Sergio Asenjo (36 ans) fait partie de ces footballeurs qui se reconvertissent à la télévision après avoir raccroché les crampons – ou les gants, dans son cas. Son expérience de professionnel lui offre une perspective privilégiée sur le football, qu’il partage désormais avec les médias auxquels il collabore, comme Movistar Plus+.
Le natif de Palencia connaît toutes les facettes du football, ayant évolué dans des clubs comme Valladolid, Atlético de Madrid, Villarreal ou Málaga et ayant affronté à plusieurs reprises le côté le plus difficile du sport, les graves blessures.
Du terrain aux plateaux télé
Question : Comment jugez-vous votre passage du terrain aux micros ?
Réponse : "Après tant d’années passées dans un vestiaire, rester lié au football était naturel pour moi. Aujourd’hui, je le vis sous un autre angle, en analysant et en commentant ce qui se passe sur le terrain. J’essaie d’apporter l’expérience acquise au cours de ma carrière et d’expliquer des détails qui, bien souvent, échappent à ceux qui regardent de l’extérieur."
Q : Quels souvenirs gardez-vous de votre explosion au Real Valladolid ?
R : "Tout est allé très vite. J’ai débuté très jeune et j’ai eu la chance de bénéficier de la confiance de Mendilibar et du club. J’ai eu des coéquipiers qui m’ont beaucoup aidé à mes débuts dans le football professionnel. Valladolid restera toujours ma maison. Ces années-là ont été très formatrices."
Le saut à l’Atlético et ses blessures
Q : Puis est venu l’Atlético de Madrid... Comment ce transfert s’est-il fait ?
R : "Signer à l’Atlético a été une étape énorme dans ma carrière. J’arrivais avec beaucoup d’enthousiasme et d’attentes, mais les blessures sont survenues à un moment compliqué. Ces années à l’Atleti ont été un véritable master en football et en force mentale. J’ai eu la chance de décrocher mes premiers titres en tant que professionnel."
Q : Quelle est la partie la plus difficile lorsqu’on subit de graves blessures à plusieurs reprises ?
R : "Sans aucun doute, gérer l’incertitude. La récupération physique est difficile, mais l’aspect mental l’est encore plus. On se demande quand on pourra revenir, si on retrouvera son niveau ou si on pourra à nouveau profiter du football comme avant. J’ai appris à être patient et à apprécier chaque entraînement et chaque match."
Q : Parlez-nous brièvement de votre passage à Villarreal.
R : "Villarreal a cru en moi à un moment très difficile de ma carrière et je leur en serai toujours reconnaissant. J’y ai trouvé de la stabilité, de la confiance et j’ai pu vivre certaines des plus belles périodes de ma vie sportive. C’est un club spécial pour moi et pour ma famille."
L’Espagne reste une référence mondiale
Q : Quelles sont les chances de la sélection espagnole lors de la Coupe du monde cet été ?
R : "L’Espagne a toujours le talent pour rivaliser avec n’importe qui. Nous avons une très bonne génération, de jeunes joueurs de haut niveau et une idée de jeu très claire. Lors d’une Coupe du monde, de nombreux facteurs entrent en jeu, mais je pense que l’Espagne doit toujours viser à figurer parmi les meilleures. J’ai confiance en la capacité de l’équipe à remporter la Coupe du monde."
Q : Il semble que le football espagnol perde du terrain par rapport aux autres grands championnats...
R : "Je pense que le football espagnol regorge toujours de talent. Peut-être que d’autres ligues disposent aujourd’hui de plus de moyens financiers et attirent davantage de joueurs, mais le niveau de formation et de compétition en Espagne reste une référence. L’essentiel est de continuer à miser sur la formation et son développement."
Sa nouvelle vie...
Q : Quelles sont les principales différences que vous percevez entre vivre le football en tant que joueur et en tant que consultant ?
R : "En tant que joueur, on se concentre sur le prochain entraînement ou le prochain match. Comme consultant, on a une vision différente, car on vit davantage le présent de ce qui se passe au quotidien dans les équipes pour rester informé. On peut observer des aspects tactiques, des décisions qui, lorsqu’on joue, passent inaperçues parce qu’on est totalement focalisé sur la performance."
Q : Qu’aimez-vous faire lorsque vous ne pensez pas au football ?
R : "Aujourd’hui, je profite davantage du temps passé avec ma famille et de choses qui étaient plus compliquées à concilier avec ma carrière professionnelle à cause des horaires et des déplacements. J’aime rester proche du sport avec le vélo, le padel... Mon objectif est de continuer à progresser professionnellement et de profiter de cette nouvelle étape avec la même passion que celle qui a animé ma carrière de footballeur."

