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L'AC Milan et la Juventus, monuments en péril avant cette nouvelle saison

Les Milanais en amical le 15 août.
Les Milanais en amical le 15 août.REUTERS/Kacper Pempel

Pour la première fois depuis la création de la Ligue des champions en 1992, ni l'AC Milan ni la Juventus Turin ne sont engagés en C1 et leur déclassement, avant le coup d'envoi de leur saison dimanche, ne se limite pas à l'Europe.

AC Milan : Amorim et Ramos pour balayer la saudade

C'est un signal qu'il espère fort : à deux jours d'affronter le Torino, Gerry Cardinale a passé une bonne partie de son vendredi à Milanello pour rencontrer ses joueurs, certains individuellement, et l'encadrement technique. C'est la cinquième fois de l'été que l'homme d'affaires américain et propriétaire depuis 2022 du Milan est passé par le centre d'entraînement.

Critiqué par les tifosi qui lui reprochent ses manques d'ambition et d'investissement, ainsi que ses trop rares séjours en Italie, Cardinale a frappé du poing sur la table fin mai après la calamiteuse fin de saison de son équipe qui a perdu son billet pour la Ligue des champions (5ᵉ), lors de l'ultime journée avec une défaite à domicile face à Cagliari (2-1).

Dans la foulée, le patron du fonds RedBird a renvoyé Massimiliano Allegri, son entraîneur depuis moins d'un an, et a complètement remanié la direction sportive et administrative du club rossonero. Seul son conseiller spécial Zlatan Ibrahimovic, pourtant pris en grippe par les supporteurs, a échappé à son courroux.

Pour relancer un club dont le dernier scudetto remonte à 2022 et qui n'a eu depuis qu'un trophée, la Supercoupe d'Italie 2025, à se mettre sous la dent, il a choisi Ruben Amorim, libre depuis son licenciement par Manchester United. Le technicien portugais est le cinquième entraîneur du Milan depuis 2024, le troisième venu du Portugal après Paulo Fonseca et Sergio Conceiçao qui se sont succédé en 2024-2025.

Les Rossoneri, désormais dans l'ombre de leurs rivaux et voisins de l'Inter, ont été les plus actifs en Italie sur le mercato avec notamment 74 millions d'euros pour Gonçalo Ramos (PSG), un record, et 50 millions pour Diego Moreira (Strasbourg). Ils ne désespèrent pas de se débarrasser de Rafael Leao, longtemps présenté comme la future star de cette équipe, mais devenu symbole d'un club en crise permanente.

La Juventus Turin a fait le ménage

Si l'AC Milan a dépensé plus de 160 millions d'euros, il est talonné au niveau italien, selon les chiffres du site spécialisé Transfermarkt par la Juventus Turin (157 millions d'euros), qui s'est notamment offert Randal Kolo Muani (40 millions d'euros).

Les deux institutions du Calcio ont d'autres points communs. Comme le Milan, le club le plus titré du football italien court après son prestigieux passé : la Juve n'a plus remporté le scudetto depuis 2020 et brillé en C1 depuis sa finale perdue en 2017 contre le Real Madrid.

À l'instar de son rival milanais, la Vieille Dame a perdu cette stabilité qui faisait sa marque de fabrique : arrivé en cours de saison dernière, Luciano Spalletti (son sixième entraîneur depuis 2024 !) a conservé de justesse son poste malgré une décevante 6ᵉ place, mais le directeur général français Damien Comolli a été prié de faire ses valises après moins d'un an.

Son successeur s'emploie depuis à détricoter son onéreuse campagne de recrutement de l'été dernier, basée sur des algorithmes : Loïs Openda (42 millions d'euros) a ainsi été prêté à Lyon et le club bianconero cherche à céder, voire à prêter, Jonathan David qui n'a fait mouche qu'à six reprises pour ses débuts en Serie A. Autre gros salaire du championnat, Dusan Vlahovic, en fin de contrat, a fini par répondre aux sirènes turques du Besiktas.

Le redressement sportif et son corollaire financier sont urgents: toujours dans le collimateur de l'UEFA, la Juve, opposée au promu Frosinone dimanche, a enregistré plus de 58 millions d'euros de pertes en 2024-2025 et la famille Agnelli a encore dû mettre la main à la poche pour la soutenir.