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En ne voulant pas se mettre en scène, LeBron James... s'est mis en scène

LeBron James, le show médiatique permanent.
LeBron James, le show médiatique permanent.Photo par MALCOLM GRIFFITHS / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES VIA AFP

22 jours après le début de la Free Agency, tout le monde (y compris Adam Silver) attend de savoir où jouera LeBron James la saison prochaine. Une attente qui vire à la déception, voire pire...

C'était bien évidemment l'un des attraits de l'intersaison NBA. À partir du moment où la séparation entre les Los Angeles Lakers et LeBron James était officielle, restait à savoir quelle serait la probable dernière équipe à voir évoluer le "King" sous ses couleurs. 

22 jours plus tard, il n'a toujours signé nulle part. Sa volonté a depuis longtemps transpiré de choisir la bonne équipe, celle qui lui permettrait de lutter une dernière fois pour un cinquième titre. Cela aurait pu être simple, peu importe le moment de son choix, et cela vire à la farce. Et pour s'en rendre compte, rien de mieux qu'une bonne vieille chronologie.

Par tous les états

Le 30 juin, Daven McMenamin d'ESPN indique que "LeBron James a demandé à Rich Paul de contacter toutes les équipes de la ligue qui souhaiteraient le recruter et de lui faire part des différentes options qui s'offrent à lui afin qu'il puisse prendre sa décision." 

Le 1ᵉʳ juillet, pour Shams Charania, "la priorité numéro 1 de LeBron, c’est son bonheur. Pas l’argent."

Le 2 juillet, Shams Charania encore : "LeBron James n'est pas pressé de prendre une décision. Il va sans doute prendre quelques jours pour faire le point sur sa situation. Il n'y a pas de calendrier précis (concernant sa décision)."

Le 5 juillet, pour Marc Stein, "un retour à Cleveland se précise"

Le 7 juillet, Chris Haynes d'Amazon explique que "Rich Paul discutera avec les prétendants pour ensuite lui présenter les différentes options. Il y a zéro rush".

Le 8 juillet, Shams Charania explique que les Cavaliers, le Heat et les 76ers sont favoris.

Le 10 juillet, Brian Windhorst indique que selon ses sources, ce ne sera pas Cleveland, et que Miami est toujours dans la course.

Le 14 juillet, Chris Haynes raconte que "j'ai discuté avec Rich Paul, son agent, et il m'a dit que LeBron disposait de toutes les informations nécessaires. C'est donc désormais à LeBron de prendre une décision. Il est en phase de délibération."

Le 15 juillet, Shams Charania indique que "l'attention se concentre sur Cleveland, Miami et Philadelphie. Sa décision pourrait tomber n'importe quel jour, n'importe quelle semaine."

Le 16 juillet, Tim Reynolds rapporte des propos du King : "Je ne vais pas vous faire attendre beaucoup plus longtemps."

Le 21 juillet, LeBron James himself : "Les gens n’arrêtent pas de me dire : Dépêche-toi de prendre une décision. Mais il ne s’agit pas seulement de l’équipe. Il s’agit de ce qui est le mieux pour moi en tant que joueur, en tant que personne, de mon bonheur et de ma famille. La famille, c’est extrêmement important pour moi."

Ainsi va la NBA

Toutes ces infos, toutes ces déclarations, viennent d'insiders forcément bien renseignés, de LeBron James himself ou encore de son agent Rich Paul. Mais entre "La priorité numéro 1 de LeBron, c’est son bonheur. Pas l’argent." du 1ᵉʳ juillet, et "Il s’agit de ce qui est le mieux pour moi en tant que joueur, en tant que personne, de mon bonheur et de ma famille", il s'est écoulé 21 jours. 21 jours durant lesquels les rapports, les interventions ont fusé pour finalement en revenir au point de départ. 

Pire encore, hier, Rich Paul déclarait sur le podcast "Game Over" la chose suivante avec un culot désarmant : "Il ne s'agit pas ici de chercher à attirer l'attention ou de faire du spectacle. Ce n'est pas une question de décision ou quoi que ce soit de ce genre. Il a un choix à faire. Il a un choix professionnel à faire."

Résultat, trois longues semaines à entendre toute la journée que la décision est proche, que LeBron va faire son choix incessamment sous peu, pour au final… rien. Ou plutôt si : de l'attention médiatique en masse, un feuilleton quotidien, des insiders qui se tirent la bourre pour avoir la primeur de l'exclu dans une période traditionnellement creuse pour la NBA, une fois que les premiers jours de la free agency sont passés.

Mais le clou du spectacle a été apporté par nul autre qu'Adam Silver. Sur CNBC, le commissioner de la NBA nous a gratifiés d'une déclaration lunaire : "Nous devons finaliser le calendrier, et l’équipe dans laquelle jouera LeBron aura un impact sur sa construction… Cela influencera notamment la semaine d’ouverture et les matchs de Noël. J’ai donc besoin qu’il prenne une décision."

Ce n'est pas de la faute de LeBron James en étant de la faute de LeBron James. Ou l'inverse. Mais l'attention médiatique créée par ces trois semaines, c'est forcément bon pour le business. Mieux, charger LeBron pour justifier le retard du calendrier, ce n'est pas grave pour Silver : faire endosser le rôle du vilain au King, ce ne serait pas la première fois.

Néanmoins, tout cela est quand même de la faute de LeBron James. 16 ans après "The Decision", un non-évènement transformé en show par sa volonté, il avait l'occasion de remettre les compteurs à zéro. C'est raté. Ne reste plus qu'à attendre. Encore. En espérant que le fameux "leak" du Miami Heat n'ait pas tout mis par terre…