Flashscore : Avant même d'évoquer votre parcours, évoquons les bases de votre travail. Quelle est la méthode pour choisir le bon profil dans une équipe ?
Antonio Cordón : Le directeur sportif s'adapte, il doit s'adapter, à ce dont il dispose : à l'équipe, aux besoins éventuels, aux attentes de l'entraîneur, aux ressources financières disponibles. Cela dépend aussi du niveau de l'équipe, du pays, de la situation économique, des ambitions actuelles ou futures de l'équipe... L'idéal ? C'est de trouver la perle rare : bon, beau, jeune et pas cher, non ? (sourire)
Et puis il y a aussi le capital humain, la manière de se comporter avec ses coéquipiers et tout son entourage ?
Cela a toujours été fondamental tout au long de ma carrière. Je pense qu'il faut apprendre à connaître le joueur en amont. On peut visionner des vidéos, examiner les données physiques et techniques, consulter les statistiques... mais au-delà de ça, il y a l'environnement familial, l'hygiène de vie du joueur, la qualité de son entraînement, son alimentation, son sommeil, ainsi que ses relations, que ce soit sur le terrain ou en dehors. Tout cela est aujourd'hui essentiel au moment de choisir un profil.
Il faut aussi tenir compte de la ville et de son environnement. Villarreal qui est proche de Valence, Séville, Monaco, Athènes peuvent "dévorer" un joueur car les sollicitations, notamment nocturnes, sont très présentes.
La culture des joueurs joue aussi un rôle important. Le joueur prend soin de lui, il fait très attention à son hygiène de vie, à son alimentation, à son environnement. Certes, les joueurs apprécient les villes animées, bien desservies et où règne une véritable passion pour le football. Mais il existe des cas comme Villarreal qui offre peu d'animation urbaine en tant que telle, étant donné sa petite taille. Pourtant, les joueurs y restent parce que les infrastructures sont excellentes, qu'on y vit le football pleinement et que tout est mis en œuvre pour la pratique de ce sport.
À l'inverse, prenons le cas de Monaco : un match contre une équipe française autre que Lyon, le Paris Saint-Germain, Marseille ou Rennes n'attire que 2500 ou 3000 spectateurs. Il est alors difficile de se motiver pour jouer devant si peu de monde, même si le club reste très attractif. Tout dépend donc des caractéristiques propres à chaque ville, mais aussi de ce que le club propose et de la mentalité du joueur.
En quoi consiste l'élaboration d'un rapport sur un joueur ?
Une analyse implique énormément d'aspects. Il y a l'analyse vidéo effectuée par les recruteurs, mais il faut aussi, par la suite, voir le joueur en direct. Le travail du groupe de recrutement consiste à analyser toutes les données, une tâche qui relève du département R&D et de la gestion des bases de données. Il s'agit d'examiner toutes les statistiques, l'historique des blessures - leur fréquence et leur nature - et d'en apprendre le plus possible sur la vie personnelle et l'entourage du joueur. Cela englobe sa situation familiale ainsi que, bien entendu, des comparaisons avec d'autres joueurs, y compris ceux de son propre club.
Comment mesurez-vous un transfert réussi ?
Avec le temps. Au bout du compte, la qualité d'un recrutement dépend des performances du joueur au sein de l'équipe et de la durée de son passage dans le club. Il y a aussi, bien sûr, la question d'une éventuelle revente, même si certains joueurs ne sont pas vendus mais s'inscrivent dans la durée tout en étant très performants. D'autres, en revanche, ne restent que peu de temps et sont rapidement transférés. Ainsi, dans les deux cas, on peut obtenir de bons résultats, tant sur le plan sportif qu'économique. L'idéal est de combiner les deux aspects, mais ce sont, en gros, les deux paramètres fondamentaux.
Vous avez travaillé avec le Hope Group et chapeauté 4 clubs : Grenade, Parme, Tondela et Chongqing Liangjiang. Comment gère-t-on au quotidien ce type de scouting très large ?
