Pour Madison Keys, "beaucoup de joueurs" seraient prêts à boycotter un Grand Chelem

Madison Keys.
Madison Keys. REUTERS/Ciro De Luca

De passage à Paris pour disputer le trophée Clarins, un tournoi du circuit secondaire, l'Américaine Madison Keys (ex-5e mondiale, actuelle 19e) assure dans un entretien à l'AFP que "beaucoup de joueurs" seraient prêts à boycotter un Grand Chelem pour faire pression sur les quatre tournois majeurs.

Alors que les meilleurs joueurs des circuits ATP et WTA réclament depuis plus d'un an une part accrue des revenus des Grands Chelems, et que la n°1 mondiale Aryna Sabalenka s'est récemment dite prête à les boycotter pour être davantage associée aux décisions, la lauréate de l'Open d'Australie 2025 estime qu'un éventuel boycott est "une de ces choses dont on parle jusqu’à ce qu'elle finisse par se produire".

Pourquoi participez-vous à un tournoi secondaire, ce qui n'est pas dans vos habitudes ?

"Je suis tombée malade à Madrid et je n'ai pas pu y jouer, puis je n'ai pas disputé autant de matches que je l'aurais souhaité à Rome (élimination au 3e tour, NDLR). Je voulais enchaîner davantage de matches sur terre battue, j'en avais marre de m'entraîner ! J'avais l'impression d'être sur une bonne dynamique après le tournoi de Charleston (début avril), mais ces deux derniers mois ont été faits de hauts et de bas. Donc (le WTA 125 de Paris) est une très bonne occasion de peaufiner ma préparation, non seulement pour Roland-Garros mais aussi pour le reste de la saison."

Avec dix titres remportés majoritairement sur dur ou gazon, appréciez-vous néanmoins de jouer sur terre battue ?

"Quand j'ai commencé à jouer sur cette surface, je ne l'appréciais pas : c'est lent, les points y sont un peu plus longs. Mais en vieillissant, j'ai progressivement commencé à aimer la façon différente de jouer sur cette surface. Et puis j'ai connu quelques succès sur terre battue (titre à Strasbourg en 2024, finale à Rome en 2016), on a commencé à me dire que j'étais une bonne joueuse de terre battue, donc je finis par y croire moi-même un peu plus (rires)."

Quelles chances vous donnez-vous à Roland-Garros, où vous aviez atteint le dernier carré en 2018 ?

"Quand j'ai confiance en mon tennis, j'ai toujours de très bonnes chances. C'est en partie pour cette raison que je joue ici (au WTA 125 de Paris, NDLR), je veux continuer à me donner les meilleures chances de me battre pour gagner un autre tournoi du Grand Chelem. Il s'agit d'abord de retrouver mon jeu, de me faire confiance et de me donner à fond. Si j'y parviens, je me donne de très bonnes chances (pour Roland-Garros)."

Seriez-vous prête, comme Aryna Sabalenka, à boycotter les tournois majeurs s'ils n'exauçaient pas les demandes des joueurs ?

"Je pense que c'est très important que les joueurs aient davantage voix au chapitre au moment où sont prises les grandes décisions qui les concernent. Depuis de nombreuses années, les joueurs essaient de s'asseoir autour de la table et d'avoir une discussion (avec les organisateurs de Grand Chelem). Ca n'a pas débouché sur grand-chose. Désormais (...), un grand nombre de joueurs se sont unis et sont tombés d'accord sur le fait que si c'est (un boycott) qui est nécessaire, alors nous boycotterons. J'espère qu'on n'en arrivera pas jusque-là. Mais c'est génial de voir autant de joueurs, en particulier les plus jeunes, si désireux de se battre pour l'ensemble des joueurs."

Le boycott est donc plus une menace à ce stade qu'un projet concret ?

"Je pense que c'est une de ces choses dont on parle jusqu'à ce qu'elle finisse par se produire. Je suis aussi prête (à boycotter). Et j'ai l'impression que c'est quelque chose que beaucoup de joueurs sont prêts à faire. Voir autant de monde être prêt à aller aussi loin au nom de tous les joueurs, je trouve ça inspirant."

A quel point êtes-vous personnellement impliquée dans les discussions avec les Grand Chelem ?

"J'ai siégé au Conseil des joueuses (de la WTA) pendant de nombreuses années, donc j'ai été extrêmement impliquée pendant longtemps. Depuis un an, je suis un peu moins impliquée. Mais on a beaucoup de jeunes joueurs qui mènent le combat et font un travail formidable. Je suis ravie de les soutenir".