La blonde de 1,85 m, joueuse physique et souvent garde du corps sur le terrain de Caitlin Clark, la maître à jouer de son équipe des Indiana Fever, a notamment connu un moment de gloire sur les réseaux sociaux quand elle a pointé d'un doigt moqueur une de ses adversaires durant… 22 secondes après une échauffourée sur le parquet le mois dernier, une scène qui a produit d'innombrables mèmes.
Dans un championnat qui est de plus en plus souvent le théâtre de tensions raciales et de stéréotypes, certains la surnomment parfois "Barbie MAGA", en référence au slogan Make America Great Again utilisé par Donald Trump et qui désigne aujourd'hui ses partisans. Et la joueuse originaire du Missouri fait de nouveau les gros titres après avoir pris position sur les athlètes transgenres.
"Je veux protéger les petites filles dans les vestiaires, ou les jeunes filles dans le sport, qui ne devraient pas avoir à affronter des hommes biologiques", a lancé l'arrière de 29 ans dans une interview sur ESPN publiée mardi.
"Plutôt au centre"
"Je pense que c'est du bon sens, c'est vraiment important de protéger les enfants, et notamment les petites filles", a-t-elle aussi déclaré aux journalistes avant un match mercredi.
Des déclarations qui ont bien entendu alimenté un débat très prégnant aux Etats-Unis, où Donald Trump prend régulièrement position contre les minorités ne se conformant pas aux normes de genre et a publié l'an passé un décret présidentiel interdisant les athlètes transgenres dans le sport féminin.
La porte-parole du président américain est d'ailleurs venue à la rescousse de Sophie Cunningham jeudi, estimant que les attaques contre la joueuse étaient "ridicules" et orchestrées par "la gauche". Donald Trump, a ajouté Karoline Leavitt, "suit cette histoire. Comme vous le savez c'est un sujet qui lui tient à cœur, et aux Américains aussi".
La Cour suprême a confirmé le mois dernier des lois adoptées par plus d'une vingtaine d'États américains contrôlés par les républicains interdisant aux athlètes transgenres de participer aux compétitions féminines dans le sport scolaire.
Selon les soutiens de ces législations, celles-ci sont nécessaires pour préserver l'équité des compétitions et protéger les opportunités sportives pour les jeunes filles et les femmes.
À l'inverse, les opposants soulignent que ces textes stigmatisent un petit nombre d'étudiants vulnérables en les excluant et les discriminant, transformant le sport scolaire en terrain d'affrontement politique au niveau national.
Sophie Cunningham estime pour sa part qu'elle "n'est pas une personne très politisée", et s'estime "plutôt au centre", a-t-elle encore affirmé avant la victoire des Fever 123-88 contre Connecticut mercredi. Mais elle dit s'être exprimée en tant que sportive professionnelle, et en raison de ses convictions morales.
"Je n'ai jamais dit que je détestais la communauté trans. Je pense qu'il y a de la place pour tout le monde", a-t-elle poursuivi.
"Je sais qui je suis"
"Je tiens beaucoup à la protection des jeunes filles et des femmes dans le sport", a-t-elle ajouté, rappelant l'existence d'une loi américaine fondatrice de 1972 sur l'égalité de financement entre les sexes, qui a considérablement stimulé la participation des femmes au sport. "C'est grâce à cela que l'on compte aujourd'hui certaines des plus grandes figures du sport féminin. Si cette loi et le sport féminin n'étaient pas protégés, on n'entendrait parler d'aucune femme dans le sport."
Mais la prise de position de Sophie Cunnigham entre en contradiction avec celle de la ligue et de plusieurs de ses équipes : ainsi, la WNBA, contrairement à d'autres instances, n'a pas banni les joueuses transgenres.
Et son équipe des Fever a fait passer un communiqué mercredi : "Nos joueuses sont des adultes responsables avec leurs propres points de vue et leur propre voix, et leurs opinions sont les leurs", a tenu à souligner la franchise de l'Indiana, actuellement 5ᵉ du classement de la ligue (sur 15).
De nombreux fans ont aussi pris ombrage de ses déclarations, mais, a-t-elle insisté, "je ne me soucie pas trop de ce que les gens ont à dire. Je sais qui je suis".