En réalité, mon travail consistait à assurer la coordination des quatre équipes et à favoriser leur développement. À cette époque, Parme est monté, tout comme Grenade, tandis que les autres équipes ont, je dirais, mûri dans leurs championnats respectifs. Il y avait quatre entraîneurs différents, quatre présidents différents, quatre pays différents. Nous étions alors en pleine période d'engouement pour le football chinois. L'objectif était aussi de permettre à des joueurs chinois de se former, à un moment donné, au sein de clubs ou d'académies en Europe. On travaillait beaucoup dans cette optique, car un joueur chinois apparaissant en Europe, même après une courte période de jeu, pouvait être revendu très cher en Chine. D'ailleurs, de nombreuses académies ont vu le jour au Portugal. Elles accueillaient ce type de joueur en vue d'une revente ultérieure en Chine.
L'idée était indubitablement de créer un petit écosystème entre les clubs. Au-delà de la simple circulation des joueurs d'un club à l'autre, nous recherchions avant tout la performance individuelle et durable de chaque club. Toutefois, l'aspect "écosystème", avec les échanges de joueurs et tout ce que cela implique, n'a pas été pleinement concrétisé, car le projet n'a pas duré assez longtemps.
Revenons à vos débuts à Villarreal. Comment avez-vous commencé au club ? À l'époque, ce n'était pas le club que nous connaissons aujourd'hui. Et comment en êtes-vous venu à réaliser des recrutements tels que Juan Román Riquelme, Diego Forlán, Diego Godín et à développer des joueurs comme Bruno Soriano et Rodri ?
C'est essentiellement grâce au président, celui qui a véritablement jeté les bases d'une vision très claire, aux côtés de son fils qui en est aujourd'hui directeur général. Ces bases reposaient sur une croissance fondée sur le centre de formation, avec l'adoption d'une méthodologie de travail rigoureuse et la création d'un complexe sportif. D'ailleurs, ils en comptent désormais deux, et de nouveaux terrains sont construits en permanence. L'objectif était de garantir aux joueurs, aux enfants, une méthodologie de travail très définie et précise, appelons cela un travail global, visant réellement à développer les qualités et l'intelligence du joueur, loin de la simple répétition mécanique. On a beaucoup travaillé sur le jeu dans les espaces réduits, la vitesse, la perception spatiale et l'intelligence de jeu.
Parallèlement, un centre d'hébergement a été construit pour accueillir de nombreux jeunes venus de toutes les régions d'Espagne. Villarreal comptait alors 50.000 habitants, contre 60.000 ou 70.000 aujourd'hui, et ne disposait pas d'un vivier local suffisant pour fournir assez de jeunes joueurs. Une résidence a donc été bâtie et un vaste réseau de recruteurs a rapidement été mis en place à travers le pays. Près de 50 recruteurs étaient répartis sur tout le territoire pour attirer les meilleurs talents de diverses régions.
Cette démarche, combinée à la méthodologie, a permis de constituer de nombreuses équipes et de développer une grande capacité tant dans le choix des joueurs que dans la qualité du travail. Tout cela grâce à des professionnels de haut niveau recrutés pour encadrer les enfants au sein de l'académie. Si Villarreal en conserve un certain nombre aujourd'hui, beaucoup de ces professionnels sont désormais répartis aux quatre coins du monde, mettant à profit les connaissances qu'ils avaient initialement développées au sein du club.
C'est ce maillage territorial qui a permis à Villarreal de recruter Rodri, Madrilène qui évoluait dans les catégories de jeunes de l'Atlético ?
À un moment donné, l'Atlético ne croyait pas vraiment en Rodri car il le trouvait peut-être trop frêle. Nous l'avons fait venir à Villarreal, où il a commencé à s'épanouir. Il y avait devant lui un autre joueur très important, un international uruguayen U20 qui lui barrait la route. Mais ce joueur est parti disputer le championnat sud-américain U20, Rodri a alors pris la relève et ne lui a plus laissé sa place. Par la suite, l'Atlético de Madrid a fini par payer pour le récupérer, et il a poursuivi son parcours. Des cas comme celui-ci, il y en a eu beaucoup. Prenez Pau Torres, formé à Villarreal depuis son plus jeune âge et aujourd'hui à Aston Villa, ou encore Álex Baena. Il y a une multitude d'autres joueurs évoluant en première division que l'on croise aux quatre coins du monde et qui ont réussi après avoir été recrutés très jeunes pour l'équipe B.
Villarreal a aussi un accord avec Roda, là où a percé Yeremi Pino ?
