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Un OL Lyonnes-Chelsea placé sous le signe des retrouvailles

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ePhoto par JASPER WAX / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES VIA AFP

Sonia Bompastor retrouve le Groupama Stadium pour la première fois depuis son départ de l'Olympique lyonnais, depuis devenu l'OL Lyonnes. Aujourd'hui sur le banc de Chelsea, la légende lyonnaise devra mettre de côté l'affect pour se plonger dans un duel européen de haute volée.

Il y a des tirages au sort que l'on attend plus que d'autres. Depuis deux ans, chaque fois que l'urne de la Ligue des champions s'ouvre, beaucoup, à Lyon, croisent les doigts pour tomber sur Chelsea. Mercredi 30 septembre, à 21h, le vœu se réalise : dans le cadre de la deuxième journée de la phase de ligue, l'OL Lyonnes reçoit les Blues dans un Groupama Stadium qui retrouvera l'une de ses enfants. Joueuse, directrice de l'académie puis entraîneure de l'équipe première entre 2021 et 2024, Sonia Bompastor a quitté le club à l'été 2024, après la finale de Bilbao perdue face au FC Barcelone. Elle y avait notamment décroché le doublé championnat-Ligue des champions en 2022. À ses côtés sur le banc londonien, Camille Abily, autre figure de la maison, reviendra elle aussi sur ses terres.

Un Chelsea aux accents lyonnais

Les retrouvailles ne se limitent pas aux bancs. Lucy Bronze, Kadeisha Buchanan, Ellie Carpenter et Melvine Malard ont toutes soulevé la Ligue des champions sous le maillot lyonnais avant de poursuivre leur route à Londres. Dans l'autre sens, Ashley Lawrence, qui évoluait encore à Chelsea il y a deux saisons, défend aujourd'hui les couleurs de l'OL Lyonnes. Deux effectifs qui se connaissent par cœur, donc, et qui s'apprêtent à s'affronter sans filet.

Pour la technicienne, l'émotion est réelle, et elle ne cherche pas à la masquer. "Je ne suis pas la seule, du coup, à la fois dans le groupe de joueuses, mais dans le groupe de staff à revenir", a-t-elle rappelé en conférence de presse. Le tirage au sort, dit-elle, a été "un moment particulier" pour tout le monde, et son groupe s'est réjoui de retrouver Lyon : "Forcément, c'est un grand stade, c'est une grande équipe."

Becho : "Sur le terrain, il n'y a pas d'amitié"

Chez les Lyonnaises, on partage le plaisir des retrouvailles, mais on garde la tête froide. Vicki Becho l'a exprimé sans détour : "Ça fait plaisir de se retrouver sur le terrain (...) mais sur le terrain il n'y a pas d'amitié, de connaissances ou quoi que ce soit. On veut juste gagner. » L'attaquante appelle les supporters à porter l'équipe « jusqu'au bout", et reconnaît que la connaissance de l'adversaire vaut dans les deux sens : "Si on les connaît, c'est qu'elles nous connaissent aussi." Résultat, l'affiche sera abordée comme n'importe quelle autre, avec le même sérieux.

Reste ce que la joueuse doit au tandem Bompastor-Abily. "Si je suis à Lyon aujourd'hui, c'est en partie grâce à Sonia", confie-t-elle. Elle se souvient du travail effectué avec Camille Abily durant ses deux premières saisons, alors que celle-ci secondait Jean-Luc Vasseur, puis avec Bompastor, et salue l'accompagnement de l'adjoint Théo Rivrin, précieux pour les jeunes à leur arrivée : "On arrive dans une équipe où il n'y a que des joueuses de classe mondiale et on avait besoin d'accompagnement." Un sentiment que Marie-Antoinette Katoto, qui n'a jamais été dirigée par le duo, rejoint à sa manière en parlant de "deux légendes du club".

