Les montées en troisième division, qu'elle s'appelle National ou désormais Ligue 3, sont très souvent âpres et serrées. Des considérations que l'US Thionville Lusitanos a royalement ignorées la saison dernière. Le club mosellan a mis la concurrence très loin dans le rétroviseur et a même eu le luxe de soigneusement préparer son arrivée au sein du football professionnel français.
Souvent, la dynamique joue encore au moment d'aborder la nouvelle saison. Cela a fonctionné à Aubagne avec une victoire (3-0). Et même contre Caen qui a mené 2-0 après seulement 16 minutes de jeu, la cohésion collective a permis de renverser Malherbe en inscrivant 4 buts consécutifs (4-3). Ce n'est pas un fait nouveau : le club a empilé quatre accessions lors des cinq dernières années. C'est simple : depuis la fusion du Thionville FC et de l'AS Portugais Saint-François, la nouvelle entité est inarrêtable.
Ancien joueur professionnel formé à Metz, Julien François est devenu l'incarnation de cette trajectoire fulgurante, même s'il ne veut pas s'approprier seul ce succès. "C’est un projet lancé il y a plusieurs années, en partant de très bas, a-t-il expliqué à Moselle TV après la validation du titre. En 2021, à la création du club, on était en R2 (6e division, ndlr). On a ensuite enchaîné les montées. L’an dernier, en National 2, on avait terminé 4e. Aujourd’hui, on arrive au bout d’une première étape fixée avec le maire Pierre Cuny et le président François Ventrici. C’est exceptionnel, cela repose sur un travail collectif entre la ville, le club, le staff et les joueurs. Tout le monde doit être félicité".
Outre le maintien, Thionville a de nombreux objectifs à réaliser pour entrer dans les clous de la Ligue 3 : création d’une société Sous Seing Privé (SSP), contrats professionnels, travaux de modernisation du stade. Le centre de formation n'est pas encore à l'ordre du jour mais, en cas de pérennisation du club dans le giron professionnel, devenir la troisième pointe du triangle lorrain avec Metz et Nancy peut devenir un accomplissement.
Voilà donc l'USTL en tête du championnat, ex-aequo avec... La Roche-sur-Yon, autre promu qui a remporté ses deux premiers matches. Malgré la cohorte de départs, une norme dans des clubs qui travaillent avec des contrats fédéraux, Thionville a été confronté aux mêmes difficultés inhérentes à un club de son standing : comment faire pour renforcer son équipe à moindre frais ?
Ils étaient quatre au coup d'envoi contre Aubagne puis contre Caen : Enzo Montet, Kylian Tubio, Bourama Diarra et Joseph Atangana. Manifestement, ils sont déjà bien incorporés au projet. Avec seulement sept arrivées, Thionville a gardé une colonne vertébrale car la saison sera longue, notamment sur le plan mental, et il faut conserver des automatismes pour engranger rapidement le plus de points possibles. Volonté sportive, volonté politique : le projet thionvillois a tout pour s'ancrer dans le territoire et en Ligue 3 car la seconde composante n'est pas toujours présente et c'est ce qui met souvent les clubs en difficulté quand les nuages arrivent.
