"La guerre des nerfs" : Hoarau analyse une victoire de la France qui renforce son statut de favori

"La guerre des nerfs" : Hoarau analyse une victoire de la France qui renforce son statut de favoris
"La guerre des nerfs" : Hoarau analyse une victoire de la France qui renforce son statut de favorisReuters

Un penalty de Mbappé, un arbitrage laxiste et des nerfs d'acier : l'équipe de France a validé son billet pour les quarts du Mondial 2026 face au Paraguay (1-0). Entre la masterclass défensive d'Upamecano et la maturité d'un collectif taillé pour le titre, le consultant Flashscore Guillaume Hoarau analyse ce succès au forceps (1-0), encense le "soldat" Upamecano et explique pourquoi la concurrence peut trembler.

L'équipe de France a validé son ticket pour les quarts de finale de la Coupe du monde 2026 en s'imposant 1-0 face au Paraguay, grâce à un penalty transformé par Kylian Mbappé après une faute sur Désiré Doué dans la surface. Une victoire arrachée dans la douleur, face à un adversaire qui a multiplié les fautes sans être inquiété par l'arbitrage. Au lendemain de cette qualification, Guillaume Hoarau livre son analyse pour Flashscore, saluant la maturité des Bleus dans un match piège, la performance XXL de Dayot Upamecano en défense et la valeur de ce genre de succès dans la construction d'une équipe championne.

"Une guerre des nerfs"

Interrogé sur la physionomie très heurtée de la rencontre, marquée par les fautes répétées des Sud-Américains et une gestion très permissive de l'arbitre, qui n'a distribué aucun carton à l'adversaire, Guillaume Hoarau n'hésite pas à parler de bataille psychologique : "C'était la guerre des nerfs, autant pour les joueurs que pour nous, téléspectateurs. C'est typiquement le genre de match qui peut te faire sortir de la compétition si tu perds ton calme. Le Paraguay a énormément cassé le rythme avec des fautes et il est vrai que l'arbitre a laissé jouer, qu'il n'a pas imposé de limites. Albert Camus disait que la liberté sans limite, c'est de la tyrannie, de la destruction. C'est exactement ce qui s'est passé : c'est le foot qui en a payé les frais."

Le consultant reconnaît que cette version du Paraguay a privé les supporters français du spectacle qu'ils espéraient : "D'un côté, on avait envie de revoir l'équipe de France avec son armada offensive. Les supporters français, devant leur télé ou au stade, voulaient encore rêver d'émotion, mais d'une émotion de joie. Et là, c'était tout l'inverse, avec une équipe qui n'avait qu'un objectif : faire déjouer son adversaire. Elle y est parvenue, elle a réussi à pourrir le match, entre guillemets."

Mais pour Hoarau, la vraie force des Bleus s'est justement lue dans leur sang-froid face à cette provocation permanente : "L'équipe de France, elle, n'a pas bougé. Le danger était avant tout mental, et ils sont restés concentrés. Ils n'ont pas répondu à la provocation, même si par moments c'était limite. C'est une vraie preuve de maturité, et c'est aussi comme ça que les grandes équipes gagnent. Ils avaient besoin de ce match référence, de ce match où l'on souffre. Comme l'a dit Kylian Mbappé, on peut aussi gagner avec ce football-là."

Il revient enfin sur les propos racistes de José Luis Chilavert, qui avait qualifié l'équipe de France "d'équipe africaine", contrairement à celle que lui aurait affrontée en 1998 : "Chilavert a pointé du doigt, entre guillemets, l'équipe africaine, je ne sais pas très bien sur quelles valeurs ni sur quel point il s'appuyait pour dire ça. Mais on a montré que même si l'on a des origines autres que françaises, toutes ces valeurs, une fois réunies, donnent cette équipe de France prête à tout surmonter."

Upamecano, le patron

Alors que la compétition avait jusqu'ici surtout mis en lumière les atouts offensifs tricolores, c'est Dayot Upamecano qui a impressionné Hoarau face au Paraguay, aux côtés de William Saliba, élu homme du match par Flashscore Ratings avec 8,5 et 7,9 pour Upamecano. Une performance qui, selon l'expert Flashscore, rejaillit sur l'ensemble du collectif : "Quand tu es attaquant, ça rajoute de la confiance, même dans ton rôle offensif, de savoir que derrière ça tient la route. Dans les moments où tu es moins bien, où tu manques tes premières occasions, savoir que derrière rien ne bouge, que c'est costaud, que c'est clean sheet à chaque fois, ça te permet de rester dans ton match."