C'est un club qui s'avérait opportun. L'objectif était de permettre aux joueurs d'évoluer dans les catégories d'élite. On a créé cette équipe parce que, évidemment, on ne peut pas avoir deux équipes de Villarreal en División de Honor au plus haut niveau. Il fallait donc disposer d'un autre club. C'est ainsi que ce club a été créé : les joueurs du Roda, qui avaient un an de moins, jouaient déjà une saison dans cette catégorie supérieure; l'année suivante, ils jouaient également dans cette même catégorie supérieure sous les couleurs de Villarreal. Cela permettait de toujours disposer d'un très grand nombre de joueurs.
Pour en finir avec le sujet Villarreal : quand on voit qu'il y a plusieurs joueurs issus du centre de formation ou ayant porté le maillot du club qui sont champions du monde, cela rend fier ?
Cela me procure une grande satisfaction. Certes, on ressent un accomplissement personnel mais je suis surtout comblé en pensant à tous ceux qui ont travaillé aux côtés de ces joueurs : les responsables du centre d'hébergement, les entraîneurs, les kinés, les spécialistes de la méthodologie, les analystes. C'est le fruit du travail de toute cette équipe.
Prenez le parcours de Santi Cazorla : il n'est jamais passé par l'équipe des moins de 21 ans, il est allé directement en équipe première. Il y a eu Bruno Soriano ou encore David Fuster, qui a par la suite remporté six titres avec l'Olympiakos : ce furent des joueurs clés, sans oublier ceux arrivés très jeunes qui sont devenus capitaines, comme Antonio Valencia à Manchester United alors que personne ne le connaissait à ses débuts, ou encore Giuseppe Rossi.
En somme, il y avait un mélange de grands joueurs, ceux issus du centre de formation côtoyaient de jeunes recrues venues d'ailleurs. C'était précisément ce que nous recherchions : leur permettre de mûrir pour qu'ils intègrent l'équipe première et y livrent les performances qu'on leur a connues. C'est d'ailleurs toujours le cas aujourd'hui, car Villarreal continue de recruter de nombreux jeunes joueurs. C'est un flux continu.
Parlons de Monaco. Comment avez-vous fait pour convaincre Leonardo Jardim de passer d'un système à trois défenseurs à un 4-4-2 ?
Leonardo sortait déjà de trois années à Monaco où il avait formé des joueurs et travaillé avec des jeunes. Quand je suis arrivé à Monaco, j'ai trouvé une équipe qui à ce moment-là, disons, ne sortait pas d'une très bonne saison et dont le début de la suivante n'était pas idéal non plus. Elle jouait pratiquement avec Falcao seul en pointe et dans un style différent. Moi, je venais d'une école très précise où l'on jouait toujours en 4-4-2 et j'avais donc une idée très claire du système, un système adapté aux joueurs. Il est clair qu'avec l'effectif de Monaco à l'époque et avec l'éclosion de Kylian Mbappé, il fallait trouver de la place pour tout le monde. Or c'est sur les ailes que l'on disposait du plus de potentiel et des joueurs les plus prometteurs. Cela aurait été du gâchis de ne pas exploiter deux joueurs par côté : deux latéraux — Djibril Sidibé et Benjamin Mendy — et, devant eux, des joueurs offrant de multiples possibilités, tout comme au milieu de terrain. Il fallait donc concevoir un système qui permette de tirer parti de cette richesse de l'effectif, surtout sur les ailes, sans se priver de Bernardo Silva, de Mbappé qui jouait beaucoup sur l'aile à l'époque, de Thomas Lemar ou de Nabil Dirar.
Il y avait énormément de joueurs et en attaque, on alternait entre Falcao et Valère Germain ainsi que Guido Carrillo, sans oublier Mbappé qui pouvait aussi évoluer à ce poste. Il s'agissait donc, petit à petit, de mettre en place un système adapté aux qualités des joueurs dont on disposait à ce moment-là.
Leonardo est un entraîneur très intelligent. Il a parfaitement compris que cette façon de jouer convenait mieux au profil et aux qualités des joueurs présents à l'époque.
Vous avez évoqué Mbappé. Quand il était au centre de formation, Bruno Irles lui réclamait davantage de travail défensif en plus de briller sur le plan offensif. On constate qu'au fil des saisons, ces caractéristiques persistent. Parmi les joueurs à sa hauteur comme Lamine Yamal, Vinicius, Ousmane Dembélé, Michael Olise, il est le seul à s'en dispenser. Est-ce que ça manque à sa palette ?
