La cinquième étape du Tour entre Lannemezan et Pau constituait la première opportunité pour les purs sprinteurs de briller. Alors même si depuis le départ à Barcelone, les équipes ont sérieusement ferraillé, il était hors de question de passer à côté, surtout que la côte de Baleix (3e catégorie, 1,3km à 7,5% de moyenne), uniquement difficulté répertoriée du jour, était située à 25 kilomètres de l'arrivée.
Le scenario était si limpide qu'il n'y a eu qu'un seul échappé : Baptiste Veistroffer. Le Français, premier attaquant de l'édition 2026, a passé l'essentiel de son temps à tracter son leader Arnaud de Lie, qui a finalement jeté l'éponge en fin d'étape lundi. Cette escapade à l'avant s'est faite en solitaire, avec toujours moins de 4 minutes d'avance, ce qui n'a pas manqué de le faire marronner.
Avec le mercure qui chatouillait les 40 degrés et la peur du lendemain avec la première étape pyrénéenne, la fuite du coureur de Lotto-Intermarché était vouée à l'échec. Trente-cinq ans moins trois jours après ses 234 km en solo sur les routes de Normandie, Thierry Marie n'allait pas avoir de successeur, d'autant que Veistroffer n'avait pas vraiment le coeur à chanter comme son illustre aîné.
Poches de glaçons, bidons déversés sur le visage et la nuque : refroidir le corps a été la principale activité du peloton jusqu'à la dernière heure de course. Même Christian Prudhomme, le directeur du Tour, a fait une halte à Castelnau-Magnoac, le fief d'Antoine Dupont, pour se désaltérer et faire une petite photo souvenir.
À l'approche du final, les sprinteurs ont organisé leurs trains pour Pau. Ceci dit, ils sont très rapides et il y en a qui ont eu des problèmes. À la bascule de la côte de Baleix, Fred Wright, Kasper Asgren et Valentin Paret-Peintre sont sortis mais ils n'ont pas pu faire la jonction. À moins de 15 bornes de la ligne, Veistroffer roffer a été repris.
C'était le moment des grosses cuisses. Le final a été décousu, avec plusieurs vagues. Et c'est le mieux placé dans les 300 mètres qui s'est imposé : Olav Kooij s'est imposé avec plus d'un vélo d'avance et donné raison à Décathlon-CGA CGM de l'embarquer. Il n'a même pas eu besoin de Cees Bol pour devancer Max Kanter (XDS-Astana) et Tim Merlier (Alpecin-Deceuninck).
Pris dans une cassure après une chute dans le final et manifestement touché au genou dans le final, Torstein Træen conserve son Maillot Jaune.
