La Suède n'a pas changé de sélectionneur comme a pu le faire la Tunisie, précisément après une déroute contre les Blagult. Mais après avoir sombré contre les Pays-Bas (5-1), Graham Potter a taillé dans le vif : le gardien titulaire Kristoffer Nordfeldt a cédé sa place à son numéro 2, Jacob Widell Zetterstrom.
Faire tourner à ce poste, c'est plutôt quand il s'agit d'un troisième de groupe sans enjeu sportif. Or là, il s'agissait d'une question de qualification, car la Suède devait impérativement un point contre le Japon pour valider sa place en 1/16 de finale en tant que meilleur troisième. Pari réussi mais était-ce fondamentalement grâce à ce changement ?
Nordfeldt, coupable idéal
Ce n'est pas pour accabler le vétéran de 37 ans qui évolue à l'AIK Stockholm, mais son match contre les Oranje a ressemblé à un jour sans, guère aidé non plus par une défense à trois trop exposée : 2 arrêts sur 7 tirs, un jeu long au pied défaillant (3/14) et surtout aucune intervention suffisamment décisive pour sauver les meubles.
Cependant, quand on décortique les buts encaissés, on ne voit pas trop ce qu'il aurait pu faire de mieux.
Dès la 5e minute, les failles ont été exposées puisque Brian Brobbey est venu couper un centre de Cody Gakpo entre Gustaf Lagerbielke et Isak Hien. À la 17e minute, c'est Andreas Lindelöf qui a été trop léger face à Denzel Dumfries, pendant qu'Hien perdait encore la trace de Brobbey. À la 47e minute, c'est encore Dumfries qui s'est promené avant de servir Gakpo, oublié par Alexander Bernhardsson. La responsabilité de Nordfeldt est un peu plus engagée sur les 4e et 5e buts néerlandais, mais il a été totalement laissé en galère par Lagerbielke, enrhumé par Gakpo qui avait le choix entre enrouler ou frapper au premier poteau (54e), avant que Crysencio Summerville n'ajoute un dernier but sur une vraie faute de placement (89e).

La position moyenne des joueurs lors de ce match indique une volonté de jouer haut, probablement trop vu l'adversaire et surtout vu la composition de l'effectif composée de quelques stars mais aussi de joueurs aux CV bien plus légers.
Jouer haut et s'exposer ou se replier et contrer ?
Alors contre le Japon, plus que de changer l'identité du gardien, Potter a surtout changé de système de jeu. Après le 3-1-4-2 contre les Pays-Bas, il est passé en 3-4-3 avec Lindelöf en milieu défensif capable de redescendre pour jouer à quatre derrière à la perte et remplacé dans l'axe gauche par l'ancien Lillois Gabriel Gudmundsson. Statistiquement, Widell Zetterström a été correct, même si l'abus de ballons longs n'a pas été probant (7/27 pour un total de 15 passes connectées sur 35).
Empiriquement, le 3-4-3 de départ s'est transformé en 4-3-3, avec possiblement un passage à 5 derrière par séquences, avec Yasin Ayari positionné très proche des défenseurs. Cela n'a pas empêché les Blagult de jouer très haut, avec le risque de s'exposer dans la profondeur. Une stratégie qui serait suicidaire contre l'Equipe de France.

D'ailleurs, la volonté de densifier n'a pas empêché les Suédois d'être mis hors de position par les Japonais sur le but de Daizen Maeda, après un circuit de passes exceptionnel. Le dernier Blagult sur l'action a été Bernhardsson, évidemment trop court pour compenser.

Avec la blessure d'Hien contre les Samouraï Blue, la défense suédoise est amenée à évoluer, mais probablement pas le système, surtout que les Bleus ont un sacré matériel sur les ailes. Pour freiner le plus possible les attaquants français, la proposition devrait être minimaliste, plus par contrainte que par choix. Quoique...
Face à des adversaires évidemment surpuissants en attaque mais souvent friables en défense qui encaissent souvent, les Suédois savent qu'ils auront des transitions à jouer avec Anthony Elanga, Viktor Gyökeres et Alexander Isak, sans oublier les coups de pied arrêtés, à l'image du but refusé d'un rien contre les Pays-Bas. Certes, le trio a du mal à se trouver mais il compose le secteur le plus solide des Blagult, avec suffisamment d'impact physique et d'expérience pour trouver une ouverture. Malgré cette certitude, cela semble assez léger pour rêver d'une qualification, à moins que l'évidente qualification tricolore se transforme en piège inattendu.
La Coupe du monde 2026 se déroulera du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Le tournoi réunira 48 sélections et se jouera dans 16 stades modernes.
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