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Luis Enrique, l'art de coacher

Luis Enrique et Vitinha lors de la rencontre Rennes-PSG.
Luis Enrique et Vitinha lors de la rencontre Rennes-PSG.PSNEWZ / Sipa Press / Profimedia

Ballon d'Or ou pas, personne n'est intouchable sous Luis Enrique. Contre Rennes, l'entraîneur du PSG a sorti Dembélé et Kvaratskhelia à la pause pour aller chercher un match nul héroïque. La preuve, une fois de plus, que Lucho sait coacher.

« Le football, c'est comme ça ! » Du moins, celui de Luis Enrique, qui est sans conteste, depuis deux saisons, le meilleur au monde. Et même si le Paris Saint-Germain a mal débuté sa saison, avec une défaite au Trophée des Champions face à Lens (1-0) et un nul au Roazhon Park contre le Stade Rennais (2-2), l'Espagnol a déjà su se montrer décisif pour son équipe à un moment clé.

Comment ? Tout simplement en faisant ce que trop peu d'entraîneurs sont capables de faire dans les grandes équipes : coacher. Car oui, Lucho a fait un choix fort à la pause, alors que son équipe était menée 2-0 en rentrant aux vestiaires : sortir ses deux joueurs phares, Ousmane Dembélé, Ballon d'Or en titre et taulier du PSG depuis deux saisons, et Khvicha Kvaratskhelia, le meilleur parisien de la saison 2025-2026.

Un message très clair envoyé à ses joueurs : celui qui n'est pas au niveau n'a pas sa place garantie dans l'effectif, même quand on porte le statut des deux attaquants du PSG. En parlant de statut, ce mot, visiblement, n'existe pas dans le lexique de Luis Enrique, qui a tenu à souligner après le match, au micro de Ligue 1+ — alors que son équipe était parvenue à revenir à 2-2 et à arracher le point du match nul — que le « crédit » n'existait pas « au Paris Saint-Germain »

« Tu dois sortir de ta zone de confort ! Le Paris Saint-Germain n'a rien gagné. Rien ! Si tu penses que tu as gagné, tu n'as rien gagné. Pour moi, la chose la plus importante, c'est qu'il n'y a pas de crédit. Tu dois montrer chaque jour, à chaque match, que tu es prêt. On cherche à gagner tout le temps, et pour gagner tout le temps, tu dois sortir de ta zone de confort. »

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À la place du Français et du Géorgien, ce sont Ferran Torres et Mika Godts qui sont entrés dès le retour des vestiaires — des changements payants, puisque le champion du monde a permis au PSG de revenir dans la rencontre. Mais avant de remettre Paris dans la partie, Luis Enrique décide aussi de sortir, à l'heure de jeu, Joao Neves — en deçà de ce qu'il a l'habitude de proposer — pour le remplacer par Fabian Ruiz, qui sera lui aussi un véritable game changer. Trois changements forts, donc — et n'oublions pas celui de Vitinha à la 69ᵉ minute —, qui rappellent qu'il ne faut jamais s'asseoir sur ses lauriers.

Les deux Espagnols, eux, ont renversé la physionomie du match, se connectant à merveille — eux qui ont passé plus de deux mois côte à côte aux USA avec la sélection espagnole — et ont permis au PSG d'arracher un point important en ce début de Ligue 1. Il y a de très fortes chances que le PSG conserve son titre de champion de France à la fin de la saison, et ce match nul ne devrait pas avoir d'incidence particulière sur la suite du championnat, tant Paris est au-dessus du lot. Mais cette rencontre rappelle à quel point l'exigence est l'essence même du PSG de Luis Enrique.

Vous n'êtes pas bons, pas de problème : des joueurs sont sur le banc et attendent leur moment — à commencer par toutes ces nouvelles recrues qui vont démarrer un nouveau cycle en France, dans le club de la capitale. Pour Ferran Torres, homme providentiel de la Roja, jeté comme un pestiféré par le Barça, ce début ne peut que donner le sourire. L'attaquant espagnol nous rappelle également à quel point il peut être un véritable atout pour son nouveau coach, et à quel point il semble avoir atteint un stade de grande maturité, après cette Coupe du monde soulevée aux USA.

Luis Enrique, lui, sur le banc, maintient sa politique et sa mentalité : celle de faire des choix forts quand le moment le réclame. Et s'il l'a fait le week-end dernier contre Rennes, en plein contexte de reprise (J1), avec des stars qui plus est, ne croyez pas qu'il s'agit pour la première fois. Eh bien non. Souvenez-vous de son changement à Louis II, à la pause, lors de sa première saison : Mbappé avait été remplacé. Déjà là, il l'avait fait, alors qu'il n'était encore personne à Paris. Luis Enrique est tout simplement un entraîneur qui sait coacher.

Pablo Gallego - Senior News Editor
Pablo Gallego - Senior News EditorFlashscore France