À une journée de la fin, Arsenal est assuré de terminer en tête de la Premier League avec 82 points en 37 matchs, pour 25 victoires, sept nuls et cinq défaites.
Pris isolément, ce total ne figure pas parmi les plus élevés des champions de l’ère moderne. Mais il reflète une équipe qui a su éviter les séries négatives qui avaient plombé les précédentes campagnes d’Arsenal.
Maîtriser les matchs
La saison a suivi un schéma constant. Arsenal a marqué suffisamment, concédé très peu et a de plus en plus imposé le rythme et le type de match.
Leurs 69 buts en championnat témoignent d’une belle efficacité offensive sans excès. Mais le chiffre le plus marquant se trouve de l’autre côté : seulement 26 buts encaissés, soit la meilleure défense du championnat.
Cette progression ne s’explique pas seulement par un bloc plus bas ou une prise de risques réduite.
Arsenal a gagné en propreté entre les phases. Le pressing était plus maîtrisé, la protection de l’axe renforcée et les adversaires ont eu moins d’opportunités d’attaquer dans les espaces. Une fois devant au score, l’équipe a su fermer les matchs au lieu de les ouvrir davantage.
Raya et Saliba brillent encore
La saison de David Raya illustre parfaitement cette approche.
Ses 60 arrêts, 19 clean sheets et 69 % d’arrêts témoignent d’un gardien en pleine forme, qui vient de décrocher un troisième Gant d’Or consécutif. Il n’est plus qu’à une unité du record absolu de quatre, détenu par Petr Cech et Joe Hart.
Mais son apport ne s’est pas limité à ses arrêts. Arsenal l’a de plus en plus utilisé pour casser le rythme, relancer proprement et garder le contrôle territorial.
Devant lui, William Saliba est resté la référence. Son taux de réussite de 62,86 % dans les duels défensifs illustre son impact, mais la continuité a compté autant que le volume. Arsenal a conservé sa structure défensive la majeure partie de la saison et a rarement eu à compenser une instabilité derrière le ballon. Les Gunners ont signé 15 clean sheets et encaissé seulement 20 buts lors de ses 31 apparitions.
Rice patron au milieu
Si Saliba a été l’ancre de la défense, Declan Rice a relié toutes les phases du jeu.
Sa saison combine six buts et huit passes décisives, 70 duels remportés, 37 interceptions et 180 ballons récupérés. Peu de milieux en Premier League ont assumé autant de responsabilités.
Rice a continué d’assurer le travail attendu d’un milieu défensif de haut niveau, mais Arsenal lui en a demandé plus balle au pied. Il a porté le jeu vers l’avant plus régulièrement, s’est projeté plus tard dans les zones dangereuses et est devenu un atout majeur sur coups de pied arrêtés, avec cinq passes décisives et quatre buts en 36 apparitions.
L’arrivée de Viktor Gyokeres a apporté une menace axiale qui manquait cruellement et pourrait bien être la différence majeure par rapport aux saisons précédentes.
Ses 14 buts en championnat ont permis de régler un problème qu’Arsenal avait jusque-là seulement contenu. Sa saison a montré toute l’importance d’un avant-centre de style classique dans le football actuel, avec un but toutes les 158,79 minutes en moyenne, et tous sauf un inscrits dans la surface.
"Coup de pied arrêté FC"
Là où Arsenal s’est le plus démarqué, c’est sur coups de pied arrêtés.
Arsenal a établi un nouveau record de Premier League en marquant 17 buts sur corner lors de la saison 2025/26, effaçant l’ancienne marque de 16, codétenue par Oldham (1992/93), West Brom (2016/17) et Arsenal lui-même (2023/24).
Les corners sont devenus de véritables phases offensives prolongées, et non plus de simples moments isolés.
Au total, après 37 matchs, les Gunners ont inscrit 28 buts sur coups de pied arrêtés en championnat cette saison.
Ces chiffres illustrent la préparation minutieuse d’Arsenal sur les phases arrêtées. L’objectif n’était pas seulement de bien frapper, mais de créer des duels favorables et de maintenir la pression après le premier contact.
Les combinaisons sont devenues plus variées. Appels au premier poteau, isolement au second, attaques en seconde vague ont remplacé les schémas plus prévisibles des saisons précédentes.
Près d’un tiers des expected goals d’Arsenal provient des coups de pied arrêtés.
Pour une équipe qui contrôle déjà le ballon et concède très peu, cette source supplémentaire de buts a permis de réduire la pression sur le jeu ouvert et de mieux gérer les matchs serrés.
La discipline, un atout
Une statistique passée inaperçue : Arsenal a bouclé toute la saison de Premier League sans recevoir le moindre carton rouge.
Les précédentes campagnes avaient parfois été perturbées par des faits de jeu – suspensions évitables, décisions émotionnelles ou matchs qui s’emballaient après avoir perdu le contrôle. Cette saison, cela a été bien plus rare.
Ce chiffre traduit une équipe qui défend plus haut, commet moins de fautes d’urgence et passe moins de temps à courir après le score. Arsenal s’est rarement retrouvé en danger au point de devoir intervenir désespérément.
Pour une équipe bâtie sur la structure et le contrôle territorial, terminer chaque match à 11 est devenu un avantage supplémentaire qui a compté sur l’ensemble de la saison.