Il est évident qu'un joueur talentueux comme Kylian possède des qualités offensives immenses et que cela suffit en soi. L'apport offensif l'emporte largement sur toute autre considération ou analyse. On pourrait certes dire "tiens, le pressing après la perte de balle manque d'agressivité", mais ce n'est pas grave, car chaque fois qu'il touche le ballon, il crée le danger. On sait bien que ce type de joueur talentueux n'est pas formaté pour un gros volume de travail défensif. Cela dit, dans le football moderne, les entraîneurs et le jeu lui-même exigent une équipe équilibrée, une bonne couverture des zones et, surtout, un pressing immédiat à la perte du ballon. Mais je pense que Kylian a su intégrer cela progressivement. Il a évolué petit à petit. C'est l'un des meilleurs joueurs du monde et il n'y a rien à redire sur son jeu, si ce n'est que seuls ceux qui cherchent absolument la petite bête pourraient lui reprocher un manque de repli défensif. Au bout du compte, je crois que son jeu offensif dépasse toutes les attentes.
Évidemment, en termes de statistiques globales, ses chiffres sont très bons mais, comme on en demande toujours plus à un crack, est-ce qu'on aurait pu l'imaginer plus complet dans l'expression collective, dans l'organisation du jeu ?
Au bout du compte, ce ne sont que des réflexions. Si vous proposez Mbappé à n'importe quel entraîneur ou à n'importe quelle équipe, personne ne le refusera. C'est un joueur de classe mondiale. Il prouve, et il a déjà prouvé, qu'il fait partie des meilleurs joueurs de la planète. Après, tout dépend du positionnement exact : joue-t-il en pointe, en soutien, ou plutôt sur un côté ? Cela dépend aussi des coéquipiers avec qui il doit évoluer. Il doit savoir combiner avec les joueurs qui l'entourent. N'oublions pas que les performances individuelles dépendent énormément des coéquipiers, car il est difficile de briller en solitaire.
Vous avez cité des noms moins connus dans cette équipe de Monaco comme Dirar ou Germain. On peut également y ajouter Morgan de Sanctis, le troisième gardien qui a servi de sparring partner à Mbappé et qui montre que même en n'ayant quasiment pas de temps de jeu, on est essentiel dans la vie d'un vestiaire.
Il lui arrivait de jouer mais il avait surtout un rôle fondamental dans le vestiaire. Dans n'importe quel vestiaire, il faut toujours un leader, un vrai, quelqu'un avec une forte personnalité, capable de regarder ses coéquipiers dans les yeux pour leur dire les choses en face, qui soutient vraiment l'entraîneur et le club, et qui sait aussi hausser le ton et bousculer ses coéquipiers quand il le faut. C'était exactement le cas de Morgan De Sanctis. Il possédait une expérience de joueur incroyable et c'était une personne formidable. Je pense vraiment qu'il a beaucoup contribué à la progression de Monaco. Dans le vestiaire cette saison-là, il a toujours eu un impact positif grâce à cette personnalité incroyable. Il faisait un travail précieux auprès de ses coéquipiers, aussi bien dans le vestiaire qu'en dehors. Quant à Kylian, je crois qu'il lui a aussi beaucoup apporté : il le provoquait et le titillait souvent à l'entraînement pour éviter qu'il ne prenne la grosse tête. Il voulait qu'il reste humble et qu'il se donne à 120 % à chaque séance. Il avait sa propre manière d'y parvenir et a ainsi apporté sa pierre à l'édifice.
Vous avez ensuite travaillé au Betis. Il s'agit d'un club doté d'une grande masse sociale fervente et qui a souvent eu des ressources financières importantes. Or il manquait souvent de la stabilité institutionnelle et sportive. Depuis quelques saisons, ces deux aspects sont là simultanément et on voit les résultats.
La ferveur n'est pas seulement à Séville ni même en Espagne, mais dans le monde entier. Où que l'on aille avec le Betis, que ce soit pour la pré-saison ou autre, on croise énormément de supporters du club partout. En vérité, le Betis jouit d'un retentissement mondial impressionnant. Il est vrai que le club a traversé des périodes économiques difficiles et, au début, cela a été compliqué pour moi aussi. Manuel Pellegrini et moi avons dû les affronter à notre arrivée, mais je crois que les problèmes ont été très bien résolus petit à petit. Ensuite, le club a indéniablement continué à grandir, il a remporté la Coupe du Roi. Se qualifier pour l'Europe signifie que si l'on maintient ce niveau et que l'on reste européen chaque année, la croissance continue d'être exponentielle.
