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La NFL à Paris, "ce n’est que le début", affirme son patron Roger Goodell

Le logo de la NFL.
Le logo de la NFL.ANTOINE JAUSSAUD / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Paris accueille ce dimanche son premier match de La ligue professionnelle de football américain (Pittsburgh - La Nouvelle-Orléans) et "ce n'est que le début" assure dans un entretien à l'AFP son patron Roger Goodell, qui ambitionne de faire de sa discipline "un sport mondial".

La NFL pose enfin ses valises en France, quel est votre sentiment à cet égard ?

"Cela fait longtemps que nous rêvions d’être ici. Paris est une ville absolument incroyable et le fait de pouvoir y organiser un match avec les Steelers et les Saints, c’est vraiment un rêve qui devient réalité."

Cela fait presque vingt ans que vous délocalisez des matches. Pourquoi avoir attendu autant pour Paris ?

"C'est tout un processus. Notre première incursion (à Londres en 2007) résultait du fait que les fans voulaient voir les meilleurs joueurs et les meilleures équipes jouer des matches. Mais est-ce que les équipes l’accepteraient ? Pourrions‑nous le faire sans compromettre leur compétitivité ? Au fil du temps, de plus en plus d’équipes s’y sont intéressées. Il s'agissait donc de capitaliser sur ce succès. Or nous ne jouons qu’un nombre limité de matches, avec un calendrier (16 journées) restreint. Ensuite, il y a les questions d'agendas et de contraintes locales. Ici, il y a eu les Jeux olympiques en 2024. Était‑ce la meilleure période pour venir ? Je crois que tout s’est mis en place de la bonne façon cette année."

Quelle importance revêt le marché français ?

"Nous avons ici une base de fans très solide, qui est croissante, et nous voulons voir cette croissance s'accélérer. Paris est l'une de ces grandes villes internationales où vous voulez être présent, si vous ambitionnez d'être une ligue globale. Nous voulons faire partie de cette culture, de cette communauté. Lorsque nous quitterons Paris, en réalité nous ne partirons pas vraiment, parce que nous avons un bureau ici, nous avons établi une présence. Nous voulons nous assurer que les Français comptent pleinement parmi nos partenaires."

D'autres matches à Paris sont donc à prévoir à l'avenir ?

"Absolument. Cela s’inscrit dans notre stratégie à long terme. Ce n’est que le début."

Quels sont ces objectifs à long terme pour la NFL à l’international ?

"Ils sont multiples. Le premier axe, c'est la pratique du jeu, que ce soit le football américain classique ou le flag football (version sans contact) pour offrir aux jeunes garçons et aux jeunes filles la possibilité de pratiquer notre sport et d’évoluer, non seulement ici en France, mais peut‑être aussi d’aller aux États‑Unis pour jouer à l’université, puis éventuellement en ligue professionnelle. Ensuite il y a la fanbase : l'opportunité pour nous de toucher un public, de lui expliquer pourquoi ce sport est le n°1 aux États‑Unis. Au bout du compte, nous voulons qu'il soit un sport mondial. À cet égard, nouer des relations avec des villes comme Paris, conquérir des marchés comme la France sont vraiment essentiels pour notre croissance."

Est-il envisageable qu'un match de chaque journée de la saison régulière soit délocalisé ?

"Oui. Nous avons l'ambition de jouer 16 matches à l’international. Et comme nous avons 32 équipes, 16 matches ça s’y prête plutôt bien. Nous en sommes à neuf actuellement et ce nombre continuera à augmenter."

Pourrait‑on voir un jour un Super Bowl organisé à l’étranger ?

"Oui, mais ils se disputent dans des villes où nous avons des franchises."

Est‑il possible qu’un jour il y ait une franchise NFL à Paris ?

"Oui. Et si cela devient possible, alors un Super Bowl à l’étranger deviendra potentiellement possible lui aussi."

Vous misez beaucoup sur le développement du flag football, qui est une porte d'entrée vers le football américain...

"Chaque fois que vous pouvez amener des jeunes à pratiquer votre sport, cela leur donne une appréciation plus profonde du jeu et cela crée un lien, une fidélité. Je crois fortement aux vertus du sport, aux bienfaits de la compétition, et enfin à l’esprit d’équipe, la capacité à réaliser quelque chose qui dépasse l’individu. Le football américain est un sport d’équipe."

Après la NFL Academy au Royaume-Uni, projetez-vous d'en ouvrir d'autres en Europe ?

"Nous avons également une académie en Australie et d'autres devraient venir. Nous avons un programme Player Pathway qui donne aux joueurs la possibilité d’exploiter leurs qualités pour aller jouer au plus haut niveau universitaire, qui est l’échelon juste en dessous de la NFL. Je pense qu'on verra de plus en plus ce type de dispositifs et que les jeunes seront de plus en plus nombreux à en profiter."

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