Un peu plus de neuf mois après cette prestation désastreuse, Rüdiger et Tah doivent désormais tenir la défense allemande unie dans la quête d’une cinquième étoile. Après le forfait de Nico Schlotterbeck (blessure du ligament interne à la cheville), le sélectionneur Julian Nagelsmann fait confiance à ses cadres de plus de 30 ans au physique imposant. Un problème ? Rudi Völler se veut rassurant.
Rüdiger est certes "un autre profil" que le très technique Schlotterbeck, mais il possède "ses qualités dans le jeu aérien et dans les duels grâce à sa vitesse", a déclaré le directeur sportif de la DFB sur MagentaTV. Il a également salué la "grande expérience" du joueur de 33 ans, qui vient tout juste de prolonger son contrat avec le recordman de titres en Ligue des champions, le Real Madrid.
La seconde période contre la Côte d’Ivoire donne de l’espoir
Mais la complémentarité avec Tah, de trois ans son cadet, fonctionne-t-elle toujours aussi bien que lors de l’Euro à domicile il y a deux ans ? La répartition des rôles a évolué depuis. "C’est lui le nouveau patron", a reconnu Rüdiger : "Chacun a son moment, maintenant c’est le sien." Tah, qui disputera jeudi (22h00) son 50e match officiel avec la sélection lors de la finale de groupe face à l’Équateur à East Rutherford, a "encore franchi un vrai cap" au Bayern.
Rüdiger (84 sélections) doit aussi bénéficier des nouvelles qualités de leader de Tah. La seconde période contre la Côte d’Ivoire (2-1) est encourageante. Même si Tah et Rüdiger n’ont pas encore parfaitement trouvé leurs automatismes, la sélection allemande n’a pas encaissé de but et a renversé la rencontre.
Depuis la défaite en Slovaquie, Nagelsmann n’a plus aligné le duo d’entrée. Trois jours après cette prestation très malheureuse, Rüdiger a de nouveau débuté face à l’Irlande du Nord (3-1) et a cédé sa place à Tah, entré en jeu en fin de match. Ensuite, l’ancien joueur de Stuttgart a été blessé plus longtemps, et en mars, le sélectionneur a opté pour Tah et Schlotterbeck dans l’axe.
Rüdiger a accepté sans broncher son nouveau rôle, ce qui lui a valu beaucoup de respect au sein du groupe allemand, et il a couvert ses "héritiers" d’éloges. Même s’il a reconnu que ce n’était pas facile "d’être sur le banc". Selon Rüdiger, Tah "impose naturellement sa présence", rien que par son physique. Et Schlotterbeck possède "un pied gauche en or".
Rüdiger "assez expérimenté" pour dépanner
C’est justement là que Jürgen Klopp voit un problème. "Nous avons l’habitude que Schlotterbeck porte le ballon au milieu, puis joue à gauche ou en diagonale. C’est un élément important du jeu. Mais sans lui, nous ne pouvons plus jouer cette diagonale", a-t-il expliqué.
Rüdiger a "vraiment bien assuré" lors de son retour express. Il est "assez expérimenté" et évolue "depuis des années au plus haut niveau". Mais on ne peut pas lui greffer un "pied gauche".
Le jeu de relance du quadruple champion du monde va donc évoluer dès le match contre l’Équateur. La sélection allemande ayant déjà atteint son premier objectif en terminant en tête du groupe, Tah et Rüdiger peuvent désormais se préparer pour la phase à élimination directe. Ils ne veulent surtout pas revivre une soirée comme celle de Bratislava.
