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Roger de Sa évoque les blessures, la VAR et le retour de la confiance après le Mondial 2026

Roger de Sa (à droite) avec Carlos Queiroz à la Coupe du monde.
Roger de Sa (à droite) avec Carlos Queiroz à la Coupe du monde.ODD ANDERSEN / AFP

Le Sud-Africain Roger de Sa a été un adjoint clé du sélectionneur du Ghana, Carlos Queiroz, lors de la Coupe du monde 2026. Il lève le voile sur une préparation difficile pour un tournoi qui s’est finalement conclu sur un résultat "satisfaisant".

Dans cet entretien accordé à Flashscore, De Sa détaille comment une course effrénée à travers l’Europe dans les semaines précédant le tournoi a permis de poser les bases de leur campagne, et ce que cela représente de travailler avec Queiroz après des passages avec l'Afrique du Sud, le Portugal, l'Égypte, l'Iran, le Qatar et désormais le Ghana.    

Quel est votre rôle au sein de la sélection ghanéenne ?

Mon titre est entraîneur principal, et mon rôle consiste à assister Carlos dans à peu près tout. Ce n’est pas différent du travail que j’ai effectué avec lui dans d’autres sélections. La plupart des Coupes du monde sont de grandes expériences, et celle-ci n’a pas fait exception. Nous avons travaillé avec un autre type de joueurs, mais ils étaient d’excellents footballeurs et de bonnes personnes avec qui collaborer. C’était un autre beau chapitre dans ma carrière.

Comment avez-vous trouvé la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, au Mexique et au Canada ?

J’ai trouvé que c’était une Coupe du monde très réussie. Il y a eu quelques petits soucis ici et là, mais dans l’ensemble, c’était fantastique. Une très belle expérience.

Qu’est-ce qui vous a le plus impressionné chez les joueurs ghanéens ?

Leur humilité m’a marqué. Je ne dirais pas que cela m’a surpris, mais c’était formidable de voir à quel point ils étaient prêts à travailler, à apprendre et à donner 100 % chaque jour. Cela concernait aussi bien des joueurs de grande renommée ayant déjà connu de belles carrières que les plus jeunes qui arrivaient. Parfois, plus le joueur est talentueux, plus la personnalité est remarquable.

Dans quel état était l’équipe lorsque vous avez pris vos fonctions ?

Nous avons repris une équipe du Ghana qui restait sur six défaites consécutives. C’était le défi. Le Ghana a connu le succès par le passé et on attend de lui des résultats, donc le moral était logiquement bas. Il fallait apporter des changements et agir différemment pour montrer que nous étions sérieux, que nous croyions en nos joueurs et que nous pouvions leur redonner espoir.

À quel point le temps de préparation limité pour la Coupe du monde a-t-il été difficile ?

Notre temps de préparation a été très court. Nous n’avons eu qu’environ dix jours avec l’équipe, donc notre première mission a été de parcourir l’Europe, parler aux joueurs, regarder des vidéos et les suivre dans leurs clubs. J’ai visité environ 24 villes en quatre semaines, ce qui a impliqué des déplacements assez fous. Carlos ne pouvait pas voyager car il venait de subir une intervention médicale, donc j’ai assuré l’essentiel du travail de repérage.

Vous avez aussi dû composer avec l’absence de certains joueurs clés…

Nous avions perdu quatre titulaires, dont nos deux défenseurs centraux, un ailier de Tottenham (Mohammed Kudus) et un milieu de terrain. L’absence des défenseurs centraux était particulièrement préoccupante car cela impliquait d’aligner des joueurs plus jeunes et moins expérimentés. Certains des joueurs que nous envisagions n’avaient pas non plus beaucoup de temps de jeu en club, donc le processus de sélection était compliqué. Il pouvait arriver de se déplacer dans une autre ville pour observer un joueur, de s’installer dans le stade et de découvrir qu’il était finalement sur le banc.

Le match amical contre le pays de Galles a-t-il été utile ?

Les joueurs sont arrivés à des dates différentes car certains avaient besoin de repos après la saison en club. Antoine Semenyo, par exemple, venait de disputer une finale de coupe (avec Manchester City) et avait besoin de quatre ou cinq jours pour récupérer, donc il n’a pas pu jouer contre le pays de Galles. Nous avons fait match nul 1-1 après avoir mené la majeure partie de la rencontre et encaissé dans les dernières minutes. Cela restait un test utile car nous avons pu en apprendre davantage sur les joueurs et tester différentes associations et schémas tactiques. Cependant, il nous aurait sans doute fallu plus de temps d’entraînement et un autre match amical avant la Coupe du monde.

À quel point la victoire inaugurale contre le Panama lors du Mondial a-t-elle été importante ?

Nous avons toujours considéré le premier match contre le Panama comme notre finale. Dans un groupe comprenant aussi l’Angleterre et la Croatie, c’était le match qu’il fallait absolument gagner pour réussir notre Coupe du monde. Nous l’avons emporté 1-0. Ce n’était pas une prestation de gala, mais elle a été solide et pleine de détermination. Ce résultat a permis de relâcher un peu la pression et de nous donner la conviction que nous pouvions nous qualifier pour le deuxième tour, qui était notre principal objectif.

Et vous avez été privés d’une victoire envisageable contre l’Angleterre lors de ce 0-0 …

L’Angleterre allait forcément être un adversaire difficile, mais nous avons mis en place un plan, les joueurs y ont adhéré et cela a fonctionné. Nous avons obtenu un match nul et nous aurions même pu l’emporter. Comme nous l’avons dit après coup, si la VAR n’était pas partie prendre un café, nous aurions sans doute obtenu un pénalty. Je pense même que Stevie Wonder l’aurait sifflé.

Quel bilan tirez-vous du parcours du Ghana dans ce tournoi ?

Nous avons perdu 2-1 contre la Croatie puis 1-0 face à la Colombie, donc finir la compétition sur deux défaites a été décevant. Cependant, compte tenu des joueurs disponibles et du temps de préparation limité, j’estime que la performance globale a été satisfaisante.

Comment est-ce de travailler avec Carlos Queiroz ?

Carlos a une énergie incroyable et une vision du jeu remarquable. Je pense qu’il ne dort jamais, car son cerveau ne décroche jamais du football. Il réfléchit toujours à ce qui pourrait arriver, à ce qui va arriver et à ce qui doit arriver. C’est un entraîneur qui anticipe tout et qui gère chaque situation possible. Il est méticuleux sur chaque détail, comme il l’a toujours été, et cela lui a réussi. Son énergie à 72 ans est impressionnante, et il est aussi en excellente forme physique.