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Claudia Pina (FC Barcelone) : "L'objectif de l'équipe est de gagner non pas 4 mais 5 titres"

Claudia Pina (FC Barcelone) : "L'objectif de l'équipe est de gagner non pas 4 mais 5 titres"
Claudia Pina (FC Barcelone) : "L'objectif de l'équipe est de gagner non pas 4 mais 5 titres"Photo par URBANANDSPORT / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP

Auteure d'un début de saison étincelant sous les couleurs du FC Barcelone, Claudia Pina s'impose plus que jamais comme l'une des figures centrales du collectif catalan après de nombreux départs. À la veille d'entamer la défense de leur titre en Ligue des champions face au Paris FC, la polyvalente attaquante se confie sur son nouveau rôle, l'intégration des recrues et l'ambition intacte d'un groupe armé pour tout rafler dans le cadre d'une visio-conférence organisée par l'UEFA.

Après avoir fait votre retour au Camp Nou la saison passée, c'est toujours une attente d'y retourner cette saison ?

J'ai vraiment très envie d'y retourner. Au final, c'est notre stade, c'est le meilleur stade du monde. On a toujours très envie d'y être et de pouvoir y vivre de grandes soirées.

L'absence d'Alexia Putellas dans l'effectif change-t-elle la dynamique du groupe ?

Je ne parlerais pas de pression, plutôt de l'envie de continuer à travailler jour après jour pour que l'équipe ne ressente pas son absence. Il y a beaucoup de filles qui grandissent derrière et qui nous aident à rester une équipe forte, pour redevenir la meilleure équipe du monde. Ce n'est pas une pression, c'est plutôt la volonté de continuer à progresser.

Un été marqué par de nombreux départs (Alexia, Mapi León, Ona Batlle, Salma Paralluelo) : comment le groupe a-t-il digéré ces changements, et voit-on un nouveau Barça cette saison ?

On l'a dit, on le sait. Mais des joueuses du filial sont arrivées et continuent de nous aider, et on s'est aussi renforcées avec des recrues importantes. L'objectif reste le même que les autres années : la philosophie de l'équipe et la philosophie de travail ne changent pas. On nous demande la même chose chaque saison, voire encore plus d'exigence, en essayant d'améliorer surtout les petits détails. Ce qui compte, c'est que les nouvelles arrivantes s'adaptent bien à notre jeu, qui est un style bien à nous — tout le monde n'a pas ce style de jeu. Beaucoup d'envie et surtout beaucoup de travail.

Les jeunes joueuses qui montent de la Masia sont-elles prêtes pour des rendez-vous comme la Ligue des champions ?

Le centre de formation travaille de mieux en mieux, la Masia. Les filles montent de mieux en mieux formées, plus préparées pour ce genre de matches. Certaines sont déjà avec nous depuis un bon moment et je pense qu'elles sont très préparées pour jouer un match de Champions. Elles n'ont pas à avoir peur ni à se sentir responsables de quoi que ce soit : elles doivent juste sortir sur le terrain, prendre du plaisir et faire ce qu'elles savent faire.

"Je joue un peu plus bas, plus en intérieure qu'en ailière"

Comment vivez-vous cette nouvelle étape et l'évolution de votre rôle, dans et hors du terrain ?

Je reste la même. J'essaie de travailler tous les jours pour être meilleure. Sur le terrain, j'essaie toujours d'aider l'équipe au maximum. Ce qui a pu changer, c'est qu'avec quelques blessures, je joue un peu plus bas, plus en intérieure qu'en ailière. Hors du terrain, je reste la même personne, centrée sur l'équipe et sur le football, à peu près comme l'année dernière.

Pere Romeu vous fait davantage jouer à l'intérieur : est-ce aussi une façon pour vous de vous réinventer ?

Pere sait qu'il a beaucoup de joueuses capables d'évoluer à différents postes, dans différents rôles. Quand je dois jouer intérieure, j'essaie de le faire du mieux possible ; quand je dois jouer ailière, pareil. Beaucoup de joueuses occupent en ce moment des postes qu'elles n'avaient jamais occupés. J'ai la chance d'avoir joué intérieure dans les catégories inférieures, donc c'est une position où je me sens à l'aise. Au final, je joue là où on a besoin de moi à chaque match.