30 buts en 4 matchs pour l'OL Lyonnes

Sur le plan sportif, le match ne manque pas d'ingrédients. Lyon, sous la direction de Jonatan Giráldez, a marqué 30 buts en quatre rencontres officielles, dont dernièrement un 8-0 face à Servette pour son entrée en lice européenne et un 8-1 contre Le Havre en championnat. Chelsea, lui, a lancé sa campagne par un succès plus poussif (1-0) contre l'Austria Vienne, grâce à un but de Wieke Kaptein dès la 11e minute, avant de s'imposer dimanche dans le derby londonien face à Arsenal (1-0). Une victoire d'autant plus symbolique que c'est Arsenal qui avait éliminé les Blues en quarts de finale de la dernière édition.

Pour Bompastor, ce Lyon-Chelsea est avant tout un match de Ligue des champions, "la plus belle compétition qui existe au niveau d'un club". Elle en attend une intensité "tout simplement différente du championnat", et estime que la victoire reviendra à l'équipe capable de s'y adapter : "L'équipe qui arrivera à répondre à cette intensité aura forcément un ascendant sur l'autre." Habituées, à Chelsea, à enchaîner les oppositions athlétiques chaque week-end, ses joueuses n'arriveront pas en terrain inconnu.

Deux ans après son départ, la coach dresse aussi le bilan de son évolution. À ceux qui l'avaient jugée "critique" envers le football féminin français, elle répond : "Je dirais pas que j'étais critique, j'étais juste réaliste." Son but, précise-t-elle, était de faire avancer les choses. En Angleterre, elle a découvert un championnat où l'on ne peut "rien laisser au hasard", que ce soit sur l'aspect tactique, athlétique, technique ou mental. À Lyon, reconnaît-elle sans manquer de respect, la qualité de l'effectif permettait souvent de faire la différence dans le dernier quart d'heure, ce qui rendait la préparation un peu moins intense. À Chelsea, l'exigence est permanente, et la relation avec les joueuses a changé : davantage de proximité, un échange constant et la volonté de trouver ensemble les solutions pour gagner.

La quête européenne

Reste le grand objectif. Chelsea bâtit chaque effectif pour tout gagner, mais la Ligue des champions est "le seul (titre) qui manque aujourd'hui au club". Bompastor y voit un équilibre à trouver entre expérience et jeunesse, beaucoup de travail, et un peu de réussite, dans une compétition où de plus en plus de clubs investissent. La saison passée, l'aventure s'est arrêtée en quarts de finale face à Arsenal, avec un sentiment d'avoir été "un petit peu floué par l'arbitrage". Ces détails, admet-elle, peuvent compter, mais elle assure que l'équipe "n'est pas loin" et qu'il faut y aller avec "un esprit un peu tueur sur les grosses oppositions".

Le brassard de Chelsea est aujourd'hui porté par Lucy Bronze, qui n'a pas manqué de rendre hommage à l'une de ses anciennes coéquipières qu'elle retrouvera en face : Wendie Renard. "J'ai passé trois ans à Lyon avec Wendie comme capitaine, et je dis à tout le monde que c'est la meilleure capitaine que j'ai jamais eue. C'est simplement une grande joueuse et une grande personne", a-t-elle expliqué. L'Anglaise dit avoir énormément appris à son contact : "Sa façon de défendre son équipe, de prendre la défense des gens, le respect qu'elle a gagné auprès de tout le monde en faisant les choses correctement. Il y a tellement de mots pour la décrire."

Une influence que la défenseuse essaie aujourd'hui de transposer à Chelsea. "Je pense avoir retenu beaucoup de l'expérience qu'elle a apportée à Lyon, et j'essaie de l'amener à Chelsea de la même manière : diriger par l'exemple, entraîner tout le monde avec soi et toujours viser le plus haut niveau d'exigence", détaille-t-elle. Pour Bronze, c'est là que se joue la différence : "C'est ce qu'il faut pour être la meilleure équipe : avoir des leaders comme ça. C'est pour cela que Lyon compte autant de Ligues des champions, grâce à des personnes comme Wendie Renard."

L'histoire récente entre les deux clubs sur la scène européenne date des quarts de finale 2022-23. Chelsea s'était imposé 1-0 à l'aller, Lyon avait renversé la situation 2-1 au retour, mais les Londoniennes s'étaient qualifiées aux tirs au but (4-3). Sonia Bompastor, alors sur le banc lyonnais, en connaît donc le goût amer. Plus de trois ans plus tard, la revanche a de faux airs de retrouvailles avec l'histoire.

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