Touché sérieusement aux ligaments du genou gauche, le Tricolore, qui a eu "peur de ne pas pouvoir remarcher" juste après son accident, a finalement évité l'opération, un choix "réfléchi" qui lui a permis de guérir en un temps record.
Q : Pouvez-vous nous raconter votre accident ? Quelle a été votre première pensée ?
R : "Je n'ai vraiment pas eu de chance de rester coincé dans la moto de Pecco (Bagnaia). Le fait de ne pas réussir à freiner, de perdre le contrôle de la moto, ce sont des choses qui peuvent arriver, mais aller se coincer la jambe à cet endroit-là (entre le pot d'échappement et la partie arrière de la moto, ndlr), pas du tout… Ma première pensée a été 'est-ce que je pourrai remarcher ?' Il y en a plein qui se disent 'est-ce que je vais pouvoir recourir, remonter sur une moto', moi, non, ce n'était clairement pas une priorité. J'ai eu peur de ne pas pouvoir remarcher normalement car j'ai eu très très mal."
Q : Avez-vous craint que cela engendre la fin de votre carrière ?
R : "Non car j'ai rapidement su que c'étaient les ligaments qui étaient touchés et qu'il n'y avait pas de fracture. Donc je me suis dit que ça allait guérir. La seule interrogation, c'était le temps, la durée de la convalescence. Au départ, il y avait l'unanimité sur le fait de devoir m'opérer, ce qui signifiait au moins six mois d'absence. Mais on a eu la belle surprise que la guérison aille plus vite que prévu car j'ai une bonne santé et une capacité de récupération."
Q : Avez-vous été soulagé d'éviter l'opération ?
R : Oui car sinon tous les progrès que j'avais faits depuis plus d'un mois dans ma récupération n'auraient servi à rien et il aurait fallu tout recommencer après l'opération. Alors que là je me suis dit 'c'est tout bénéf', il faut simplement continuer à travailler à la salle de gym et sur le vélo.'"
Q : N'est-ce pas risqué de ne pas effectuer l'opération ?
R: "Non, il n'y a aucune prise de risque. Tout a été très bien analysé par un docteur habitué des sportifs et de ces lésions-là. On a refait des tests cliniques, une IRM pour contrôler, et cela semblait très bien tenir donc on est retourné voir le chirurgien. Il a été très franc et m'a dit 'si je t'opère, je ne te ferai pas gagner en performance sur ta moto, donc ça vaut le coup de ne pas opérer.' Ce n'était donc clairement pas un pari, c'était réfléchi. Donc j'ai repris en me disant que dans le pire des cas, si vraiment ça n'allait pas sur la moto, on pourrait toujours opérer après. Ça valait le coup de continuer à s'entraîner pour remonter sur la moto avant la fin de l'année."
Q : Comment expliquez-vous cette guérison si rapide alors que vous êtes le pilote le plus âgé de la grille (36 ans, ndlr) ?
R : "J'ai fait du bon travail car j'ai été très bien entouré dans mes soins et ma rééducation par une belle équipe autour de moi. Et comme j'avais un contrat pour 2027, je n'étais pas stressé non plus. Ça m'a permis de prendre le temps de bien faire les choses et ça m'a fait guérir vite."
Q : Avez-vous encore des douleurs et de l'appréhension à l'idée de remonter sur votre moto ?
R : "Mon retour va bien se passer car quand j'ai repiloté il y a quelques semaines, tout allait bien. Les vibrations ou des chocs peuvent engendrer des douleurs, mais rien de grave, ce ne sont pas des lésions qui retardent la guérison. Le seul truc qui pourrait être embêtant, c'est si je chute et que je fais valdinguer mon genou. Les entraînements que j'ai faits étaient suffisants pour me remettre en confiance. Je ne fais pas une fixation sur mon premier départ depuis l'accident car il ne faut pas en faire. Je ferai comme d'habitude. Je pense que je vais vite retrouver mes sensations. C'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas."