Vous entamez la défense de votre titre européen : la pression est-elle différente en tant que championnes en titre ?

Personnellement, je pense qu'on sort toujours gagner tous nos matches, peu importe la compétition ou ce qui est en jeu. C'est très important pour nous de bien commencer mercredi, de bien démarrer la Champions. Ce n'est pas facile, évidemment on va essayer de gagner. On a en face un très grand adversaire, mais la dernière chose que cette équipe doit faire, c'est se mettre de la pression. On doit juste être nous-mêmes, prendre du plaisir sur le terrain — c'est ce qui nous a réussi toutes ces années.

Le Real Madrid s'est beaucoup renforcé cet été : est-ce que cela vous motive davantage à prouver que vous restez les meilleures ?

Franchement, je sais que le Real a beaucoup recruté, mais je ne suis pas du genre à trop regarder les autres équipes. Ce qui m'importe, c'est mon travail. Je sais qu'elles ont recruté, mais je n'ai pratiquement pas vu jouer les autres équipes pour l'instant cette saison.

"L'an dernier le Paris FC ne nous avait pas laissé beaucoup d'espace au milieu"

On vous a demandé si l'objectif était de rafler les quatre titres cette saison...

L'objectif de l'équipe n'est pas de gagner quatre titres, mais bien cinq. La saison est très longue, et avec l'équipe qu'on a, pourquoi pas.

Qu'attendez-vous du Paris FC ce mercredi ?

Je pense qu'elles vont venir pour gagner. Ce sont des équipes très solides, qui ont les idées claires et qui défendent très regroupées — l'an dernier, elles ne nous avaient pas laissé beaucoup d'espace au milieu, et chez eux ça avait été compliqué. C'est une équipe française coriace, ce sera sûrement aussi un grand match.

Lyon a battu Paris FC 7-1 il y a deux semaines : quel message cela envoie-t-il au reste de l'Europe ?

Chaque match est particulier et différent pour tout le monde, et je pense que ce sera un match très différent. Paris ne va sans doute pas venir nous presser aussi haut, parce qu'elles connaissent notre jeu — ça peut donc être un match complètement différent.

Vous affronterez aussi Arsenal au Camp Nou cette saison : est-ce une rivalité particulière dans le football féminin, avec en tête la finale perdue à Lisbonne ?

C'est un immense adversaire, on s'est affrontées en finale de Champions, donc on a vraiment envie de rejouer contre elles. Elles ont de très grandes joueuses, ça sera comme toujours en Champions, de très grands matches, et on va essayer de faire un bon match.

"J'ai hâte que la Champions démarre mercredi"

Après un match spectaculaire ce week-end avec un triplé, est-ce le bon moment pour vous de lancer une nouvelle campagne européenne, et comment décririez-vous votre moment personnel ?

Je me sens très bien, je le dis depuis un moment déjà : au niveau individuel, j'ai la confiance que me donne le staff, je le sens comme ça sur le terrain. Comme toujours, j'essaie d'aider l'équipe avec des buts, des passes décisives, et sinon avec du travail. J'ai hâte que la Champions démarre mercredi, hâte de voir le public venir nous encourager au Johan Cruyff — ce sera un match compliqué et on aura besoin d'eux.

Avec les départs de plusieurs cadres et les changements de capitanat, comment vivez-vous ce rôle de leader qui vous incombe davantage ?

Ça fait déjà beaucoup d'années que je suis au club, et je ressens fortement l'écusson du Barça, le poids que représente le fait de porter ce maillot. Je pense que l'important, surtout pour les plus jeunes, c'est qu'elles comprennent qu'on doit tout laisser sur le terrain pour ces couleurs, se sentir pleinement partie de cette équipe pour construire de grandes choses et que le collectif accomplisse de grandes choses.

Vous êtes entrée en jeu contre Alavés pour inscrire un triplé, ce qui porte votre ratio à un but toutes les 57 minutes en Liga F cette saison. Avez-vous le sentiment de vivre l'un des meilleurs moments de votre carrière, et quelle confiance cela vous donne-t-il pour la Champions ?

