A la suite de l'événement qui s'est tenu dans le parc Velayat, au coeur de la capitale, "le parquet est intervenu et a pris les mesures juridiques nécessaires", écrit l'agence Mizan, organe du pouvoir judiciaire. "Une procédure judiciaire a été ouverte contre ceux impliqués dans l'organisation", selon la même source. Les autorités estiment que "les exigences religieuses et légales n'ont pas été respectées lors de cet événement".
Alors que la République islamique impose le port du voile, de nombreuses femmes ont participé tête nue à cette course de 10 km intitulée "Tehrun" (contraction de Téhéran et course en anglais), selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux par les organisateurs.
Elle s'est déroulée le même jour qu'un défilé militaire, organisé dans le cadre d'une campagne de mobilisation baptisée "Janfada" ("Sacrifice pour la patrie").
"Il faut veiller à ce que de tels événements ne coïncident pas avec d'autres manifestations, tels que le défilé Janfada", a souligné samedi devant la presse un porte-parole du ministère de l'Intérieur, cité par l'agence Irna. En vertu des règles imposées après la Révolution islamique de 1979, toutes les femmes en Iran doivent se couvrir les cheveux avec un voile (hijab) en public et porter des vêtements sobres et amples.
Mais cette obligation est de moins en moins respectée en Iran, où nombre de femmes sortent désormais non voilées. Cette tendance s'est amorcée après les manifestations de 2022-2023, déclenchées par la mort en détention en septembre 2022 de Mahsa Amini, arrêtée à Téhéran pour avoir prétendument enfreint ce code vestimentaire.
Et elle s'est accélérée dans le contexte de la guerre avec les Etats-Unis et Israël, déclenchée fin février par des frappes israélo-américaines. Femmes voilées et non voilées marchant ensemble dans la rue sont désormais la norme dans la plupart des grandes villes iraniennes.
Si le pouvoir semble lâcher du lest sur le port du voile, il n'est pas pour autant prêt à renoncer à ce pilier de la République islamique. En décembre 2025, deux personnes qui avaient organisé un marathon sur l'île iranienne de Kish dans le Golfe ont été arrêtées après la diffusion d'images devenues virales, montrant des dizaines de coureuses tête nue.
