La fille de Maradona accuse le médecin d'avoir fait pression et menti sur une convalescence à domicile

Une rue aux couleurs de Diego Maradona à Buenos Aires.
Une rue aux couleurs de Diego Maradona à Buenos Aires.TOMAS CUESTA / AFP

Une fille de Diego Maradona a accusé ce mardi, au procès de la mort de son père, un médecin d'avoir fait pression en 2020 pour une hospitalisation à domicile de la star, garantissant une attention "24H sur 24" lors de la convalescence qui lui fut fatale.

Jana Maradona, 30 ans, née d'une liaison extra-conjugale de Maradona et reconnue par son père en 2014, a raconté la réunion familiale début novembre 2020 avec des médecins, lors de laquelle a été décidée la convalescence à domicile pour Maradona au sortir d'une neurochirurgie pour un hématome à la tête.

Le directeur de la clinique estimait que "le mieux (...) était de poursuivre dans une clinique de réhabilitation", a-t-elle raconté.

Mais selon Jana, l'accusé Leopoldo Luque, médecin le plus proche de Maradona aux dernières années de sa vie, a "commencé à nous expliquer que cette option était folle parce que mon père n'allait pas vouloir, et que la clinique allait se faire de la publicité".

Il affirmait d'après son récit que "la meilleure option était une hospitalisation à domicile, car on pourrait y aller autant de fois qu'on voudrait. On aurait le contrôle des médecins, il serait pris en charge 24H/24, comme dans une clinique mais plus agréable pour mon père".

Au final, Maradona est mort à 60 ans, le 25 novembre 2020, d'une crise cardiorespiratoire couplée à un œdème pulmonaire, seul sur son lit de la résidence louée pour cette convalescence à Tigre (nord de Buenos Aires).

Selon des médecins-légistes entendus au procès, il aurait agonisé plusieurs heures - environ 12 heures, a avancé l'un d'eux - avant que l'infirmière de jour ne le découvre mort au matin.

Le Dr Luque est l'un des sept professionnels de santé (médecin, psychiatre, psychologue, infirmiers) jugés depuis un mois à San Isidro pour potentielles négligences ayant contribué au décès de l'icône argentine du football. Ils encourent jusqu'à 25 ans de prison.

Le niveau d'attention autour de lui, mais aussi le sous-équipement médical du lieu de convalescence, ont été à plusieurs reprises évoqués au procès, comme au précédent, en 2025, qui avait été annulé après récusation d'une juge.

Dans une déposition ponctuée de larmes, où a percé la colère, Jana a concédé que la famille avait été alors convaincue que la décision d'hospitalisation à domicile "paraissait raisonnable".

"Ils m'ont dit que ce serait une hospitalisation sérieuse (...) J'ai eu confiance", a-t-elle regretté. "Luque était un médecin de confiance pour mon père".