Le tableau est presque trop beau pour être vrai. Arsenal, sacré champion d'Europe 2025, n'a marqué que deux buts en quatre journées de Women's Super League (5 points sur 12 possibles), avant de s'incliner 1-0 dimanche à Chelsea sur un but d'Alyssa Thompson juste avant la pause. En Ligue des champions, la mise en route a été pénible : les Gunners ont dû attendre un penalty de Mariona Caldentey dans le temps additionnel pour battre HB Køge (1-0), malgré environ 70 % de possession et 21 tirs. Un profil d'équipe qui domine sans conclure, et qui pourrait sembler à portée du Paris FC.
Mais l'entraîneure parisienne Sandrine Soubeyrand, elle, ne se laisse pas attendrir. À la question de savoir si ce n'était pas finalement le meilleur moment pour affronter des Londoniennes en difficulté, la coach parisienne a répondu sans détour : "À mon sens, c'est le plus mauvais moment pour les jouer." Face à Chelsea, elle n'a pas vu une équipe en crise : "Ça ne s'est pas joué à grand-chose. Le score ne bascule pas en leur faveur, mais elles ont vu pas mal de situations." Selon elle, ces résultats s'expliquent par un effectif remanié : "Elles ont fait pas mal de changements, ça prend un peu de temps pour que l'équipe donne sa pleine mesure." Et d'insister : "On ne parle pas d'une équipe moyenne en face, on parle d'une très forte équipe qui est aussi prétendante à la Ligue des champions."
"On est préparé à souffrir"
Le Paris FC sait de quoi il parle : les deux équipes se sont déjà croisées cette saison. Le 23 août, en match de préparation à Borehamwood, Arsenal l'a emporté 1-0 sur un but d'Olivia Smith à la 91e minute. Un scénario qui a laissé des souvenirs à la coach parisienne : "On avait beaucoup défendu." Cette fois, elle imagine un tout autre film : "Je m'attends à un match un peu différent, peut-être plus ouvert, je ne sais pas, on verra. En tout cas, je pense qu'on va beaucoup souffrir." Sans que cela l'inquiète : "On est préparé à souffrir."
Ce qui lui donne confiance, c'est ce qu'elle a vu à Barcelone. En tête dès la 5e minute grâce à un magnifique but d'Evelyne Viens, les Parisiennes ont tenu tête au Barça par séquences avant de céder, Clara Mateo n'ayant réduit l'écart qu'à la 73e (score final 5-2 pour le FC Barcelone). Le plan de jeu sera le même, avec la même ambition : "On n'est pas là pour gagner la Ligue des champions, on est là pour exister dans cette compétition. Ce que je veux, c'est que mon équipe soit en capacité de les embêter le plus longtemps possible, de ne pas subir tout le temps." Elle en tire aussi une leçon précise : "Comme on avait ouvert la marque, on peut garder le score un peu plus longtemps."
Cette exigence défensive tranche avec les résultats parisiens face aux ténors. Quatrième du championnat avec six points en trois matchs, le Paris FC a signé deux succès sans encaisser de but, contre Nantes (2-0) et Strasbourg (2-0), mais s'est lourdement incliné face à l'OL Lyonnes (7-1). Avec les cinq buts encaissés à Barcelone, cela fait douze buts concédés en deux confrontations avec les meilleures équipes. L'attaquante canadienne Evelyne Viens, déjà buteuse à Barcelone, devra continuer de donner de la profondeur, mais la coach attend aussi qu'elle s'implique davantage dans le jeu : "Être un peu plus connectée à l'équipe et plus influente dans le jeu quand on est en position un peu plus basse, pour conserver la balle et faire jouer les autres."
Un beau souvenir face à Arsenal
Face à Arsenal, il y a aussi un précédent, un doux souvenir pour le Paris FC.En septembre 2023, à Linköping (Suède), les joueuses de Sandrine Soubeyrand avaient éliminé Arsenal aux tirs au but (3-3, 4 t.a.b. à 2) au premier tour de qualification, avec un arrêt décisif de Chiamaka Nnadozie. "Entre-temps, il s'est passé pas mal de choses pour eux comme pour nous", résume-t-elle. Depuis, Arsenal est devenu champion d'Europe, tandis que Paris a remporté la Coupe de France 2025 aux tirs au but contre le PSG. "Elles ont de l'avance sur nous sur le plan européen, même sur le plan de leur championnat. Ce soir, ça va être complètement différent."
Côté joueuses, c'est la fraîcheur qui doit faire la différence. Sans match de championnat ce week-end, le Paris FC a pu récupérer après ses deux déplacements consécutifs, à Strasbourg puis Barcelone, et n'affrontera Lens que samedi. Arsenal, lui, enchaîne avec un déplacement à Manchester City dimanche, après donc un derby londonien perdu face à Chelsea ce week-end. Daphné Corboz, de retour de sa blessure au ligament croisé et qui avait retrouvé le groupe face au Barça, voit dans ce calendrier un vrai atout : "Barcelone et Arsenal, ce sont des matchs avec beaucoup d'intensité. D'avoir un match en moins entre les deux, c'est top pour la récupération et pour bien préparer le match d'Arsenal." Elle ajoute : "On n'a pas un match au milieu sur lequel il faut beaucoup se concentrer." Quant à sa propre situation, elle reste prudente : "Évidemment, on a tout envie de jouer, mais le temps nous dira."
Reste l'enjeu du calendrier. Sans match de championnat ce week-end, le Paris FC a pu récupérer après ses deux déplacements consécutifs, à Strasbourg puis Barcelone, et n'affrontera Lens que samedi. Arsenal, lui, enchaîne avec un déplacement à Manchester City dimanche. Face à un public attendu à plus de 10 000 personnes, la coach parisienne ne cherche pas le record, mais l'ambiance : "On a très envie de jouer, et pas de battre un record, mais d'avoir le stade le plus plein possible."