Marquer des buts donne évidemment un petit plus de confiance pour aborder la Champions, mais je le répète : l'objectif reste de travailler pour l'équipe. Je pense que c'est important, la façon dont je joue et dont je m'adapte cette saison à un rôle un peu différent, et surtout de faire ce qu'il faut à chaque moment. Chaque match est différent, l'entraîneur nous demande des choses différentes à chaque rencontre, et j'essaie de faire le mieux possible.

"Je suis certaine que Kerolin nous apportera beaucoup de joies"

Vous et Kerolin avez toutes les deux été impliquées dans l'un des buts les plus marquants de la Liga F récemment : y a-t-il une relation instinctive entre vous deux ?

Je pense que c'est l'une des meilleures joueuses qui soient, surtout en un-contre-un. Elle a commencé la saison à un niveau incroyable, j'espère qu'elle va continuer comme ça toute la saison, continuer à donner des passes décisives, continuer à marquer. C'est une fille que je trouve vraiment excellente, et on a une bonne complicité d'un côté à l'autre du terrain.

Kerolin a elle-même reconnu que son adaptation est encore un peu difficile : comment l'accompagnez-vous dans le vestiaire ?

La seule chose que j'essaie de lui dire, c'est qu'elle vient tout juste d'arriver, et que les changements ne sont jamais faciles. Elle est venue ici, elle vit seule, elle est en train de nous découvrir. Depuis son arrivée, je trouve qu'elle se libère de plus en plus, et c'est vraiment la seule chose qu'elle doit faire : être elle-même sur le terrain, oser, essayer de se détacher dans les un-contre-un. Cette petite retenue du début, que tout le monde ressentirait dans un nouvel endroit, va passer. Qu'elle soit elle-même sur le terrain, qu'elle prenne du plaisir, et c'est tout — je suis certaine qu'elle nous apportera beaucoup de joies.

Renee van Asten a rejoint le club cet été en provenance de l'Ajax et se remet actuellement d'une blessure : quelle impression a-t-elle laissée ?

On pense que c'est une joueuse très jeune, mais qui s'intègre parfaitement à notre jeu. Intense, très bonne pour monter presser et récupérer le ballon, ce qui fait aussi partie de notre jeu, et elle a une grande qualité balle au pied. Je pense qu'elle va beaucoup nous aider.

Que peuvent apprendre les joueuses les plus expérimentées auprès de jeunes recrues comme elle ou Esmee Brugts ?

Au final, je pense qu'on s'entraide toutes, et on a la chance chaque jour, à l'entraînement, de progresser les unes grâce aux autres. Elles ont énormément de qualité toutes les deux. Esmee peut aussi jouer à plusieurs postes, et je pense que ça peut beaucoup aider l'équipe. Au fond, on apprend toutes les unes des autres.

"L'un de mes objectifs c'est de pouvoir tirer au but"

Après toutes ces années au Barça, qu'est-ce qui vous agace encore ou sur quoi voulez-vous progresser ?

Sur énormément de choses. L'une de celles qu'on essaie d'améliorer, ce sont les phases défensives. Surtout face à la joueuse que je défends : quand je suis moins connectée dans le match, ça me coûte un peu plus. J'essaie donc de rester connectée pour bien faire ces temps défensifs, parce qu'au final il est très important que les attaquantes défendent bien aussi.

Vous avez déjà marqué trois buts hors de la surface cette saison, contre quatre sur toute la saison dernière : est-ce un choix tactique, une consigne pour tirer davantage de loin ?

Non, au final je joue toujours un peu sur le côté gauche, et quand je peux conduire vers l'intérieur, l'un de mes objectifs c'est de pouvoir tirer au but, que ce soit depuis l'intérieur ou de l'extérieur de la surface. Mais si on me ferme l'angle, j'essaie évidemment de trouver une coéquipière mieux placée que moi. Et sinon, j'aime bien continuer à tirer de loin.

Avec déjà quatre compétitions au programme et l'annonce de la nouvelle FIFA Women's Champions Cup à Miami en janvier, comment envisagez-vous la gestion d'un calendrier aussi chargé ?

Le défi, c'est justement l'envie de continuer à gagner — ce sont nos objectifs tout au long de la saison. Donc avec beaucoup d'envie, d'ambition, de travail, et en restant unies en tant qu'équipe.

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