C'est exactement ce qui est en train de se passer. Rester en Europe génère plus de revenus, ce qui permet de bâtir un meilleur effectif, d'attirer de meilleurs joueurs et de conserver un entraîneur qui possède une expérience et un équilibre incroyables, et qui aime le beau jeu. Les joueurs apprécient la ville. Et puis, le Betis s'appuie sur une base de supporters magnifique, le stade est toujours plein, ce qui rend le club très attractif pour tout le monde. Nous verrons ce que nous réservent les prochaines années, mais le club fait vraiment de l'excellent travail.
Joaquín est un fou, est un génie, ou les deux ?
(Rires) En tant que joueur, on connaît le parcours de Joaquín : ce qu'il a accompli est incroyable, tout comme sa capacité à se maintenir durablement au plus haut niveau. C'est quelqu'un qui cultive une certaine joie de vivre et un environnement positif. Il rayonne de bonheur et rend heureux ceux qui l'entourent. C'est une attitude très positive, tant pour lui-même que pour ses proches.
C'est votre deuxième passage à l'Olympiakos. Comment expliquer ce lien qui se tisse avec l'Espagne, et plus particulièrement avec les entraîneurs basques Ernesto Valverde, José Luis Mendilibar et maintenant Imanol Alguacil ?
La porte s'est un peu ouverte avec Ernesto qui a été champion. Cela dit, je ne crois pas qu'il y ait une recherche délibérée d'entraîneurs ou de joueurs espagnols. Ce sont des coïncidences, mais l'adaptation de ces personnes à cette région semble bonne. Le parcours du club le montre : on a l'impression que lorsqu'une personne vient d'Espagne ou plus spécifiquement du Pays basque, elle s'adapte très bien. L'accueil est excellent de la part de tout le monde.
Chez les Français, on pense évidemment à Mathieu Valbuena.
Il a vraiment été très bon pendant de nombreuses années. Au sein de l'académie aussi, il y a eu des périodes avec énormément de Français.
Ayoub El Kaabi s'est récemment cassé la jambe. Il a eu un parcours atypique, il a été décisif lors de la victoire en Ligue Conférence et il a disputé la Coupe du monde. C'est un numéro 9 très différent de ce qu'on voit aujourd'hui, très old school. C'est une sacrée trouvaille pour l'Olympiakos.
Ses statistiques à l'Olympiakos parlent d'elles-mêmes. C'est un joueur qui est arrivé par la petite porte, personne ne le connaissait. Nous avons eu de la chance : nous l'avions affronté lorsque nous étions en Chine et nous avions vu qu'il était libre. Cela nous a incités à tenter de le recruter, car nous pensions qu'il pouvait apporter ce dont l'Olympiakos avait besoin à ce moment-là. On a vu le résultat, n'est-ce pas ? C'est devenu un joueur emblématique. L'autre jour, il est entré sur le terrain en s'aidant encore des béquilles et le public l'a acclamé. C'est un vrai professionnel, un joueur incroyable, très bon, très atypique. Nous attendons vraiment avec impatience qu'il revienne pour la seconde partie de saison.
Pour finir, abordons le match de ce jeudi contre l'Olympique de Marseille. Grégory Lorenzi est votre homologue. Il n'a pas pu recruter en raison des difficultés économiques du club. Avez-vous déjà vécu une situation aussi critique et comment peut-on gérer un effectif sans marge de manœuvre financière ?
Il ne faut pas passer son temps à se plaindre, il faut plutôt se mettre au travail, retrousser ses manches et surtout essayer de créer un véritable esprit de groupe. Il faut grandir en tant que groupe, obtenir un engagement fort de la part de tous les joueurs, faire en sorte qu'ils se sentent vraiment investis pour le maillot et qu'ils acceptent la réalité de la situation. Il est essentiel de travailler sur les valeurs, tant au sein du staff que du groupe, pour instaurer discipline et engagement, et pour que chacun ait confiance et travaille pour les autres. Autrement dit, il faut bannir l'individualisme, l'égoïsme et les critiques internes. La gestion du groupe est fondamentale, tout comme celle de la direction, des supporters et des médias. Au bout du compte, tout le monde doit être conscient de la situation que traverse le club. Si tout le monde va dans le même sens, les choses seront bien plus faciles.
