"C'est un moment unique" pour Pablo Perello, 33 ans. Tout juste revenu de Valence pour l'occasion, il est "très heureux" d'"être proche des joueurs et de voir la coupe si possible, et de revivre "ce moment qu'on a déjà vécu il y a deux ans lors de la victoire de l'Espagne à l'Euro en Allemagne.
Après un défilé dans bus à impériale dans les rues de la capitale, les joueurs de la Roja sont arrivés peu après 22h00 sur la célèbre place de la fontaine de Cibeles. Les 26 champions sont montés sur scène un à un, régalant le public en chantant et dansant sur des morceaux de leur choix pour un concert en plein air, vêtus de tee-shirts sur lesquels sont inscrits "champions du monde".
"Nous sommes champions du monde! Et combien de Coupes du monde avons-nous ? Deux!" a lancé le capitaine Rodrigo Hernandez (Rodri) à la foule, avant l'entrée sur scène de Luis de la Fuente, porté en l'air par ses joueurs. "Merci à l'Espagne de nous soutenir, d'être ici, de vivre d'aussi près notre réussite, qui est aussi la vôtre" a dit le sélectionneur au public.
Les spectateurs ont aussi acclamé toute l'équipe technique, avant que ne soit diffusé un message vidéo de Shakira félicitant les champions. Puis la Roja a brandi la coupe vers le ciel devant la foule extatique qui chantait "Campeones del mundo!" (champions du monde), avant une ultime photo de famille sur scène et le départ des nouveaux héros aux alentours de 23H30.
"Rois du monde"
Avant le spectacle, le passage du bus des joueurs, sur lequel est inscrit "Rois du monde", a provoqué des scènes de liesse et de délire collectif, toutes les générations se mélangeant dans une ambiance survoltée et assourdissante. Concert de klaxons, cris de joie, des drapeaux jaune et rouge brandis fièrement: les supporters étaient encore sur un nuage pour fêter leurs "campeones", au lendemain de la victoire.
"C'est très impressionnant, je n'avais jamais vu ça, je ne pensais pas que ça serait comme ça", a raconté à l'AFP Marina Fenoghieto, 50 ans, venue avec son fils de 14 ans "très ému depuis hier" et "très heureux" d'assister au retour des champions.
"J'y étais"
Pour apercevoir et communier avec les héros de East Rutherford, il avait pourtant fallu s’armer de patience pour le million de personnes massées le long du parcours sous une forte chaleur estivale, le défilé ayant pris du retard sur le programme annoncé. Mais tous semblaient ensuite vouloir étirer le moment le plus possible, immortalisant ces instants avec leur téléphone, en famille ou entre amis, pour pouvoir dire à l’avenir: "J'y étais", seize ans après le premier sacre mondial de l'Espagne.
Ce nouveau titre planétaire résonne tout particulièrement dans ce pays passionné de football où ce sport fédère ses 50 millions d'habitants, dont une partie de la jeune génération n'avait pas vécu le premier sacre de la "Selección" au Mondial-2010 en Afrique du Sud. Deux millions de personnes se sont rassemblées les rues de la capitale espagnole, d'après les estimations des autorités locales, qui avaient précisé dimanche que 2.050 policiers et 400 agents de la Garde civile seraient mobilisés pour l'occasion.
"On ne touche plus terre depuis notre départ de New-York", a confié Ferran Torres, l'homme du match auteur de l'unique but qui a emmené son pays vers la deuxième étoile, lors de la visite des champions à la Moncloa, siège du gouvernement, où ils ont été reçus par le Premier ministre, Pedro Sánchez. "Gagner avec ton pays, c'est ce qu'il y a de plus beau, surtout une Coupe du monde. Soulever le trophée, c'est la plus grande chose que tu puisses accomplir dans le football", a déclaré Rodri, élu meilleur joueur du Mondial-2026 après la finale.
Les joueurs, arrivés lundi en début d'après-midi, avaient été reçus auparavant par le roi Felipe VI, son épouse Letizia et leurs filles, les princesses Leonor et Sofia, toutes les deux vêtues du maillot de la Roja.
"Douleur" des Argentins
Quant aux Argentins, très peu en vue pendant la finale à l'instar de leur magicien Lionel Messi, fantomatique, ils seront accueillis à l'aéroport de Buenos Aires à 17H00 locales (20H00 GMT) par des centaines de milliers, peut-être plus, de supporters tristes mais fiers. "La douleur est très vive et cette blessure aura du mal à cicatriser. Mais je garde aussi tout le positif", a réagi lundi sur Instagram le joueur de 39 ans.
