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The Base Line : la quinzaine américaine de rêve de Rybakina, Zverev triomphe

Rybakina célèbre avec son trophée
Rybakina célèbre avec son trophéeINSTAR Images/Profimedia

Notre rubrique tennis régulière, The Base Line, vous permet de suivre le rythme effréné et intense des circuits ATP et WTA. Qui a été sacré, qui a peiné à s’imposer, et quels moments ont marqué la quinzaine ?

Les vainqueurs

La meilleure saison de la carrière de Elena Rybakina s’est poursuivie avec deux semaines exceptionnelles à l’US Open, où elle a battu Aryna Sabalenka 6-4, 5-7, 6-2 en finale pour décrocher son deuxième titre du Grand Chelem de 2026 et le troisième de sa carrière.

La joueuse de 27 ans, au sang-froid remarquable, a proposé un tennis étincelant durant la quinzaine, éliminant notamment la quadruple lauréate en Grand Chelem Naomi Osaka, la reine du come-back Qinwen Zheng et la favorite locale Coco Gauff sur sa route vers la finale.

En finale, elle a été tout simplement irrésistible. Elle a dominé les débats du début à la fin, son service et ses frappes puissantes mettant sans cesse une Sabalenka très frustrée sur la défensive – une situation à laquelle elle n’est que rarement confrontée. Rybakina a même fêté sa victoire avec une joie inhabituelle, les deux bras levés vers le ciel !

Ce qui rend ce succès encore plus remarquable, c’est qu’avant le tournoi, des doutes subsistaient quant à sa participation après une blessure au pied qui semblait sérieuse.

Rybakina a même reconnu ne pas s’être entraînée pendant la préparation et « ne pas avoir pu marcher sans douleur pendant plusieurs jours ».

Après avoir déjà battu Sabalenka en finale de l’Open d’Australie en début d’année, Rybakina conclut la saison des Grands Chelems avec un nouveau triomphe, mais celui-ci s’accompagne d’une récompense supplémentaire.

La Kazakhe s’est désormais imposée comme la meilleure joueuse du monde, grimpant à la première place du classement pour la première fois de sa carrière. Elle devient la deuxième joueuse la plus âgée à atteindre ce rang après Angelique Kerber.

Rybakina est bien placée pour terminer l’année numéro un mondiale, et 2026 restera une saison exceptionnelle pour elle. À son meilleur niveau, personne ne peut rivaliser avec elle.

Rybakina avec son trophée
Rybakina avec son trophéeIMAGN IMAGES via Reuters / Robert Deutsch

Pour Sabalenka, en revanche, elle n’a pas remporté de majeur cette année pour la première fois depuis 2022, perdant au passage sa place de numéro un mondiale. Selon ses standards incroyablement élevés, la saison est décevante, et elle affiche désormais un bilan de 4-5 en finales de Grand Chelem, ce qui laisse penser qu’elle éprouve quelques difficultés lors des grands rendez-vous.

Côté masculin, l’année exceptionnelle de Alexander Zverev se poursuit puisqu’il décroche son deuxième titre du Grand Chelem en 2026 – et de sa carrière – en dominant Ben Shelton 6-3, 7-6(2), 5-7, 6-2.

Zverev avec son trophée
Zverev avec son trophéeIMAGN IMAGES via Reuters / Geoff Burke

Comme à Roland-Garros il y a quelques mois, Zverev a profité d’un tableau privé de Jannik Sinner et Carlos Alcaraz, l’un comme l’autre ayant été éliminés prématurément, pour filer vers le titre. Longtemps considéré comme le meilleur joueur à n’avoir jamais remporté de Grand Chelem, il en compte désormais deux en très peu de temps, ce qui change radicalement la perception de sa carrière.

Le joueur allemand a pourtant démarré le tournoi de façon poussive, arrachant des victoires en cinq sets au petit matin lors des deux premiers tours. Mais il a su monter en puissance au fil de la quinzaine, écartant notamment Botic van de Zandschulp et Karen Khachanov.

Zverev a livré une véritable leçon tactique en finale face à Shelton, variant les rythmes et rallongeant les échanges, tandis que l’Américain n’a quasiment jamais pu exister sur le service adverse.

Il a aussi fait preuve d’une expérience supérieure et d’une solidité mentale retrouvée. Après la perte du troisième set, il aurait pu s’effondrer, mais il a choisi d’être audacieux et a repris le contrôle du match.

Il était tellement concentré qu’il n’a même pas réalisé qu’il venait de remporter la finale !

Zverev a remporté deux des quatre Grands Chelems cette saison – plus que Sinner et Alcaraz. Il mène également la Race ATP vers Turin et, comme Rybakina, il a une vraie chance de finir l’année numéro un mondial. Qui aurait pu l’imaginer en début de saison !

