Luca Zidane, le poids du nom, l'espoir d'un destin algérien

Luca Zidane en mars.
Luca Zidane en mars.MARCO BERTORELLO/AFP

Luca Zidane, qui a rejoint en 2025 la sélection algérienne, constitue un atout pour les Fennecs, de retour au Mondial après deux éditions manquées, mais aussi un pari fragile, le gardien revenant d'une blessure ayant sérieusement compromis sa participation au tournoi.

Le doute a partiellement été levé avec l'annonce officielle, dimanche, de la liste des 26 joueurs retenus par le sélectionneur Vladimir Petkovic pour la Coupe du monde, qui a fait appel à quatre gardiens, par précaution, mais ne devra en emmener que trois.

En attendant, Zidane, qui évolue à Grenade y figure aux côtés de l'inamovible capitaine Riyad Mahrez, ainsi que du défenseur de Lille Aïssa Mandi, déjà présent lors du dernier Mondial disputé par l'Algérie en 2014 au Brésil.

Dans une équipe en reconstruction, la Coupe du monde pourrait marquer un tournant pour le gardien s'il confirme son retour à son meilleur niveau : celui où il pourrait cesser de n'être que "le fils de".

En Algérie comme en France, son nom renvoie à une figure mythique. Zinédine Zidane, qui jouit d'une grande popularité des deux côtés de la Méditerranée, a offert le titre Mondial aux Bleus de 1998. En 2006, il a été reçu comme un chef d'État et décoré par le président algérien Abdelaziz Bouteflika, déchu et décédé depuis.

"L'amour" pour l'Algérie

Aussi, quand presque vingt ans plus tard, Luca a choisi l'Algérie pour nationalité sportive, après avoir pourtant enchaîné les sélections chez les équipes de France de jeunes, son arrivée au sein des Fennecs a suscité attente et curiosité.

À l'époque, tout en saluant un "grand coup médiatique" réussi par la Fédération algérienne (FAF), les médias locaux soulignent le "besoin criant" pour l'équipe nationale de trouver un gardien compétitif.

Quant à l'intéressé, il clame "l'amour" de sa famille pour l'Algérie. "Cela ne peut pas s'expliquer", a-t-il encore récemment dit à la revue Onze Mondial.

"On a une culture algérienne depuis qu'on est tout petits et ce sont mes grands-parents qui nous transmettent cet amour", a-t-il ajouté. "Quand je mets le maillot en sélection, quand j'entends l'hymne national, ce sont des émotions incroyables."

Voir Zidane, 28 ans, garder les cages algériennes au Mondial, dans un groupe J comprenant l'Argentine, tenante du titre, l'Autriche et la Jordanie, ne dépendra pas seulement de son envie, mais surtout de son plein rétablissement après les fractures de la mâchoire et du menton, doublées d'une commotion cérébrale, subies avec son club de Grenade fin avril contre Almeria.

Raison pour laquelle le sélectionneur Vladimir Petkovic, qui s'est retrouvé face à un casse-tête avec deux autres gardiens victimes de blessures : Anthony Mandréa (luxation d'une épaule) et Melvin Mastil (opéré d'une hernie inguinale), en a convoqué quatre. Ce dernier ainsi qu'Oussama Benbot (USM d'Alger), Abdelatif Ramdane (MC Alger) et Luca Zidane donc.

"Valeur sûre"

L'ancien capitaine de l'équipe d'Algérie Mahmoud Guendouz, qui compte deux participations au Mondial (1982 et 1986) a exprimé son inquiétude face à cette situation. "Nous sommes dans le pétrin après la blessure des trois gardiens", a-t-il dit, déplorant un manque de "planification" à long terme.

Pour l'écrivain Saïd Selhani, la présence de Luca Zidane s'impose. C'est "un très bon choix pour l'équipe nationale, c'est une valeur sûre. Il est mieux formé et a une meilleure préparation pour jouer le Mondial. Techniquement, son niveau est meilleur que la majorité des gardiens du championnat national".

Si Luca Zidane s'est imposé en équipe d'Algérie comme une évidence en à peine six matches disputés, dont quatre lors de la Coupe d'Afrique des nations, son parcours reste contrasté en clubs. Après des débuts sur le banc du Real Madrid alors entraîné par son père, il a tenté de rebondir en Liga au Racing Santander et au Rayo Vallecano, avant d'atterrir à Eibar puis Grenade en 2ᵉ division espagnole.

Pour Luca Zidane, la vaine comparaison avec Zinédine est aussi pesante qu'inévitable. Mais en tant que dernier rempart de l'équipe championne d'Afrique en 2019, il aura une belle occasion de s'en émanciper en mondovision, durant la plus prestigieuse des compétitions.

Tout en se faisant une place à part dans le cœur des Algériens.