Arsenal a bâti son début de saison sur sa rigueur défensive, en concédant le moins de tirs, le moins de tirs cadrés et les buts attendus les plus faibles du championnat, avec un seul tir cadré subi en deux matchs. Bukayo Saka, lui, a marqué lors des deux journées et vise une série de trois, qu'aucun joueur du club n'a réussie en début de saison depuis Alexandre Lacazette en 2020-2021.
Le mercato des Gunners a été celui de l'ajustement, avec Bruno Guimarães arrivé de Newcastle pour tenir l'entrejeu, Ezri Konsa d'Aston Villa pour épaissir la charnière et Christos Tzolis en solution supplémentaire sur les côtés. Trois recrues ciblées qui expliquent en partie l'imperméabilité actuelle du bloc de Mikel Arteta.
Chelsea arrive avec trois succès en trois matchs toutes compétitions confondues, mais dans un tout autre registre. Les Blues ont vu douze buts en deux rencontres de championnat, sept marqués et cinq encaissés, et João Pedro a marqué comme délivré une passe décisive lors des deux journées, une première pour un joueur du club en ouverture d'exercice. Le mercato a nourri cette débauche offensive, avec Morgan Rogers récupéré à Aston Villa et Emiliano Martínez installé dans les cages, tandis qu'Enzo Fernandez partait à Manchester City.
Reste l'histoire, et elle est sans appel. Arsenal est invaincu lors de ses neuf dernières confrontations de championnat avec Chelsea, sa meilleure série contre les Blues depuis les 19 matchs alignés entre 1995 et 2005. Chelsea a perdu ses quatre derniers déplacements chez son voisin sur un cumul de 11-2 et n'y a plus gagné depuis août 2021. Ajoutez 22 victoires pour une seule défaite sur les 29 derniers derbys londoniens des Gunners, et la lecture s'impose : c'est la défense la plus hermétique du pays contre une qui prend l'eau à chaque sortie.
Pronostic : Victoire d'Arsenal @ 1,65 (Betclic)
Explication du pari : ce pari est gagnant si Arsenal s'impose face à Chelsea à l'issue des 90 minutes.
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