"J'ai appris avec les échecs et les coups durs", raconte Brice Samba

"J'ai appris avec les échecs et les coups durs", raconte Brice Samba
"J'ai appris avec les échecs et les coups durs", raconte Brice SambaPhoto par STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

A 32 ans, le gardien N.2 des Bleus Brice Samba s'apprête à vivre sa première Coupe du monde, "le summum du football" mais aussi une "reconnaissance" pour lui qui n'a "jamais rien lâché" malgré "les coups durs", explique-t-il dans un entretien accordé à l'AFP.

"Ce sont des belles histoires que je raconterai à mes petits-enfants", ajoute le joueur sous contrat avec le Stade Rennais jusqu'en 2029.

Que représente pour vous le fait de participer à votre premier Mondial à 32 ans ?

Brice Samba : Un rêve de gosse tout simplement. Parce que c'est le summum du football, une Coupe du monde. Je suis très fier de pouvoir y participer avec une nation comme la France. C'est beaucoup de reconnaissance envers mon travail, parce que je n'ai jamais rien lâché, j'y ai toujours cru, et ce sont des belles histoires que je raconterai à mes petits-enfants.

Quel souvenir gardez-vous des différents Mondiaux que vous avez vus ?

Un match en particulier : la finale de 2006, avec la Panenka de Zinédine Zidane. C'était comme dans une série. Il y a eu de tout: la faute de Zidane, son carton rouge, la prolongation, les tirs au but. C'était un match vraiment incroyable à regarder; l'arrêt de Gigi Buffon sur la tête de Zidane, le ballon doré; tous ces petits détails ont fait que ce match-là m’a vraiment marqué.

Est-ce match en particulier qui vous a donné envie de participer au Mondial ?

Non, tout ça est venu au fil de ma carrière. Plus jeune, j'ai été sollicité par le Congo. Mais j'ai toujours cru que je pouvais arriver en équipe de France grâce à mes qualités et ce que je pouvais faire sur le terrain. Il fallait juste que tout soit aligné pour que mon potentiel ressorte. Ça me rend fier parce que j'ai intégré l'équipe de France à 27-28 ans. De nos jours, c'est peut-être tard. Mais pas pour moi. Chacun vient à maturité en son temps.

N'avoir jamais lâché, c'est ce qui vous rend le plus fier ?

C'est sûr que si j'écris un livre plus tard, il y aura beaucoup de choses à raconter. Je décris ma carrière comme des hauts, des bas puis des hauts. A 18 ans, l'Olympique de Marseille est venu me chercher pour être numéro 2 de Steve Mandanda avec zéro expérience en professionnel. J'étais alors en avance. Mais à me voir trop beau, tout le monde m'a rattrapé. Il m'a fallu remettre les choses à plat, faire un état des lieux. Mon papa, ancien gardien international congolais (Brice Samba senior, NDLR), m'a beaucoup aidé en me faisant l'éloge du travail. J'ai appris avec les échecs, les coups durs. Il y a eu quelques pleurs aussi. Mais voilà, ce sont des choses qui forgent un homme. Et maintenant, je suis très épanoui.

Avez-vous douté de ne jamais accéder au plus haut niveau ?

Bien sûr, comme tous les joueurs professionnels. Mais le plus important c'est d'avoir la force de repartir. En arrivant à Marseille, j'avais déjà eu pas mal de sollicitations. Puis quatre ans plus tard, beaucoup moins. J'ai dû me refaire. C'est vrai que c'était un peu difficile à digérer, mais je n'avais pas le choix. J'avais toujours cette ambition d'aspirer au plus haut niveau même si je n'avais pas montré une éthique de travail suffisamment forte. J'ai donc signé au Stade Malherbe de Caen où j'ai pu enfin franchir ce cap, avant l'Angleterre et Nottingham qui m'ont exposé au grand public.

Dans votre parcours, vous êtes passé par Evreux, comme Ousmane Dembélé et Dayot Upamecano. Comment expliquer qu'autant d'internationaux viennent de cette ville ?

C'est une ville incroyable... Une petite ville d'à peine 50.000 habitants, et c'est vrai que le nombre de joueurs qui en sortent est impressionnant. Avec Ousmane, Dayot, on en parle souvent, mais je ne sais pas ce qu'il se passe là-bas. A Évreux, ce n'était pas tous les jours facile, mais on nous mettait en condition pour jouer. Parce qu'il n'y avait que le foot là-bas. Donc, on n'avait pas trop le choix. Mais on y a grandi, on s'y est épanoui. Et grâce à la mixité qui y régnait, ça nous a vraiment appris des valeurs de ce monde.

Quelles sont vos ambitions sur ce Mondial ?

Etre présent si on fait appel à moi, tout simplement. Je sais le rôle que j'ai à jouer dans ce groupe : soutenir Mike (Maignan, le gardien titulaire), l'aider et le pousser à ce qu'il soit performant. Et si le coach fait appel à moi, je me tiens prêt à l’être aussi. Je déteste avoir des regrets. Donc je mets toutes les chances de mon côté pour que tout se passe bien. Sachant que c'est ma première Coupe du monde et peut être ma dernière aussi. Donc, je vais tout donner.