Un coup de 30 coureurs qui part, un outsider qui voit l'écart grandir et le rapprocher du Maillot Rouge et deux cols de première catégorie qui s'enchaînent avec une arrivée au sommet : cette 12e étape entre Vera et le Calar Alto représentait la quintessence de la Vuelta, soleil écrasant en prime.
Dans l'ascension de l'Alto de Velefique (1re catégorie, 13,1km à 7,2% de moyenne), Richard Carapaz (EF Education-Easy Post), 5e du général, est sorti du peloton des favoris, tandis que l'écart avec l'échappée était au-dessus des 6 minutes, ce qui permettait encore à Jakob Omrzel (Bahrain Victorious) de viser une place sur le podium s'il avait tout pour lui. Et manifestement, il avait la bonne patte. Malgré la présence de son coéquipier Santiago Buitrago, meilleur grimpeur qui a basculé en tête de l'Alto de Cóbdar (2e catégorie, 4,9km à 4,5% de moyenne) plus tôt dans la journée, le Slovène, 10e du général au départ, a accéléré le tempo et seul Léo Bisiaux (Décathlon-CGA CGM) a pu prendre sa roue. Carapaz a été repris tandis que Buitrago a pu recoller pour de nouveau prendre les points du grimpeur.
Et à l'attaque du Calar Alto, Décathlon-CGA CGM a mis la gomme. En supériorité numérique avec Matthew Riccitello, Oscar Chamberlain et Gregor Mühlberger pour appuyer Felix Gall, l'équipe française fait le forcing pour mettre en difficulté le leader Enric Mas (Movistar), Primoz Roglic (RedBull-Bora hansgrohe), Oscar Onley (Netcompany-INEOS) et Carapaz. L'Autrichien a placé une attaque, sans lâcher Mas ni Roglic.
Pendant que les trois premiers du général se regardaient en chiens de faïence, Omrzel a poursuivi son show, tandis qu'il lui restait encore 11,7km de pente à gravir et 4'05 d'avance sur le groupe Maillot Rouge. Précisément, tandis que Carapaz rentrait, Mas a placé une attaque saignante qui a laissé Gall et Roglic collés au bitume. Pendant que Mas retrouvait Raúl García Pierna, parti dans l'échappée matinale, Gall se chargeait seul de la chasse, une trentaine de secondes plus bas. Un choix étonnant car Carapaz, décidément jamais battu, rentrait avec Mühlberger sur le porte-bagage et que Bisiaux a été sommé de s'arrêter pour attendre son leader. Dans le même temps, Luke Tuckwell a pu porter assistance à Roglic.
Pendant ce temps-là, Omrzel ne faiblissait pas. Pour son premier Grand Tour, le vainqueur du Baby Giro l'an dernier s'est imposé avec 2'56 d'avance sur Mas, ce qui lui permet également de grimper à la 6e place du général. Même quand Tadej Pogacar n'est plus là, la Slovénie continue de briller. Gall, Roglic et Carapaz sont arrivés avec 3'23 de retard sur le héros du jour et ont finalement limité la casse par rapport au Majorquin, transfiguré sur cette Vuelta.
