La justice examine la demande d'annulation du non-lieu de Jegou et Auradou

Le tribunal de Mendoza ce mercredi.
Le tribunal de Mendoza ce mercredi.ANDRES LARROVERE/AFP

La Cour suprême de la province argentine de Mendoza a entamé ce mercredi l'étude de la demande d'annulation du non-lieu dont ont bénéficié les rugbymen français Oscar Jegou et Hugo Auradou, accusés de viol en 2024 et déclarés innocents à deux reprises.

Me Natacha Romano, l'avocate de la plaignante, une Argentine de 39 ans, a exposé ses arguments en faveur de la réouverture de la procédure contre les deux joueurs qui ont suivi l'audience en visioconférence depuis la Nouvelle-Zélande où ils font partie du groupe du XV de France pour disputer le Championnat des Nations.

"Nous demandons l'annulation du non-lieu, la réouverture de l'enquête et la révocation des procureurs qui sont intervenus", a déclaré l'avocate à l'AFP à l'issue de l'audience devant la plus haute juridiction régionale.

Elle argue d'une "enquête défaillante et d'une procédure d'expertise irrégulière".

La Cour suprême de Mendoza, qui a également écouté les arguments de la défense, n'est soumise à aucun délai pour rendre sa décision.

Selon l'avocat argentin des joueurs, Me Rafael Cuneo Libarona, la Cour "va prendre une vingtaine de jours pour analyser le dossier, les réquisitions du parquet, les arguments de la partie civile et ceux de la défense".

Il a dit ne pas douter de la confirmation du non-lieu et a soulevé l'éventualité de poursuites contre la plaignante pour dénonciation mensongère.

Mi-février 2025, la justice argentine avait confirmé en appel le non-lieu prononcé quelques mois plus tôt en première instance. La chambre d'appel du tribunal de Mendoza avait conclu à un "manque d'éléments qui permettent de soutenir une accusation sérieuse".

Jegou, 22 ans, et Auradou, 23 ans, avaient été inculpés début juillet 2024 de viol aggravé, car en réunion, de la plaignante dans leur chambre d'hôtel de Mendoza, au terme d'une soirée alcoolisée après un match du XV de France contre les Pumas argentins. Relations sexuelles consenties, selon la défense des joueurs, non consenties et très violentes, selon la plaignante.

Me Romano a fait état à plusieurs reprises de sa détermination, sur instruction de la plaignante, à épuiser tous les recours judiciaires. D'abord vers l'instance suivante et supérieure, la Cour suprême de la nation à Buenos Aires, puis éventuellement auprès de la Cour interaméricaine des droits de l'Homme