Après l'Australie, le Brésil, la Grande-Bretagne, l'Irlande, l'Allemagne, l'Espagne et le Mexique, la NFL a ouvert un nouveau marché ce dimanche. La France, ce qui était forcément attendu dans l'Hexagone, où les fans de "l'autre football" sont malgré tout présent.
Flashscore était sur place, et globalement, le match était de bonne facture. Les craintes étaient nombreuses en voyant l'affiche. New Orleans Saints contre Pittsburgh Steelers, une équipe peu performante dernièrement (mais fatalement historiquement attachée à la France) contre une autre régulière en playoffs, mais sans coups d'éclat.
À ce sujet - Les Steelers dominent les Saints et remportent le premier match NFL en France !
Au moins y avait-il un des meilleurs joueurs du XXIᵉ siècle : Aaron Rodgers, toujours performant à 42 ans. Et en termes de jeu pur, la rencontre a proposé quelques actions qui ont fait frémir le Stade de France, quasiment garni pour l'occasion. Mais sans doute pas assez pour justifier un tel "événement".
Certes, la NFL n'est pas responsable du temps qu'il fait (quoi que la météo ait été clémente), ni de la situation politique mondiale. Les émeutes du week-end dernier en France ont fait s'élever de nombreuses voix aux États-Unis critiquant le maintien de la rencontre. D'autant que le choc du championnat de France de football, PSG-Lyon, a lui été décalé. Ce qui était évidemment impossible ici : ç'aurait été une annulation pure et simple.
Aurait-ce été si grave ? Non, évidemment, sauf pour une poignée de fans purs et durs pour qui cela aurait été un désastre émotionnel. Mais le fait est que sur le papier, la France n'est pas un marché pour tous les sports du monde. Et concernant la NFL, seul Richard Tardits, dans les années 90, a réellement joué dans la plus grande ligue du monde. Certains ont vu les camps d'entraînement, mais jamais la saison régulière. La grande différence avec la NBA, par exemple, puisque la France envoie tous les ans des wagons de joueurs et possède Victor Wembanyama, un argument suffisant pour pérenniser un match ou deux tous les ans dans l'Hexagone.
Maintenant, le point commun avec la NBA, c'est qu'on parle de deux ligues avides, voir cupides. Il ne fait aucun doute que le match de Paris aura rempli les caisses de tout le monde, vu le matraquage en France durant la semaine d'un sport dont personne n'avait que faire voilà sept jours. Et dont peu de gens se soucieront probablement demain : la NFL annonce en France plus de 14 millions de fans et potentiels fans, un chiffre trop beau pour être vrai.
Surtout quand on sait que la franchise des Paris Musketeers, pourtant proches du plus haut niveau européen, a brutalement collapsé après trois ans d'existence, et joue désormais… à Bondoufle. Un échec cuisant d'implantation du haut niveau du football américain en France. Et on ne parle pas de l'équipe nationale, en pleine déconfiture après avoir pourtant remporté le titre européen en 2018. Un état de fait que certains apprendront en lisant cet article.
La volonté de la NFL semble essentiellement financière, au vu du nombre croissant de matchs internationaux chaque année (et encore, la France est moins ubuesque que l'Australie dans ce cas de figure). Difficile de ne pas croire que ce rendez-vous ne sera pas annuel désormais. Rendez-vous dans un an pour constater l'implantation du football américain en France. Au moins, cela a permis de voir de la NFL gratuitement en direct sur une grande chaîne TV publique. Car quoi qu'on en dise, le meilleur endroit pour regarder du sport, cela reste son canapé.
