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Gaël Monfils capitaine de Coupe Davis, l'écran de fumée idéal pour la Fédération Française de Tennis

Gaël Monfils, le choix qu'il ne fallait pas faire ?
Gaël Monfils, le choix qu'il ne fallait pas faire ?REUTERS/Benoit Tessier

Surprise avec la nomination de Gaël Monfils à la tête de l'équipe de France de Coupe Davis. Un choix qui pose bien évidemment question, mais qui ressemble surtout à une volonté de la Fédération Française de Tennis de détourner le débat.

La nouvelle a d'abord bruissé, avant d'être rapidement officialisée par la Fédération Française de Tennis : Gaël Monfils, tout juste retraité, a été nommé capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis.

À ce sujet - Gaël Monfils nommé capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis

Les questionnements sont nombreux maintenant que la situation est officielle. Déjà, "La Monf" n'a aucun diplôme pour entraîner qui que ce soit. C'était notamment le point crucial quand le nom de Jo-Wilfried Tsonga était évoqué. On imagine donc que la FFT va porter son nouveau capitaine vers une formation accélérée, qui va devoir sacrément l'être : le premier rendez-vous est en février.

C'est un fait courant dans le sport actuel : on choisit un "nom" au poste souhaité, et tant pis s'il ne remplit pas les critères, on s'arrangera après. Il y avait des candidats : le nom le plus logique était celui de Julien Benneteau, tout simplement parce qu'il a déjà remporté la Fed Cup avec les Bleues. Certes, ses dernières années à la tête de l'équipe de France ne sont guère glorieuses, puisqu'elle a quitté le groupe mondial, mais on ne peut pas clamer à tout-va que le tennis féminin français va mal et tout mettre sur le dos du capitaine (même si, en football, cela arrive toutes les semaines).

Le problème est ailleurs, car la FFT vient de nommer le joueur français le plus populaire du XXIe siècle aux commandes. Un choix politique ? Non, un choix populiste. Tous les capitaines de l'équipe de France ont été critiqués, c'est la nature du poste. Et ils étaient tous de très bons joueurs. Arnaud Clément, Sébastien Grosjean, Paul-Henri Mathieu : tous la gueule de l'emploi, mais jamais ils n'ont emporté l'adhésion. 

Sacrée carrière pour Gaël Monfils.
Sacrée carrière pour Gaël Monfils.AFP / EnetPulse

L'exemple Yannick Noah, le seul qui vaille ?

Si vous dites "capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis", tout le monde vous répondra "Yannick Noah". Le boss de fin, le mentor ultime. Trois passages à la tête des Bleus, un sacre à chaque fois, celui de 1991 restant inoubliable parce que mettant fin à près de 60 ans d'insuccès. Un point commun ? À peine retraité (avec l'émotion que la fin de carrière d'un tel joueur pouvait susciter), la FFT s'est jetée sur l'occasion et l'a transformé en capitaine, avec le succès que l'on connaît. 

Bien évidemment, Gaël Monfils est un joueur moins "fort" que Noah, dernier vainqueur masculin français en Grand Chelem. Mais en termes d'aura, de popularité, on est sur le même calibre. Un joueur catalogué comme showman qui a fait rêver pendant des années, adulé du public, et même de ses adversaires. Une référence pour beaucoup. Et une occasion parfaite de noyer les problèmes du tennis français, d'autant que l'on va lui adjoindre Gilles Simon, nouveau Directeur de la Haute Performance, et Richard Gasquet, annoncé sans qu'on sache pour quoi faire. Le rappel aux "Mousquetaires" est un peu grossier.

Depuis la refonte de la Coupe Davis en 2019, la France n'a atteint qu'une seule fois la phase finale. Un bilan bien insuffisant, mais qui symbolise les maux du tennis masculin tricolore. De la densité, sans nul doute, mais cette capacité à se sublimer en Coupe Davis semble avoir disparu. Les changements respectifs de capitaines n'y ont rien fait : la France n'appartient plus à l'élite mondiale. Et ce sont les chiffres qui le disent.

Alors, pour régler le problème, on nomme un joueur qui ramènera le public devant la télé à lui seul. Et on espère que cette fameuse aura suffira à galvaniser des troupes dont la majorité a rêvé devant les exploits de "La Monf". Au lieu de travailler à une refonte du système (le moment est parfait puisque Arthur Fils est top 10 et qualifié pour les ATP Finals, et que certains joueurs comme Arthur Gea ou Luca Van Assche commencent à se révéler), on tente un "coup" sans aucune garantie sur le long terme.

Même Noah a mis trois passages à la tête de l'équipe de France pour confirmer sur la durée (la deuxième fois, après le titre de 1996, il a même carrément été relégué du groupe mondial en 1997 !). Voilà ce qu'est la nomination de Gaël Monfils : un pansement sur une jambe de bois, l'écran de fumée parfait dont on pourra blâmer l'inexpérience en cas d'échec, et se targuer d'avoir voulu "tenter autre chose". Cela en dit long sur le tennis français…

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