Un indicateur : le WBGT
Le protocole du tournoi parisien repose sur un indicateur appelé Wet Bulb Globe Temperature (WBGT, température au thermomètre-globe mouillé).
Cet indicateur synthétise en un seul chiffre plusieurs variables météorologiques comme la température de l'air, le taux d'humidité, la vitesse du vent et le rayonnement du soleil.
A Roland-Garros, qui dispose d'une sonde sur le court Philippe-Chatrier et d'une autre sur le court N.14, la WBGT commence à être mesurée trente minutes avant le début des matches et est ensuite surveillée en continu durant la journée.
Deux seuils
Si la WBGT atteint ou dépasse 30,1°C avant un match ou pendant qu'il se déroule, les joueuses ont droit à une pause exceptionnelle de dix minutes entre le deuxième et le troisième sets.
Chez les messieurs, où les matches se jouent en trois sets gagnants en Grand Chelem, cette pause de dix minutes peut être prise entre les troisième et quatrième jeux. La pause peut être prise à la demande de n'importe lequel des deux joueurs, mais n'est pas obligatoire s'ils souhaitent tous deux poursuivre le jeu.
Les joueurs engagés en double ou en double mixte ne peuvent en revanche pas bénéficier de cette pause. Si la WBGT atteint 32,2°C, le jeu est interrompu d'office sur tous les courts, y compris les deux pourvus d'un toit (Philippe-Chatrier et Suzanne-Lenglen). Selon la FFT, les matches n'ont encore jamais été interrompus par la chaleur à Roland-Garros.
Comment font les autres Grands Chelems ?
Organisé en janvier en plein été austral, l'Open d'Australie a mis en place dès 2019 une "échelle de stress thermique", qui prend également en compte la température de l'air, l'humidité, la vitesse du vent et le rayonnement du soleil. Ces quatre facteurs sont synthétisés par un chiffre compris entre 1 (conditions de jeu tempérées) et 5 (suspension des matches).
Quand le niveau 4 est atteint, les joueurs de simple ont droit à une pause de 10 minutes entre les deuxième et troisième sets chez les dames) et troisième et quatrième sets chez les messieurs.
Au niveau 5, le jeu est suspendu sur les courts annexes mais peut se poursuivre, avec air conditionné, sur les trois courts principaux une fois le toit fermé. Un cas de figure qui s'est produit lors des huitièmes de finale de la dernière édition, où le jeu avait été suspendu pendant près de cinq heures sur les courts annexes.
Le protocole en vigueur à Wimbledon est similaire à celui de Roland-Garros, avec une pause de 10 minutes après le deuxième ou le troisième set si l'"indice de stress thermique" atteint ou dépasse les 30,1°C.
A la fin du mois de juin 2025, les premiers jours du tournoi londonien avaient été marqués par de fortes chaleurs et plusieurs joueurs s'étaient donc servis de cette pause pour reprendre des forces dans les matches à rallonge. Comme en Australie, le protocole chaleurs extrêmes ne s'applique pas aux courts pourvus d'un toit (Central et court N.1).
A l'US Open, un protocole chaleurs extrêmes a été activé pour la première fois en 2018 et prévoyait également une pause de dix minutes après le deuxième ou le troisième set en simple.
A l'époque, le directeur de la communication de l'USTA (organisatrice du tournoi) Chris Widmaier avait cependant expliqué qu'aucun protocole formel n'existait et que la décision d'autoriser les joueurs à prendre dix minutes de pause relevait du "cas par cas".
