"La Fifa a confirmé par écrit à l'UEFA que le projet FIFA Forward Enterprise a été retiré 'de manière irrévocable et définitive' et qu'il 'ne réapparaîtra sous aucune autre forme, structure, dénomination ou apparence'. Ayant obtenu les deux assurances qu'elle exigeait de la Fifa le 30 juillet, et après avoir consulté ses associations nationales, l'UEFA a donc accepté de suspendre, à titre provisoire, le retrait des équipes européennes des compétitions de la Fifa pour la saison à venir", a écrit la Confédération européenne dans un communiqué à l'issue d'une réunion à Monaco des associations nationales membres de l'UEFA, des membres du Comité exécutif de l'instance et des représentants européens au Conseil de la FIFA.
Annoncée le 30 juillet, cette menace de boycott de l'UEFA avait été maintenue malgré le retrait du projet de Gianni Infantino de créer une société commerciale ouverte à des investisseurs privés pour y loger notamment les recettes de la Coupe du monde. Les Européens avaient alors exigé l'assurance qu'une telle initiative, susceptible selon eux de "dénaturer le football", ne puisse "jamais se reproduire" à l'avenir.
Selon une source proche de la Confédération européenne, la décision de l'UEFA est également liée à la tenue du 5 au 27 septembre en Pologne de la Coupe du monde féminine U20. Le maintien du boycott de l'UEFA devenait dans ce contexte intenable vis-à-vis de la Pologne, qui n'a jamais renoncé, même au plus fort de la crise, à accueillir le tournoi. Outre le pays-hôte, l'Europe compte cinq autres représentants à ce Mondial (France, Angleterre, Italie, Espagne, Portugal).
Malgré le retrait du boycott, l'instance européenne, alliée aux Confédérations nord-américaine et caraïbe (Concacaf) et asiatique (AFC), maintient tout de même la pression pour obtenir le départ de Gianni Infantino, candidat à sa propre succession au Congrès de la FIFA en mars 2027 au Maroc.
L'UEFA prépare ainsi une plainte en droit suisse contre le patron de la FIFA Gianni Infantino pour "gestion déloyale", en raison de son projet avorté d'ouverture de la Coupe du monde à des investisseurs privés, a-t-on appris ce jeudi de source proche du dossier.
"La confiance nécessaire à l'exercice de la présidence de la Fifa a été rompue et ne saurait être rétablie par le simple retrait d'une proposition, des assurances ou des promesses de réforme formulées a posteriori (...) Si le président actuel de la Fifa devait néanmoins briguer un nouveau mandat, l'UEFA unirait ses forces à celles de ses confédérations partenaires pour garantir que les associations membres se voient proposer une alternative crédible, fondée sur l'intégrité, la responsabilité, le développement et un véritable changement institutionnel", a d'ailleurs écrit l'instance européenne dans son communiqué.
"La première option est qu'il se rende compte qu'il n'a pas le soutien (nécessaire à sa réélection). (...) L'autre option est qu'il participe au scrutin, mais dans ce cas, je pense que nous aurons un candidat contre lui. Je ne sais pas encore qui", avait de son côté expliqué lundi le président de l'UEFA Aleksander Ceferin, annonçant qu'il ne briguerait pas la présidence de la FIFA face à Gianni infantino.
