À New York, Team USA a totalement sombré lors d'une Ryder Cup à domicile que la journée de simples n'a pas suffi à sauver. Au milieu du marasme, un joueur a surnagé : Cameron Young. Quatre parties, trois points : le local a signé un weekend de haute volée, dans la lignée de ses performances depuis sa première victoire sur le PGA Tour, fin juillet, lors du Wyndham Championship. Lors des 5 tournois suivants, il n'a jamais fait pire que 11e, empilant 4 Top 10 dont 2 Top 5.
Après un début de saison 2026 modeste, Young a trouvé son rythme : T7 du Genesis, T3 de l'Arnold Palmer, vainqueur du Players, T3 du Masters, vainqueur du Cadillac Championship le weekend dernier avec... 6 coups d'avance sur Scottie Scheffler.
Actuellement troisième de la FedEx Cup, Young propose un jeu qui lui permet d'aligner les birdies mais c'est surtout sa régularité sous le par qui fait la différence. Lors du Cadillac Championship, il a réalisé deux premiers tours immenses (64, 67) qui lui ont permis de gérer le champ samedi et dimanche. Fair-play, il s'est dénoncé lui-même pour avoir fait bouger sa balle alors que le mouvement était à peine perceptible. Grande classe.
Lors du Players, Young était sous le feu des projecteurs avec une intensité inédite. Même pas peur, il a planté un birdie au 17 (son troisième consécutif sur ce trou) qui a eu raison de Matt Fitzpatrick, son coéquipier en TGL. Après coup, le New Yorkais était particulièrement fier de sa gestion des émotions devant un public survolté : "l’ambiance de stade sur le parcours est incroyable. C’est tellement bruyant au 17. Avec toute cette effervescence, vous sentez bien que tous les regards sont braqués sur vous. Il n’y a donc nulle part où se cacher, et j’ai l’impression d’avoir vraiment su me montrer à la hauteur et d’avoir réussi plusieurs bons coups sur ces derniers trous".
Qualifié pour la Ryder Cup après avoir remporté son premier tournoi sur le PGA Tour après 94 départs et 7 places de 2e, Young a emmagasiné énormément d'expérience au cours d'un weekend totalement dingue, malgré le triomphe de la Team Europe. Son succès sur le Wyndham l'a, de son propre aveu, "un peu libéré. D’une certaine manière, la pression s’est un peu relâchée, mais la pression que je me suis imposée depuis que je suis enfant est toujours là. C’est donc davantage un combat contre cela que contre la pression de ne pas gagner ou de ne pas gagner assez".
Young parvient à conserver sa lucidité sur des parcours toujours plus exigeants et son succès écrasant au Cadillac, qui plus est sous le regard de Donald Trump (propriétaire du parcours) qui ajoute assurément de la crispation au moment de conclure, a prouvé qu'il avait franchi un cap dans son jeu et son mental. Preuve de sa lucidité, il préfère pour l'instant conserver son matériel, notamment son driver qu'il estime parfaitement réglé, alors que Titleist vient de sortir sa nouvelle gamme qui équipe déjà une partie du champ.
Dans la zone malgré des conditions difficiles pendant les trois premiers tours, Young a été adoubé par Scheffler qui en a trop laissé au putting pour inquiéter son adversaire : "Cam a joué un golf fantastique toute la semaine. J’ai joué avec lui trois jours sur quatre et il a réalisé beaucoup de coups de qualité et réussi ses putts de n’importe où. Sur les greens, il a été incroyable cette semaine. Sur les 27 premiers trous, je ne pense pas qu’il ait vraiment raté quoi que ce soit. C’était dingue, il rentrait tout".
La nouvelle dimension prise par Young arrive à un moment idéal pour le golf US plus que jamais challengé cette année par Rory McIlroy et Fitzpatrick sur les tournois principaux.