Le consultant ne tarit pas d'éloges sur le défenseur du Bayern Munich : "Upamecano, aujourd'hui, c'est le soldat, pour moi c'est le capitaine de la défense française, et il a été énorme une fois de plus. Tout ce qu'il dégage, la sérénité, la puissance, la vitesse, donne l'impression qu'à lui seul il tient la baraque derrière."

"C'est très important pour l'équipe de France, et je pense que c'est aussi ce qui permet à Didier Deschamps de laisser le trio, le quatuor offensif s'exprimer et jouer ultra-offensif, parce que derrière, la défense est solide, elle ne bouge pas. Donc bravo à Dayot Upamecano, parce qu'il réalise une énorme Coupe du monde. Et s'il vient au PSG, je pense qu'on lui trouvera une petite place", sourit celui qui a porté le maillot du PSG entre 2008 et 2013 et reste très attaché au club parisien.

Ces victoires qui forgent les champions

Score étriqué, but venu d'un penalty obtenu par Doué, entré en jeu à la place de Bradley Barcola, et transformé par Mbappé : pour Guillaume Hoarau, ce genre de succès arraché dans la douleur fait partie intégrante du parcours d'une équipe destinée à aller au bout d'une compétition. "Le football moderne, ce n'est pas des équipes qui gagnent tous leurs matchs 4-0, ça n'existe pas, rappelle-t-il. C'est surtout lors de ces matchs un peu bourbiers que la confiance se construit, quand tu sais que tu as une grosse équipe. Ça rajoute de la certitude de savoir que, même dans ces matchs où il faut mettre les mains dans le cambouis, tu es capable de le faire."

Il estime que cette qualification, malgré la physionomie très particulière de la rencontre, a fait grandir un peu plus les Bleus : "Malgré le folklore et malgré ce qu'a été ce match, je pense que l'équipe de France a gagné encore en certitude hier. Beaucoup de gens ont dû se dire que s'ils arrivaient à passer ce match piège, ça allait devenir très compliqué de les battre. Ces matchs où il faut savoir souffrir, faire preuve de patience et de caractère, c'est exactement ce qui s'est passé hier."

Hoarau s'attarde ensuite sur le rôle joué par Doué, qui a démarré la rencontre sur le banc mais qui a débloqué ce 8e de finale très tendu en obtenant un pénalty seulement six minutes après son entrée en jeu : "Doué, je pense qu'il était un cran derrière dans son duel avec Barcola. Barcola était titulaire, et puis Doué rentre : il l'a dit lui-même, c'est une équipe, donc il finit le travail. C'est lui qui provoque le penalty, avec de magnifiques dribbles et un bel enchaînement. Et Mbappé, derrière, garde lui aussi son sang-froid pour transformer ce penalty. Bravo à eux, et l'équipe a fermé la boutique derrière."

Il conclut sur la solidité globale de cette équipe de France, qu'il considère désormais comme la grande favorite de la compétition : "Je l'ai déjà dit : l'équipe de France peut avoir un mauvais jour, mais elle ne prendra jamais deux, trois ou quatre buts tant sa défense est costaud. C'est exactement le genre de victoire qui construit une équipe championne, et ils ont forgé une fois de plus leur caractère de vainqueur."

Après la fin des seizièmes de finale et avoir vu toutes les différentes grosses équipes à l'oeuvre lors d'un tour à élimination directe, qui a renvoyé l'Allemagne, les Pays-Bas, le Sénégal, le Japon et la Croatie à la maison, Hoarau assure en ce début des huitièmes de finale : "Aujourd'hui, les Bleus peuvent se dire qu'ils sont prétendants pour gagner cette Coupe du monde. On a vu que les autres nations ont, elles aussi, des failles physiques, tout le monde en a. Mais cette équipe de France, elle, est solide à tous les niveaux. Elle a remis une couche sur le fait qu'elle est la grande favorite de cette compétition."

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