Chapeau Johann Zarco !
Trois mois après son grave accident qui lui a coûté les ligaments croisés d'un genou, Johann Zarco effectuait son retour à la compétition en Aragon. Dire qu'il a impressionné serait un euphémisme. Directement qualifié en Q2, 9e de la sprint et 15e du Grand Prix après avoir dû enchaîner deux long laps en début de course (sanction héritée de l'accident créé en Catalogne), le Français repart du MotorLand avec deux points qui ont le goût de l'exploit.
Samedi, il témoignait de sa satisfaction d'avoir eu de bonnes sensations, même s'il n'avait "pas de doutes sur la capacité à pouvoir aller vite (...) Je n'ai pas été choqué par la vitesse, alors que bon, c'est un circuit rapide, mais comme c'est large, on ne se fait pas trop secouer par rapport à un circuit comme Misano. Je me réhabitue à la vitesse sans être choqué par la vitesse, donc ça c'est cool (...) Dès les premiers tours, je suis revenu neutre sur cette moto, en cherchant des sensations, comment l'exploiter au mieux, et en laissant faire mon feeling".
Alors que sa saison aurait dû s'arrêter à Montmeló, son retour précoce, validé par les médecins du MotoGP qui ont également vérifié son état pendant tout le weekend, a été bénéfique : "c'est bien que je ne me sois arrêté que trois mois. Peut-être que six mois, ça aurait été pire. Du coup, j'étais content de revenir ici".
Forcément, il a souffert physiquement car la posture n'est pas idéale et la température, même s'il s'attendait à pire en termes de chaleur, peut vite devenir étouffante : "j'ai eu des crampes donc il s'agit vraiment d'habituer le corps à cette position pliée. Il y a vraiment des pics au niveau cardio. Je suis vraiment très haut et c'est ça, à mon avis, qui bouffe un peu de jus pour les muscles".
Fabio Quartararo mis KO
Une qualif achevée dans les tréfonds de la grille, un abandon sur la sprint et une 18e et dernière place lors du Grand Prix après avoir réalisé un départ totalement loupé : Fabio Quartararo ne s'attendait à rien de son passage en Aragon et il est quand même déçu.
"On essaie toujours de trouver de la performance dans les réglages, mais on a déjà fait cinq saisons avec cette base et on sait où on en est. Donc tant qu'on n'a pas un vrai nouveau package, de nouvelles pièces, on ne changera pas la moto, s'est-il lamenté dimanche. J'ai plus été un pilote d'essais ce week-end. J'ai testé le châssis trois fois mais il ne fonctionne pas. On a aussi une biellette, il n'y a pas de progrès, donc je roule avec une moto standard. (...) En tout cas, pour le futur, je ne suis pas en position d'aider. Et pour des raisons personnelles, je n'ai pas envie d'aider".
On peut comprendre la frustration du Diablo qui ne performe plus depuis de très nombreuses saisons. Pour autant, il recule de week-end en week-end par rapport aux trois autres motos Yamaha, aussi bien celle de son coéquipier Alex Rins (qui quittera lui aussi l'écurie en fin d'année), que celles de Jack Miller et du rookie Toprak Razgatlıoğlu qui roulent avec le team satellite Pramac.
Le futur pilote Honda est clairement à bout mais il sera attendu avec encore plus d'acuité chez le rival japonais car aucun cadeau ne lui sera fait.
