FlashPing #11 : Exclu' Flashscore - Florian Bourrassaud : "Félix Lebrun m'essore jusqu'au bout !"

Florian Bourrassaud au Star Contender de Doha le 13 janvier 2026.
Florian Bourrassaud au Star Contender de Doha le 13 janvier 2026.SOPA Images/Alamy/Profimedia/Flashscore

Présent au stage de l'équipe de France jusqu'en début de semaine prochaine pour préparer les Bleus aux Mondiaux par équipes (à Londres du 28 avril au 10 mai), Florian Bourrassaud a accepté de revenir sur son actualité pour Flashscore France.

Après une séance matinale plutôt intense, le pongiste de 26 ans a répondu à nos questions dans la majestueuse salle du CREPS des Pays de la Loire (à la Chapelle-sur-Erdre).

Associé à Félix Lebrun sur cet entraînement du mardi matin (21 avril), Florian Bourrassaud (91ᵉ mondial) a lui aussi bénéficié de la journée ouverte aux médias. En effet, à un peu plus d'une semaine de l'entrée en lice des équipes de France aux Championnats du monde par équipe, la Fédération française de tennis de table (FFTT) a invité les journalistes à venir observer un entraînement, avant de pouvoir poser des questions aux différentes joueuses et différents joueurs sélectionnés pour la compétition. 

Dans ce cadre, peu après 12h00, le membre des Bleus nous a accordé une interview exclusive au sein de laquelle il revient sur ce début de stage. Comme un poisson dans l'eau, Bourrassaud vit "déjà à fond dans le présent".

Flashscore France : Êtes-vous arrivé dès le premier jour du stage ? Quel est votre rôle durant ce rassemblement ?

Florian Bourrassaud : Je suis arrivé jeudi soir (le 16 avril) pour être prêt dès le vendredi matin. Eux ont commencé jeudi après-midi. Je suis présent durant toute la durée du stage. Mon rôle est assez simple : être partenaire d'entraînement au sein de l'équipe de France pour apporter de la qualité de relance. C'est aussi apporter de la "joie de vivre" dans le groupe, parce que le groupe est important à tenir, même si je ne serai pas là aux Championnats du monde. Il y a un rôle dans la préparation, c'est là où on pousse vraiment, on envoie dans les tours. La "Fédé" aime bien mon profil et j'arrive à encaisser l'entraînement, donc c'est bénéfique pour moi.

FF : La séance de ce matin (mardi 21 avril, ndlr), était très sympa à voir. La complicité que vous avez avec Félix (Lebrun) à l'entraînement est belle également. On a l'impression que, dans ces moments-là, malgré les enjeux importants, vous êtes relâchés et à 100 %. À la fin, vous vous donnez à fond sur le vélo, dans quel état d'esprit êtes-vous ?

FB : Il n'y a pas tant de calcul. Je suis là, je suis un grand passionné de ping. J'ai des opportunités qui arrivent. Je vis déjà à fond dans le présent. J'ai une opportunité pour faire un stage en équipe de France. Ça veut dire aussi que je ne suis pas loin de l'équipe de France. On prend conscience de porter ce maillot, c'est une fierté. Encore ce matin, tu mets le maillot, tu es super content. J'ai toujours rêvé d'être en équipe de France. Là, je suis tout prêt, je ne suis pas encore dedans. Je le suis grâce au double, mine de rien. Mais forcément, j'ai envie de voir plus loin et pourquoi pas y être en simple. Déjà, faire partie de l'équipe de France, du groupe France, c'est énorme. Forcément, s'entraîner avec Félix dans une aire de jeu comme ça, avec ce maillot, avec les coachs, je prends tout ce qu'il y a à prendre. Lui, il m'essore, il m'essore jusqu'au bout parce que moi, je n'arriverais pas à l'essorer dans tous les cas. Il a sa stabilité technique et ce qu'il peut encaisser à l'entraînement. Pour moi, c'est un kiff énorme. Évidemment, j'ai l'ambition d'être en équipe de France en simple. D'y être en double, c'est déjà exceptionnel. Je n'ai jamais été en équipe de France jeune et d'être là en senior, c'est super.

FF : Concernant Félix, le fait d'être partenaires sur une matinée comme celle-ci, est-ce dans le but de le pousser dans ses retranchements ?

FB : Oui, c'est ça. C'est exactement l'objectif. De plus, on adapte l'entraînement. Évidemment, je ne vais pas travailler mon point faible. Quand je joue avec Félix, je vais vraiment essayer de renforcer mon point fort pour qu'il aille dans mon point fort où je me sens bien. Et que moi, j'arrive à aller dans son point faible ou moyennement fort, mais que je n'aille pas dans son point fort non plus. Sinon, évidemment, il n'y a pas de sens. Mais, du coup, on a appris à s'entraîner comme ça. Ainsi, ça fait une séance qualitative. Félix, aujourd'hui, il est capable de montrer de grandes choses et une grande stabilité. Par conséquent, pour moi, c'est dur. Je prends parfois un peu plus de récupération, etc. Car on monte dans les tours à la fin. Rien n'est laissé au hasard.

Félix Lebrun et Florian Bourrassaud à l'entraînement.
Eliott Lafleur

FF : Bien que vous ne soyez pas dans la sélection finale, cela ne signifie pas pour autant que le staff ne s'occupe pas de vous. Ils vous donnent des conseils dès qu'ils le peuvent. On imagine que vous êtes à l'affût, car c'est flatteur ?

