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Exclu' Flashscore - Ramon Vega (candidat à la présidence de la FIFA) : "Nous devons regarder vers l’avenir"

Ramon Vega a annoncé son intention de se présenter à la présidence de la FIFA
Ramon Vega a annoncé son intention de se présenter à la présidence de la FIFABARRINGTON COOMBS / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES VIA AFP

Ramon Vega ne se contente pas de tenter sa chance : il revient sur le devant de la scène. Après son annonce du 7 octobre 2026, l’ancien capitaine de la sélection suisse lance officiellement sa quatrième candidature à la présidence de l’instance dirigeante du football mondial, avant l’élection de 2027.

Ayant déjà envisagé ou tenté une candidature en 2015, 2019 et 2022 sans jamais figurer sur le bulletin de vote final, Vega connaît bien les failles profondément ancrées dans les rouages politiques de la FIFA.

Dans cet entretien exclusif accordé à Flashscore, le premier grand entretien depuis l’annonce de sa candidature, Vega expose une vision qui écarte les tendances autocratiques de ces dernières années. Il réclame davantage de transparence, de responsabilité et un véritable dialogue démocratique.

Alors que l’Association suisse de football a récemment retiré son soutien au président actuel, Gianni Infantino, elle n’a pas encore annoncé publiquement son soutien à Vega.

Armé de l’inébranlable mentalité d’un vainqueur, Vega est néanmoins déterminé à réformer un écosystème qui a longtemps privilégié les profits au détriment du bien-être des joueurs. Cette histoire dépasse le cadre du sport : c’est un combat pour l’âme du football.

Comment avez-vous pris la décision de vous présenter à la présidence de la FIFA après l’avoir déjà envisagée par le passé ? 

Ce n’est pas quelque chose qui est apparu récemment. C’est une idée qui a germé il y a plus de dix ans. Je ne l’ai jamais abandonnée et j’ai tenté ma chance tous les quatre ans. Mais, comme je l’ai expliqué lors de l’annonce de ma candidature, les alliances évoluent constamment dans la politique du football. Un jour, vous avez le soutien nécessaire, le lendemain, il va ailleurs.

Ces dix dernières années ont été pour moi un véritable apprentissage concernant la dimension politique du sport : j’ai compris comment les choses fonctionnent en coulisses. Cela m’a montré à quel point le système était fermé. Ils veulent empêcher quiconque d’y entrer, car ils souhaitent rester éternellement au pouvoir. Pour moi, il est crucial d’ouvrir cet écosystème et de le mettre aux standards du XXIe siècle. La FIFA n’est pas structurée pour gouverner à notre époque. Elle a besoin de réformes profondes. 

Pensez-vous obtenir le soutien d’autres fédérations ? En 2015, vous n’aviez pas réussi à rassembler suffisamment de soutiens. Avez-vous déjà parlé avec des fédérations prêtes à vous soutenir ?

Je leur ai parlé et le soutien est bien là. Je ne peux pas révéler de noms pour l’instant, mais elles ont déjà manifesté un vif intérêt et leur soutien. Bien sûr, il reste beaucoup de travail à accomplir d’ici au 18 novembre. Mais le plus important, c’est que ce soutien existe. 

La Suisse a décidé de ne pas soutenir Gianni Infantino. Vous êtes Suisse. Que signifie cette décision pour vous ?

En ce qui concerne la Suisse, j’ai été son capitaine. J’ai porté son maillot et j’ai joué pour elle. Un peu de respect serait apprécié. Mais dans le football comme en politique, il y a toujours des divergences. Je suis peut-être Suisse, mais la FIFA est une organisation mondiale qui compte 211 associations membres.

Naturellement, je serais fier que ma fédération d’origine me respecte et m’offre son soutien. Cependant, je dois aussi me concentrer sur tous les autres acteurs, car il faut les rassembler pour provoquer de véritables changements et réformes. C’est un processus démocratique et ils doivent savoir qu’une alternative viable existe désormais.

Même l’UEFA parle beaucoup de réformes ces derniers temps, mais les paroles ne suffisent pas. Je ne viens pas seulement avec des mots : je viens maintenant pour agir. Je ne me suis pas lancé aujourd’hui : je travaille sur ce projet depuis dix ans. Ils doivent donc choisir entre changer le système ou le laisser tel quel en se contentant de regarder depuis l’extérieur. 

"Les enjeux fondamentaux sont l’honnêteté, la transparence et l’intégrité" 

Selon vous, quelle a été la pire décision prise par la FIFA au cours des dix dernières années sous la présidence d’Infantino ?

Il y en a plusieurs, mais la période récente est clairement le pire chapitre de tous. Les enjeux fondamentaux sont l’honnêteté, la transparence et l’intégrité du football. Ce sont des piliers essentiels qui ne peuvent pas être relégués au second plan. Mais le passé appartient au passé : nous devons regarder vers l’avenir. En réalité, tout ce dont nous parlons aujourd’hui, c’est d’argent, et non du football lui-même, qui a désespérément besoin d’être réformé. 

Quels sont les piliers clés de votre projet et de votre plan ?

L’objectif principal est de restructurer et de rétablir le dialogue, tout en menant une réforme en profondeur de la gouvernance de la FIFA, avec une mise en œuvre et une concertation appropriées. Au cours des 100 premiers jours, nous devons réunir toutes les parties prenantes autour de la table : les joueurs, les ligues, tout le monde. Un dialogue démocratique est indispensable. Nous devons également discuter du calendrier international afin d’établir une base solide pour le format du football. 

Selon vous, quelle est la réforme la plus nécessaire et la plus urgente ?

Le problème le plus urgent concerne la manière dont le conseil exécutif de la FIFA gouverne. Nous devons abandonner le modèle autocratique. Le président doit rendre des comptes, tout comme le secrétaire général. Nous devons mettre fin à l’autocratie et la remplacer par un dialogue démocratique. C’est crucial pour que toute nouvelle initiative fasse l’objet d’un débat démocratique et soit réformée avant d’être mise en place. 

Ramon Vega photographié en 2016
Ramon Vega photographié en 2016DANIEL L SMITH / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES VIA AFP

Que pensez-vous de la Coupe du monde élargie et des nouveaux formats de compétition ?

Le format en lui-même n’est pas le vrai problème, c’est le calendrier des joueurs. Vous pouvez créer 40 000 formats différents si vous le souhaitez : c’est la partie facile. Mais le calendrier international est déjà complètement saturé. Nous dictons constamment aux joueurs ce qu’ils doivent faire chaque jour.

Par conséquent, le niveau des joueurs baisse, le spectacle perd en qualité et les joueurs doivent se soucier de leur santé physique. C’est le problème central. Il est absolument essentiel d’avoir un dialogue solide sur ce sujet et de trouver un juste équilibre entre les intérêts commerciaux et la santé des joueurs. 

Une dernière question : honnêtement, quelles sont vos chances de devenir le prochain président de la FIFA ?

Si j’abordais cette candidature en pensant ne pas avoir la moindre chance, je ne me présenterais pas. Je m’y engage à 100 %. C’est comme pour un athlète professionnel : j’ai joué au football et remporté des trophées. Si j’entre sur le terrain avec la conviction d’avoir déjà perdu, je ne devrais même pas y entrer. 

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