Pour le premier match international de rugby sous le toit couvert du magnifique "Te Kaha", successeur du mythique Lancaster Park détruit après le tremblement de terre qui avait ravagé la ville en 2011, les Bleus en maillot blanc ont résisté jusqu'au bout face aux hommes en noir, en marquant quatre essais.
Depuis le 13 juin 2009 et la victoire 27-22 à Dunedin, avec un certain William Servat au talonnage, désormais entraîneur des avants bleus, l'équipe de France avait enchaîné 12 défaites d'affilée contre les hommes en noir en Nouvelle-Zélande. Et donc une 13e désormais, à classer dans la catégorie "défaite encourageante" comme la première de la tournée en 2025.
La rencontre avait pourtant commencé magnifiquement pour les hommes de Fabien Galthié, avec Damian Penaud qui visitait l'en-but néo-zélandais dès la 2e minute, après s'être intercalé au cœur de la ligne d'attaque depuis son aile, sur une petite passe parfaite de Jalibert.
Une belle façon pour l'ailier de l'UBB, avec ce 41e essai international, de fêter sa 60e sélection, après avoir été écarté de l'équipe de France durant le Tournoi. Mais la suite a été plus difficile pour lui, notamment sur ses montées défensives, et avec son remplacement dès la mi-temps.
Les deux équipes se sont rendues coup pour coup avec cinq essais Blacks, dont un doublé du demi de mêlée Cam Roigard (40e, 50e), et deux nouvelles réalisations côté XV de France, par Hastoy d'abord (47e), sur un magnifique petit côté de Jalibert dans un mouchoir de poche avec Brau-Boirie, puis par Attissogbe (58e), décalé sur son aile par Brau-Boirie.
Brau-Boirie, la poisse
Jeu à réaction côté bleu, animation plus posée du côté des Blacks, avec les 46e et 47e essais d'un autre serial marqueur, l'ailier Will Jordan (8e, 70), la rencontre est restée serrée en permanence, avec cette dernière réalisation de Jalibert (77e), pour permettre une dernière balle de match à la France.
Mais après le coup d'envoi, le jeu au pied de Nolann Le Garrec a été capté sans problème par les Néo-Zélandais, qui ont conservé le ballon sans trop de soucis jusqu'à la sirène pour offrir une première victoire à leur nouveau sélectionneur, Dave Rennie, nommé après l'éviction de Scott Robertson en mars.
Sur l'ensemble de la rencontre, le score est cependant assez logique, avec une domination plutôt côté néo-zélandais et notamment un ouvreur des Hurricanes, Ruben Love, intenable pour sa première titularisation en 10, qui a montré en permanence pourquoi Beauden Barrett et ses 145 sélections était sur le banc, après avoir déjà initié le second essai black du match, par le flanker Peter Lakai (20e).
Battus sur le fil, après le doublé de Will Jordan, désormais à deux longueurs du record néo-zélandais de Doug Howlett, les hommes de Fabien Galthié pourront longtemps regretter ces deux actions de la 54e et de la 55e: ce ballon que Fabien Brau-Boirie ne réussit pas à aplatir dans l'enbut d'abord, sur une merveille de passe au pied de jalibert, puis cet essai du même centre palois refusé pour un en-avant millimétrique en l'air de l'arrière Max Spring.
"On arrive avec une équipe qui n'est pas l'équipe de France, mais clairement, c'est la meilleure équipe du moment", avait averti Fabien Galthié jeudi en annonçant son XV de départ.
Et cette équipe a failli l'emporter, décrochant deux points de bonus, offensif et défensif, qui pourraient être très importants pour le classement final du groupe de l'hémisphère nord, composé des équipes du Tournoi des six nations.
Les Bleus vont désormais retourner à Brisbane pour affronter les Wallabies australiens dans une semaine, avant de partir à Tokyo pour affronter les Japonais le 18 juillet.