FB : Oui, exactement. Je prends tout ce qu'il y a à prendre. Après, en fonction de ce qu'ils m'ont dit, j'en discute avec mon coach. Ça me permet de faire des liens, car ils ne me voient pas tout le temps. Parfois, on peut être d'accord, parfois en désaccord. Quelquefois, c'est un grand plus. Mais ce qui est bien, c'est qu'ils ne prennent pas tout le temps la parole, avec moi en tout cas. Ils vont m'aiguiller sur un ou deux détails. Ensuite, c'est à moi de l'appliquer au quotidien.

FF : Comment faites-vous justement pour faire la part des choses, pour trier les différents conseils que l'on vous donne ?

FB : J'ai fait beaucoup d'erreurs par rapport à ça. Je prenais tout. Et à l'arrivée, je travaillais quinze choses à la fois. J'ai donc appris à trier, même si je ne le faisais pas de la bonne façon. Maintenant, je commence à trier dans le bon sens. Justement, je m'appuie sur mon coach. Je m'appuie sur les thèmes que j'établis en ce moment à l'entraînement. Et typiquement, je me rappelle, l'année dernière, Michel (Blondel, un des entraîneurs de l'équipe de France, ndlr) me donnait un conseil. Je savais que c'était un super conseil, mais pas sur le moment. Donc, je l'ai noté pour travailler dessus un an plus tard. Et il y a plein de petits exemples comme ça. Donc, je prends. J'essaye d'avoir sans cesse une vision sur le long terme.

FF : Cette préparation avec le groupe France arrive avant un gros bloc de compétition...

FB : Normalement, je vais faire un WTT en Macédoine. Il y a les Championnats de France (12, 13 et 14 juin à Laval). Et là, je suis en attente un peu pour, pourquoi pas, le Feeder d'Hennebont (20 au 24 mai). C'est en cours pour l'instant. Je ne suis pas inscrit. Mais on est en train de voir ce qui est possible. Après, il y aura une petite pause. Et ensuite, il y a la grosse tournée sud-américaine au mois de juillet. La Pro A va revenir en septembre. Donc, ça va s'enchaîner. Mais là, justement, j'ai fait l'impasse sur les Feeder du moment pour vraiment prendre sept, huit semaines de préparation, d'entraînement. Parce que c'est quelque chose dont on n'a plus trop le temps. On est tout le temps à droite, à gauche. Au final, on fait peu de qualité.

FF : On a évoqué le monde professionnel, mais vous vous sentez également concerné par le monde amateur. Dès que vous le pouvez, vous faites des tournois nationaux où vous affrontez des joueurs beaucoup moins bien classés qui n'ont pas le tennis de table comme activité principale. Comment faites-vous pour concilier ces deux emplois du temps ?

FB : L'idée est de prendre du plaisir, sans ambition. J'y vais pour échanger avec les gens. Évidemment, je ne me prépare pas pour la compétition. Là, je suis en pleine prépa. Je vais arriver samedi, je serai mort. Mais à un moment, si je dois être prêt à chaque compétition, en fait, je ne progresse pas. Parfois, même pour des matches de Pro A, je ne suis pas prêt, mais ce n'est pas grave. J'ai une vision à long terme. Le plus important, c'est de progresser. Après, quand je ne ferai que des matchs, je me préparerai pour mes matchs. Néanmoins, ça ne va pas m'empêcher de tout donner à la table. Je ne serai pas prêt pour être à mon meilleur niveau. Mais ce n'est pas très grave. Personnellement, j'adore les tournois nationaux organisés par les clubs, parce que là, ça me permet de retourner à la réalité, de rediscuter avec des gens, des amateurs, la buvette, etc. Des trucs assez simples. Mais qu'finalement, dans notre monde, parfois, on va à Singapour dans des hôtels 5 étoiles. On peut perdre la notion des choses.

FF : Selon vous, le ping français doit-il s'efforcer de rester le plus proche possible du monde amateur ?

FB : Alexis et Félix (les frères Lebrun) ont fait une exhibition la semaine dernière. Je pense que ça montre que la passerelle existe bien à toutes les échelles. Il y a ceux qui sont à fond dans leur truc, ceux qui ont la passion et ceux qui ne l'ont pas. Il y a quatre ans, je jouais encore au National. Je ne suis encore pas très loin de ça. Après, c'est sûr, quand j'aurai peut-être 10-15 ans de carrière au plus haut niveau, je raconterai une autre histoire. Pour l'instant, c'est quelque chose qui me fait du bien. Et je peux gagner un peu d'argent, il faut être honnête (rires). Après, je pense que ça dépend des profils. Certains vont être adaptés pour ce genre de compétitions, d'autres non. Je pense que c'est naturel pour ceux qui le font.

FF : Vous êtes donc prêt pour votre retour en tournoi amateur ce week-end ?

FB : C'est un format qui va changer un peu de d'habitude, mais je pense que ça va être sympa. On va être quatre joueurs professionnels. Je pense qu'il peut y avoir des échanges sympas, aussi avec les joueurs amateurs. On peut se régaler. Je pense qu'il y a quand même pas mal de monde attendu. Et puis, il y aura du show, j'adore ça. Je suis là pour ça. Après, il va falloir quand même batailler un peu parce qu'il y a de bons joueurs (rires). J'ai hâte. Ça fait presque un an que je n'ai pas fait de tournoi. Donc, j'ai un peu cette envie d'y retourner !

FF : Merci à vous et bon courage !

FB : Avec plaisir !