Shelton était très déçu après avoir perdu sa première finale en Grand Chelem, mais il a de quoi être fier après un superbe parcours, marqué notamment par une victoire impressionnante en quart de finale face au tenant du titre Alcaraz. Cette rencontre s’est terminée à 3h33 du matin – un record dans l’histoire de l’US Open.

Les plus en difficulté

L’US Open a été particulièrement difficile et émouvant pour le quadruple vainqueur Novak Djokovic, éliminé dès le premier tour par Mariano Navone, 6-7(5), 7-5, 6-4, 2-6, 1-6. Le Serbe était loin de son meilleur niveau, ses difficultés physiques étaient évidentes ; il a même laissé couler quelques larmes à la fin du match.

Le temps finit toujours par rattraper tout le monde, et il semble que même le Superman du tennis n’y échappe pas. Son corps commence à le trahir.

Le champion de Cincinnati Arthur Fils – que beaucoup voyaient aller loin à New York – a lui aussi été éliminé dès le premier tour, battu 6-4, 6-7(3), 1-6, 4-6 par l’ancien numéro trois mondial Stefanos Tsitsipas.

Le jeune Français a complètement craqué dans les deux derniers sets, preuve qu’il lui reste encore beaucoup de travail à accomplir.

Autre jeune espoir, Rafa Jodar semblait déjà à bout de forces au premier tour, subissant une lourde défaite face à Yunchaokete Bu, 2-6, 1-6, 1-6.

Les derniers mois ont été particulièrement intenses pour l’Espagnol de 19 ans, et il semble que l’enchaînement des tournois commence à peser.

Finaliste l’an passé chez les dames, Amanda Anisimova a subi une défaite 2-6, 5-7 au troisième tour face à Anastasia Potapova, peinant à retrouver la forme qui l’avait menée en finale à New York et à Wimbledon en 2025.

Conséquence : elle sort du top 10 mondial et occupe désormais la 11e place.

Le moment fort

L’une des belles histoires de l’US Open fut la résurrection de Zheng. Ancienne numéro quatre mondiale, finaliste de l’Open d’Australie et championne olympique en titre, Zheng a traversé 18 mois très compliqués après une grave blessure au coude.

Classée 121e avant le tournoi, la Chinoise a dû passer par les qualifications pour intégrer le tableau principal, et elle a parfaitement saisi sa chance.

Zheng a montré qu’elle pouvait retrouver son meilleur niveau, enchaînant sept victoires consécutives pour atteindre les quarts de finale, avec notamment des succès éclatants face aux lauréates en Grand Chelem Madison Keys et Iga Swiatek.

Ce qui rend ses victoires encore plus impressionnantes, c’est qu’elle était menée 0-5 dans le set décisif contre Keys, et accusait le même retard dans le premier set face à Swiatek. Mais la reine du come-back a fait preuve d’une grande force mentale pour remporter sept jeux d’affilée à chaque fois.

Finalement, Zheng a buté sur Rybakina en quarts, non sans avoir remporté la première manche et sérieusement inquiété la Kazakhe.

Grâce à ce parcours, Zheng grimpe à la 52e place mondiale, et il ne fait aucun doute qu’en continuant sur cette lancée, elle grimpera encore bien plus haut à l’avenir. C’est une joueuse et une personnalité précieuse pour le tennis féminin.

Les plus beaux échanges

L’US Open a offert de nombreux points spectaculaires, mais nous en avons retenu trois. L’infatigable Flavio Cobolli a réussi un lob entre les jambes, Alcaraz et Shelton ont fait étalage de leur incroyable athlétisme, tandis que Frances Tiafoe a pris le dessus sur son compatriote américain au terme d’un échange époustouflant.

À venir

Il n’y a pas de tournoi ATP cette semaine, l’attention se porte sur le deuxième tour des qualifications de la Coupe Davis. Sept rencontres sont au programme à travers le monde, les vainqueurs rejoignant l’Italie, tenante du titre, pour le Final 8 à Bologne en novembre.

Les grands noms engagés (sauf forfaits de dernière minute) incluent Zverev pour l’Allemagne, Shelton et Taylor Fritz pour les États-Unis, Felix Auger-Aliassime pour le Canada, Fils pour la France et Jodar pour l’Espagne.

Côté WTA, deux tournois sont au programme : un WTA 500 à Guadalajara et un WTA 250 à Sao Paulo.

Demi-finaliste à Roland-Garros et Wimbledon, Marta Kostyuk est tête de série numéro un au Mexique, tandis que la tenante du titre Iva Jovic et Sara Bejlek sont têtes de série deux et trois.

Au Brésil, Leylah Fernandez et Paula Badosa seront les principales têtes d’affiche.